Sissi n’a pas l’intention de rencontrer Netanyahu — officiel
Ce responsable a précisé qu'il n'y aurait pas de sommet réunissant les deux dirigeants sans changements majeurs dans l'attitude d'Israël à l'égard de l'Égypte
Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi n’a actuellement aucun projet de rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a confié au Times of Israel un responsable proche du dossier, au moment où certaines informations ont pu faire savoir que le Premier ministre israélien était fortement désireux d’organiser une telle réunion.
L’Égypte est furieuse à l’encontre d’Israël en raison d’une série de problèmes qui restent en suspens depuis plusieurs mois – ce qui réduit d’autant plus les chances que Sissi s’entretienne avec Netanyahu dans un avenir proche, et ce même si Jérusalem et Washington portent beaucoup d’intérêt à un tel sommet, a fait remarquer l’officiel.
Tout au long de la guerre à Gaza, l’Égypte a mis en garde Israël contre toute opération militaire susceptible de pousser les Palestiniens vers le sud, en direction de la péninsule du Sinaï, considérant une telle éventualité comme une ligne rouge et comme une menace pour sa propre sécurité nationale. Le Caire craint qu’Israël puisse toujours envisager une telle possibilité alors que le pays prévoit de concentrer les premiers projets de reconstruction dans la ville de Rafah, au sud de Gaza, le long de la frontière égyptienne, a noté le responsable.
De plus, Israël n’a autorisé l’ouverture du poste-frontière de Rafah, qui sépare Gaza et l’Égypte, que pour permettre aux Palestiniens qui le désirent de quitter l’enclave côtière. Une stratégie qui, selon le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, qui s’est exprimé la semaine dernière, s’apparente à une tentative de diluer la population de la bande – ce à quoi l’Égypte s’oppose fermement.
Au mois d’octobre, le ministre israélien de l’Énergie, Eli Cohen, s’était retiré d’un accord gazier qui était programmé avec l’Égypte, affirmant que ses termes étaient inéquitables envers Jérusalem. Cette décision avait provoqué la colère de Washington et du Caire.
Netanyahu, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, et d’autres responsables israéliens ont également accusé à plusieurs reprises l’Égypte d’avoir amassé des soldats dans la péninsule du Sinaï, ce que Jérusalem considère comme une violation du traité de paix de 1979. L’Égypte a catégoriquement rejeté ces accusations.
Netanyahu et Sissi entretiennent depuis longtemps des relations tendues. Les deux hommes ne se sont plus parlés depuis avant la guerre de Gaza.
Si Netanyahu a cherché à arranger les choses ces derniers mois, Sissi reste peu intéressé par un dialogue avec le Premier ministre israélien tant qu’il n’y aura pas de changement fondamental dans l’attitude de Jérusalem à l’égard du Caire, selon ce responsable.
Ce dernier a ajouté que Sissi ne souhaitait pas non plus être utilisé comme « accessoire » par Netanyahu en cette année électorale pour Israël.







