S’apprêtant à être chargé de former une coalition, Gantz se dit « optimiste »
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S’apprêtant à être chargé de former une coalition, Gantz se dit « optimiste »

Alors que Gantz est sur le point de devenir le premier en dix ans autre que Netanyahu à tenter de former une coalition, Shaked assure elle qu'elle négociera avec son bloc

Benny Gantz s'adresse à des journalistes dans son véhicule, près de chez lui à Rosh Ha'ayin, le 22 cotobre 2019 (Capture écran / Twitter)
Benny Gantz s'adresse à des journalistes dans son véhicule, près de chez lui à Rosh Ha'ayin, le 22 cotobre 2019 (Capture écran / Twitter)

Le numéro un de Kakhol lavan a déclaré mardi matin être optimiste sur ses chances de réussite dans la formation d’un gouvernement, peu avant qu’il ne devienne cette semaine la première personne en plus de dix ans autre que Benjamin Netanyahu à se voir confier officiellement cette responsabilité.

Netanyahu a en effet annoncé lundi qu’il remettait son mandat de constituer un gouvernement au président Reuven Rivlin avant la date-limite fixée à mercredi, imputant son échec à Gantz, à son adjoint à la tête du parti, Yair Lapid, et au leader de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman.

Rivlin devrait donc maintenant, sans doute mardi, charger Gantz de prendre la relève.

« Il s’agit d’un sentiment incroyable », a déclaré, enthousiaste, l’intéressé aux journalistes depuis sa voiture, alors qu’il quittait son domicile de Rosh Ha’ayin. « Tout va bien, Nous sommes toujours optimistes : c’est notre façon de vivre. »

À 12 heures 15, Benny Gantz a rendu un dernier hommage à l’ancien président de la Cour suprême, Meir Shamgar, décédé vendredi à l’âge de 94 ans et dont la dépouille sera exposée à l’entrée de l’institution judiciaire en vue de ses funérailles prévues plus tard dans la journée. Il était prévu que Netanyahu le fasse 45 minutes plus tard.

Lundi, Kakhol lavan a publié un communiqué disant que « le temps des manœuvres est terminé » et que le parti était « déterminé à former le gouvernement d’union libéral, dirigé par Gantz, pour lequel la nation a voté il y a un mois ».

Le Président Reuven Rivlin (à droite), le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre), et le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), lors d’une cérémonie commémorative en l’honneur de feu le Président Shimon Peres, au Mont Herzl à Jérusalem, le 19 septembre 2019. (Gil Cohen-Magen/AFP)

Il s’agit de la deuxième fois de suite que Netanyahu n’est pas en mesure de rassembler une majorité. À la suite des élections d’avril, il lui avait manqué un siège pour y parvenir. Il avait ainsi défendu un vote pour la dissolution de la Knesset, lequel a entraîné la convocation de nouvelles élections, plutôt que de permettre à un autre député de tenter de former un gouvernement.

« Bibi [Netanyahu] a encore une fois échoué », a raillé lundi Yair Lapid, le n°2 de Kakhol lavan, dans un tweet.

Benny Gantz dispose donc maintenant de 28 jours pour tenter de faire ce que Netanyahu n’a pas réussi à faire. En cas d’échec, n’importe quel député aura 21 jours pour tenter d’obtenir le soutien d’une majorité parlementaire afin de constituer un gouvernement. Si personne n’y parvient, de nouvelles élections seront alors organisées.

Les chances de Benny Gantz de parvenir à former une coalition sont considérées comme encore plus faibles que celles de Netanyahu.

La présidente du parti Yamina, Ayelet Shaked, prend la parole lors d’une conférence de la Manufacturers Association à Tel Aviv, le 2 septembre 2019. (Flash90)

La députée Ayelet Shaked a fait savoir mardi que son parti HaYamin HaHadash accepterait de rencontrer l’équipe de Gantz, mais ne négociera pas de façon indépendante, restant ainsi fidèle à son engagement de rester uni au bloc de 55 soutiens demandé par Netanyahu, qui a promis de n’intégrer une coalition et ne négocier qu’ensemble.

« Si nous sommes invités à rencontrer Gantz, nous irons évidemment, mais nous lui ferons clairement savoir qu’il perd son temps et qu’il vaudrait mieux qu’il négocie avec tous les représentants du bloc », a-t-elle ainsi réagi dans un tweet.

Lors des consultations du président avec les représentants des différents partis élus à la Knesset, Le nouveau député a obtenu ainsi 54 recommandations au total : 33 de son parti Kakhol lavan, 10 du reste de la Liste arabe unie, 6 du Parti travailliste et 5 du Camp démocratique. Il s’agissait là d’un soutien de moins que les 55 accordés à Netanyahu, 32 du Likud, 9 du Shas, 7 de Yamina et 7 de Yahadout HaTorah, en vertu du bloc qu’il a rassemblé.

C’est ainsi que, le 25 septembre dernier, le chef de l’État a accordé à Benjamin Netanyahu la première occasion de rassembler une coalition. Certain que Netanyahu ne serait pas en mesure d’y parvenir puisqu’il manquait un passager au train des « partenaires de coalition naturels » du Likud — le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman et ses huit sièges n’ayant recommandé aucun candidat — Kakhol lavan a préféré attendre patiemment son tour.

Ne soutenant aucun camp, Liberman a clairement fait savoir ces dernières semaines que sa seule volonté était de rejoindre un gouvernement d’union composé de Kakhol lavan et du Likud.  Mais Netanyahu refuse d’abandonner ses partenaires ultra-orthodoxes que sont le Shas et Yahadout HaTorah. Et Gantz rejette, lui, tout partenariat avec un Likud dirigé par un Netanyahu menacé par des mises en examen dans trois affaires de corruption.

Dans une déclaration vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Netanyahu a assuré qu’il avait travaillé « sans relâche » pour former un « gouvernement d’union nationale large », qui comprendrait les alliés religieux de son parti du Likud et le parti rival Kakhol lavan, mais que son projet avait été contrecarré par le leader du parti adversaire, Benny Gantz.

« Au cours des dernières semaines, j’ai mis tout en œuvre pour amener Benny Gantz à la table des négociations. J’ai mis tout en œuvre pour établir un gouvernement d’union large, tout mis en œuvre pour éviter un troisième scrutin  », a déclaré Netanyahu. « Malheureusement, à chaque fois, il n’a fait que refusé. »

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), le président Reuven Rivlin (C) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) se rencontrent à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Amos Ben Gershom/GPO)

Le bureau de Rivlin a annoncé lundi avoir bien reçu le message de Netanyahu.

Selon un communiqué, publié sur Twitter, Harel Tubi, directeur général de la résidence du président, informerait prochainement les chefs des différentes factions que Rivlin avait l’intention de charger désormais Gantz de former un gouvernement.

L’option la plus crédible pour établir une coalition a été proposée par Rivlin afin de former un gouvernement d’unité dans lequel le pouvoir serait équitablement réparti, Netanyahu et Gantz servant chacun pendant deux ans en tant que Premier ministre. Rivlin a laissé entendre, mais sans le dire précisément, que Netanyahu prendrait un congé d’absence ouvert s’il devait être inculpé dans une ou plusieurs des affaires dans lesquelles il est impliqué. Selon l’arrangement proposé par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre par intérim » dans un tel scénario, disposerait de toute l’autorité du Premier ministre.

Mais les deux partis ont été incapables de s’entendre, en autre sujets, sur le candidat qui dirigera le gouvernement en premier dans de telles circonstances.

Les procureurs ont fait savoir la semaine dernière qu’ils espéraient prendre une décision finale en la matière d’ici la fin de l’année, possiblement le mois prochain.

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