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Soucieuse de ne pas prendre parti, l’AP refuse de condamner l’invasion russe

Washington avait sollicité une dénonciation de Ramallah ; un officiel palestinien s'inquiète de la crise humanitaire mais dit ne pas "pouvoir se payer le luxe" de se positionner

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président russe Vladimir Poutine rencontre le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Bethléem, en Cisjordanie, le 23 janvier 2020. (Crédit : Alexander NEMENOV / diverses sources / AFP)
Le président russe Vladimir Poutine rencontre le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Bethléem, en Cisjordanie, le 23 janvier 2020. (Crédit : Alexander NEMENOV / diverses sources / AFP)

L’Autorité palestinienne a rejeté une demande émanant des États-Unis qui réclamait que Ramallah émette une déclaration de condamnation de la Russie pour son invasion de l’Ukraine. L’AP veut rester neutre, a déclaré mercredi un responsable palestinien au Times of Israël.

« Nous sommes bien évidemment inquiets de la situation humanitaire mais nous maintenons des liens chaleureux avec les deux parties et nous ne pouvons pas nous payer le luxe de prendre parti pour l’une ou pour l’autre comme le font de nombreux autres pays plus puissants », a commenté l’officiel palestinien, confirmant des informations antérieures qui avaient été publiées sur le site Axios.

Il a déclaré que le positionnement de Ramallah était le même que celui de Jérusalem – le Premier ministre israélien Naftali Bennett a ainsi évité de critiquer la Russie et son président, Vladimir Poutine, pour l’invasion alors qu’il tente de de trouver l’équilibre entre les bonnes relations de l’État juif avec l’Ukraine et la Russie et la nécessité d’assurer les besoins sécuritaires d’Israël.

Mais Israël s’est manifesté en faveur de l’Ukraine d’une autre manière avec les condamnations sans équivoque de l’invasion du ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, et l’ordre donné à l’ambassadeur israélien à l’ONU de coparrainer une résolution de l’Assemblée générale qui condamnait la Russie.

L’Autorité palestinienne a un statut d’observateur à l’ONU et elle a donc été en mesure de ne pas prendre ouvertement position sur cette résolution.

Le ministre des Affaires étrangères de l’AP, Riyad al-Maliki, a déclaré devant les caméras de Palestine TV, mardi, que Ramallah avait subi des pressions « de toutes les directions » demandant à l’Autorité palestinienne de prendre parti sur le conflit ukrainien, mais que cette dernière se refusait à le faire parce que « nous sommes un pays sous occupation et nous ne pouvons pas prendre position au détriment d’une partie ou de l’autre. »

Le responsable palestinien qui s’est entretenu avec le Times of Israel a répété que « contrairement à Israël, qui est la partie la plus forte dans notre conflit, nous ne pouvons pas nous payer le luxe de nous positionner ».

Il a ensuite noté que les critiques occidentaux de l’invasion russe s’inquiétaient du respect du droit international, ajoutant que ce même souci ne s’étendait guère au conflit israélo-palestinien.

Interrogé sur la raison pour laquelle l’AP n’interpellait pas Moscou pour ses violations du droit international, l’officiel a repris la raison qui avait été avancée par al-Maliki, disant que « il n’est pas possible d’attendre d’un état sous occupation de prendre parti dans un tel conflit ».

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, lors d’une conférence de presse, le 22 septembre 2020. (Crédit : WAFA)

Cela fait longtemps que la Russie défend la cause palestinienne et Ramallah espère que Moscou pourra, à l’avenir, jouer un rôle plus central dans le travail de médiation entre l’Autorité palestinienne et Jérusalem. Les Palestiniens considèrent que la Russie est « plus impartiale » que les États-Unis, a expliqué l’officiel.

Il a reconnu une certaine frustration continue de la part de l’AP à l’égard de l’administration Biden concernant l’incapacité de la Maison Blanche a tenir sa promesse de rouvrir le consulat américain à Jérusalem, qui serait de bureau de représentation de facto pour les Palestiniens avant sa fermeture décidée en 2019 par l’ancien président Donald Trump.

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