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Selon un proche de Poutine, le litige sur une propriété à Jérusalem est une priorité

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, déclare attendre d'Israël son appui concernant le transfert de propriété de la Cour d'Alexandre à Moscou

Une religieuse priant dans l'église Alexandre Nevski, adjacente à l'église du Saint-Sépulcre, le 11 avril 2022. (Crédit: Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
Une religieuse priant dans l'église Alexandre Nevski, adjacente à l'église du Saint-Sépulcre, le 11 avril 2022. (Crédit: Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Un haut collaborateur du président russe Vladimir Poutine a déclaré mardi que le transfert de propriété de l’église de la Vieille Ville de Jérusalem vers Moscou était en tête de l’agenda diplomatique israélo-russe.

« Le dossier de la cour d’Alexandre est depuis longtemps au sommet de l’agenda des relations russo-israéliennes », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à la presse, un jour après que les médias israéliens ont rapporté que Poutine avait envoyé une lettre au Premier ministre Naftali Bennett pour exiger le transfert de propriété.

« Nous attendons des dirigeants israéliens qu’ils nous aident à mener à bien le processus comme il se doit », a ajouté M. Peskov.

Moscou cherche depuis des années à sécuriser l’enceinte de l’église de la cour d’Alexandre, mais une récente décision de justice a fait échouer ses projets en annulant la reconnaissance de ses revendications sur le complexe, situé près de l’église du Saint-Sépulcre.

Les responsables à Jérusalem craignent que la question n’exacerbe les tensions avec la Russie, déjà aggravées suite à son invasion de l’Ukraine.

Bennett a été critiqué pour avoir fait preuve de déférence envers la Russie vis-à-vis de l’Ukraine, en refusant d’envoyer des armes et en s’abstenant de condamner Moscou pour des atrocités présumées. Cette décision aurait pour but d’empêcher la Russie de cibler les avions israéliens lors de bombardements sur la Syrie. Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, quant à lui, s’est montré plus critique à l’égard de la Russie, et Israël a voté contre Moscou à l’ONU à plusieurs reprises ces derniers temps.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu regarde son épouse Sara recevoir des fleurs du président russe Vladimir Poutine lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou, le 30 janvier 2020. (Crédit : Maxim Shemetov/AFP)

En juillet dernier, Bennett a mis en place une commission sur la question, mais elle ne s’est pas encore réunie. Le verdict a été rendu à la suite d’une pétition de l’Orthodox Palestine Society of the Holy Land, qui était propriétaire du bien jusqu’à l’année dernière.

En 1859, le tsar Alexandre II a acheté le terrain sur lequel la Cour d’Alexandre – également connue sous le nom d’église Alexandre Nevsky – a été construite. Jusqu’à la révolution russe de 1917, la zone était sous le contrôle du gouvernement impérial russe.

L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu avait approuvé la cession de la Cour d’Alexandre à la Russie en 2020. Cette décision était considérée comme un geste symbolique suite à la libération par la Russie de Naama Issachar, une jeune Israélienne emprisonnée après la découverte d’une petite quantité de marijuana dans son sac à dos lors d’une escale à Moscou.

Après avoir enregistré la Russie comme propriétaire légitime de l’église, le commissaire au cadastre a du faire face à une série d’appels contestant cette décision, en expliquant que la Fédération de Russie avait été reconnue par les organismes internationaux et par l’État d’Israël comme un « État continu » de l’Empire russe.

Dans sa décision concernant l’appel, le juge Mordechai Kaduri avait estimé que puisque Netanyahu avait désigné la cour d’Alexandre comme un « lieu saint », le seul organe capable de trancher la question était le gouvernement israélien, en raison de diverses considérations religieuses et politiques.

En juillet dernier, Bennett a mis en place une commission sur la question, mais elle ne s’est pas encore réunie.

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