Selon le ministère des Finances, la reprise économique pourrait prendre cinq ans
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Selon le ministère des Finances, la reprise économique pourrait prendre cinq ans

Le PIB pourrait se contracter de 7,2 % en 2020 si les restrictions économiques sont réimposées en raison de la pandémie de coronavirus, selon les prévisions

Des Israéliens font leurs achats au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, le 3 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des Israéliens font leurs achats au marché Mahane Yehuda à Jérusalem, le 3 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Il faudra peut-être jusqu’à cinq ans pour que l’économie israélienne se remette complètement de la crise qui fait suite à la pandémie de coronavirus, a prédit le ministère des Finances, dans une déclaration publiée dimanche.

Dans ses prévisions pour 2020-2023, le ministère a proposé deux voies distinctes que l’économie pourrait suivre dans les années à venir, l’une dans laquelle la pandémie est maîtrisée, entraînant une amélioration progressive de la situation économique des Israéliens, et l’autre dans laquelle une augmentation des décès dus au coronavirus nécessite la réimposition de restrictions économiques, entravant la reprise.

Si la pandémie reste largement sous contrôle, ce qui permettrait à l’économie de se relancer, le ministère prévoit que le PIB diminuera de 5,9 % en 2020, suivi d’une croissance de 5,7 % l’année suivante. Dans ce scénario, le chômage se maintiendrait autour de 9,7 % à la fin de l’année.

Toutefois, en cas d’aggravation de la crise de santé publique entraînant des restrictions économiques accrues, le chômage atteindrait 15 % à la fin de l’année et le PIB se contracterait de 7,2 % en 2020 et n’augmenterait que de 2,2 % en 2021.

Un homme place un panneau « à louer » sur la vitrine d’un magasin de Jérusalem, le 12 juillet 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Dans les deux cas, une reprise économique complète prendrait probablement environ une demi-décennie, et ne se produira certainement pas avant 2023.

Lors du confinement national en mars-avril, l’économie a été presque totalement paralysée. Le chômage a grimpé à 26 % et plus d’un million d’Israéliens se sont retrouvés sans emploi. Au cours des derniers mois, les restrictions ont pour la plupart été levées, mais le chômage reste supérieur à 20 % avec quelque 800 000 Israéliens sans emploi ou en congé sans solde, selon le service israélien de l’emploi. (Le Bureau central des statistiques a fourni des chiffres différents, indiquant le mois dernier que le chômage s’élevait à 10,7 % en juin).

Plus d’un million d’Israéliens ont commencé à recevoir des aides du gouvernement dimanche dans le cadre d’un plan de relance qui se traduira à terme par le versement de plus de 6,5 milliards de NIS (1,625 milliard d’euros) aux citoyens éligibles.

En outre, mardi dernier, la Knesset a donné son approbation finale à un plan économique destiné à aider les entreprises et les travailleurs touchés par la pandémie et ses restrictions.

Des travailleurs indépendants israéliens protestent sur la place Rabin à Tel Aviv, demandant le soutien financier du gouvernement, le 11 juillet 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Selon un sondage publié du Bureau central des statistiques le 26 juillet, 55 % des Israéliens s’inquiétaient de leur capacité à couvrir leurs dépenses mensuelles pendant le ralentissement économique et plus d’un cinquième d’entre eux avaient soit réduit leur consommation alimentaire pendant la crise pour économiser de l’argent, soit vécu avec quelqu’un qui l’avait fait.

Samedi, le professeur Ronni Gamzu, récemment nommé à la tête de la lutte contre le coronavirus, a déclaré qu’il était moins préoccupé par le fait que les hôpitaux soient submergés de patients malades que par l’impact socio-économique de la pandémie.

« Le traumatisme socio-économique est beaucoup plus important » que celui de la santé, a-t-il déclaré à la Treizième chaîne lors d’une des nombreuses interviews diffusées au cours de la soirée.

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