Sarcelles : Plainte du BNVCA après la profanation de la stèle de Yohan Cohen
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Sarcelles : Plainte du BNVCA après la profanation de la stèle de Yohan Cohen

L'ancien maire, François Pupponi a condamné avec "la plus grande fermeté" l'acte de vandalisme antisémite

Yohan Cohen, victime de l'attentat de l'Hyper Cacher en 2015. (Autorisation)
Yohan Cohen, victime de l'attentat de l'Hyper Cacher en 2015. (Autorisation)

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a dénoncé mercredi et condamné la profanation de la stèle érigée à Sarcelles a la mémoire de Yohan Cohen, l’une des quatre victimes de l’attentat antisémite de l’Hyper Cacher, situé porte de Vincennes à Paris en janvier 2015.

« C’est le président de la communauté israélite de Garges-lès-Gonesse Monsieur Bensimon Alain qui nous a alertés par le message suivant : ‘Ce matin Sarcelles !! Un homme de type africain, pantalon camel, lunettes de soleil a souillé la stèle de Yohan Cohen !' », précise le communiqué.

« J’ai appelé la police pour avertir, rien ne les a fait bouger !!! Il avait dans son sac une sorte de batte de fer ! », continue le communiqué du BNVCA, citant les propos d’Alain Bensimon.

Place Yohan Cohen (Crédit : Facebook/ Union des Etudiants Juifs de France [ UEJF ])
« Le Président du BNVCA a avisé le directeur de la police du Val D’Oise et le président René Taieb de l’UCJ 95. Nous demandons que tout soit mis en œuvre pour identifier et interpeller l’auteur antisémite, » affirme le BNVCA.

« Le BNVCA a chargé son conseil. Maître Franck Serfati de déposer plainte afin qu’une enquête soit diligentée sans délai, » conclut le communiqué.

« C’est avec la plus grande fermeté que je condamne la profanation de la stèle que j’ai faite érigée à #Sarcelles à la mémoire de Yohan Cohen victime de l’attentat antisémite de l’Hypercacher à Paris. Je souhaite que les profanateurs soient arrêtés et sanctionnés à la hauteur de leurs actes ignobles. Je ferai mon nécessaire auprès des autorités du Val-d’Oise pour tout mettre en œuvre afin d’identifier et d’interpeller les coupables et ce, le plus rapidement possible, a réagi l’ancien maire, François Pupponi sur son compte Twitter.

De nombreux amis de Yohan Cohen avaient fait le déplacement en novembre 2015 pour accompagner ses proches lors de la cérémonie pou inaugurer la stèle.

Bernard Cazeneuve avait tenu à saluer la communauté juive de Sarcelles dans son discours.

« Célèbre pour ses synagogues, pour ses écoles, ses salons de thé, ses restaurants, ses commerces casher. Mais surtout connue pour sa tolérance, sa fraternité et sa convivialité, » avait souligné le ministre de l’Intérieur de l’époque.

Un kaddish avait été récité et une Marseillaise avait été spontanément entonnée par la foule réunie.

Les proches de la victime de l’attentat avaient rappelé les qualités de Yohan Cohen, souriant, à l’écoute, tolérant, « l’ami que tout le monde rêvait d’avoir », selon l’un de ses amis.

La cour d’assises spéciale de Paris a prononcé en décembre 2020 des peines allant jusqu’à 30 ans de réclusion et la perpétuité pour les « complices » des attaques, mais avait écarté la qualification terroriste pour six des accusés.

A l’énoncé du délibéré, des avocats de victimes des attaques contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher avaient salué « une décision mesurée », qui « restera pour l’Histoire ».

Wolinski, Tignous, Michel Renaud, Mustapha Ourrad, Ahmed Merabet, Bernard Maris, Honoré, Charb, Elsa Cayet, Cabu, Franck Brinsolaro, Frédéric Boisseau ont été tués dans les locaux du journal satirique le 7 janvier.

Le lendemain, la policière Clarissa Jean-Philippe a été abattue à Montrouge.

Puis, le 9 janvier 2015, une prise d’otages meurtrière a coûté la vie à Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham dans l’Hyper Cacher de Vincennes.

Pour son « rôle particulièrement actif » dans la préparation des attentats, le principal accusé Ali Riza Polat avait été condamné à trente ans de réclusion criminelle, reconnu coupable de « complicité » des crimes terroristes commis par les frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly.

La cour n’a cependant pas suivi les réquisitions du Parquet national antiterroriste, qui avait réclamé la réclusion criminelle à perpétuité contre ce Franco-Turc de 35 ans. Son avocate, Isabelle Coutant Peyre, qui avait plaidé l’acquittement, avait annoncé son intention de faire appel.

Jugée par défaut, la compagne en fuite d’Amédy Coulibaly, Hayat Boumeddiene, a écopé de la même peine de trente ans de réclusion, ainsi que l’avait réclamé le parquet. Mohamed Belhoucine, présumé mort en Syrie et qui était lui aussi jugé par défaut, a été condamné à la plus lourde peine, la perpétuité.

Ce verdict, rendu au terme de cinquante-quatre jours d’audience aussi intenses que chaotiques, a été accueilli dans un long silence par les proches et familles des 17 personnes tuées par les frères Kouachi et Amédy Coulibaly. Certaines ont laissé échapper quelques larmes.

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