Stop aux incitations à la violence, stop aux assassinats
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Opinion

Stop aux incitations à la violence, stop aux assassinats

Un extrémisme palestinien implacable a même maintenant réussi à persuader l’opposition de centre gauche que l’empressement israélien aux compromis était insuffisant. Ce qui est nécessaire est un effort unifié pour que les Palestiniens cessent de remplir la tête de leur population avec des hostilités meurtrières

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

La famille et les amis de Dafna Meir à ses funérailles à Jérusalem, le 18 janvier 2016. Elle a été poignardée à mort dans l'entrée de sa maison située dans l'implantation d'Otniel, en Cisjordanie, le 17 janvier. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La famille et les amis de Dafna Meir à ses funérailles à Jérusalem, le 18 janvier 2016. Elle a été poignardée à mort dans l'entrée de sa maison située dans l'implantation d'Otniel, en Cisjordanie, le 17 janvier. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a dernièrement décidé de donner des conférences de presse aux journalistes israéliens.

Image de l’innocence blessée et de bonne volonté, il a utilisé cette opportunité pour réprimander le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour ne pas avoir voulu le rencontrer et parler de paix avec lui, soulignant la coopération sécuritaire de ses forces avec Israël dans les Territoires, et essayant de se dégager de son propre rôle dans la promotion des vicieuses incitations à la violence contre Israël qui sont à la base de la vague actuelle de terrorisme palestinien.

A presque 81 ans, Abbas pourrait ne pas rester encore très longtemps en politique, et beaucoup d’Israéliens affirment que nous manquons une opportunité de progresser avec lui alors qu’il est évident qu’il sera probablement presque impossible de négocier avec son successeur, quel qu’il soit.

Son successeur pourrait effectivement bien être pire, mais Abbas est impossible. Son prédécesseur, qui promouvait de manière fourbe le terrorisme, Yasser Arafat avait assuré aux Palestiniens qu’il n’y avait aucune raison ou aucun besoin de négocier avec les juifs parce que nous étions des envahisseurs coloniaux, une présence non enracinée et temporaire que l’obstination et le terrorisme de son peuple finiraient par chasser.

Abbas a choisi de ne pas raconter cette histoire, pour ne pas faire reconnaître à son peuple la souveraineté historique des juifs en Terre Sainte, et il a récemment choisi d’intensifier la campagne stratégique de désinformation – disant aux Palestiniens que les juifs n’avaient pas d’intérêt historique au mont du Temple.

Pendant ce temps, la hiérarchie du Fatah qu’il dirige a ouvertement encouragé les attaques contre les Israéliens, et le groupe terroriste du Hamas avec qui il cherche à passer un accord de gouvernement prépare encore des attentats suicides, développe des roquettes plus sophistiquées, et creuse des tunnels sous la frontière entre Gaza et Israël avant la prochaine guerre planifiée.

 Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avec des journalistes israéliens à la Muqata, le siège de l'Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 21 janvier 2016. (crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avec des journalistes israéliens à la Muqata, le siège de l’Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 21 janvier 2016. (crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Abbas pourrait bien déployer ses forces pour mettre un terme aux affrontements en Cisjordanie, mais il préside à une diabolisation stratégique d’Israël et des Israéliens – par son système scolaire, son leadership politique et religieux, les médias et les réseaux sociaux – qui garantit positivement aux Palestiniens la violence et le terrorisme.

Ce processus est si efficace que, de nos jours, quand un jeune Palestinien vit une dispute à la maison, se sent déprimé, ou veut se faire un nom, la réponse de base est d’attraper un couteau et d’aller tuer le juif innocent et vulnérable qui passe.

Dafna Meir, assassinée à son domicile d'Otniel, le 17 janvier 2016 (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Dafna Meir, assassinée à son domicile d’Otniel, le 17 janvier 2016 (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Et ainsi, la semaine dernière, nous avons enterré Dafna Meir.

Et aujourd’hui, nous enterrons Shlomit Krigman.

Israël a payé pour le dernier empressement ostensible d’Abbas à des négociations de paix, en 2013 – 2014, en libérant des douzaines de tueurs et d’autres terroristes palestiniens de nos prisons.

Auparavant, en 2008, Abbas avait rejeté l’extraordinaire empressement d’Ehud Olmert à lui donner tout ce qu’il affirme chercher : nous étions partis de Gaza, et Olmert proposait de quitter la Cisjordanie – avec des échanges de terrains équivalents – et la division de Jérusalem, y compris en renonçant à la souveraineté sur la Vieille Ville. Si cela n’était pas assez bien pour Abbas, alors à l’évidence, rien que nous ne puissions lui offrir le sera.

Shlomit Krigman, 24 ans, a succombé à ses blessures un jour après avoir été poignardée dans l'implantation de Beit Horon en Cisjordanie le 26 janvier 2016. (Crédit : Facebook)
Shlomit Krigman, 24 ans, a succombé à ses blessures un jour après avoir été poignardée dans l’implantation de Beit Horon en Cisjordanie le 26 janvier 2016. (Crédit : Facebook)

Alors que les Etats-Unis et la plupart de la communauté internationale ont refusé d’internaliser ceci, le simple et triste fait que tout ce qu’ont fait Arafat, Abbas et le Hamas depuis l’échec de la tentative de 2000, accueilli par Bill Clinton à Camp David, de mettre au point un accord a persuadé les Israéliens qu’ils n’oseraient pas céder de territoire aux Palestiniens, malgré l’impératif de séparation afin de maintenir un Israël juif et démocratique.

Arafat est rentré des Etats-Unis et a encouragé les attentats suicides de la Deuxième Intifada – des attaques dans tout Israël qui ont démontré par le meurtre que ce n’était pas seulement les Territoires que les Palestiniens cherchaient. Ce ne sont pas juste les implantations, c’est tout Israël qui est rejeté.

Dans les années suivant le retrait d’Israël de Gaza en 2005, les tirs de roquettes se sont intensifiés, les Palestiniens ont donné une majorité parlementaire au Hamas pendant les élections, et le Hamas a expulsé les forces d’Abbas de la bande de Gaza en quelques heures – montrant aux Israéliens le danger de quitter les territoires adjacents, et la facilité avec laquelle les forces islamiques ont pu s’emparer du pouvoir dans chaque vide.

Le dernier conflit entre Israël et le Hamas, en 2014, n’a fait que souligner à nouveau le danger : si une seule roquette tirée par le Hamas qui perce les défenses du Dôme de fer et atterrit à un kilomètre de l’aéroport Ben-Gurion peut faire fuir deux tiers des compagnies aériennes d’Israël, y compris les transporteurs américains, comment Israël pourrait-il seulement penser à l’idée de quitter la Cisjordanie ? Le Hamas y mènerait la danse en quelques jours, et notre pays tout entier pourrait être paralysé et isolé.

L’ironie, bien sûr, est que si les Palestiniens avaient été capables de cacher leur haine pendant une courte période juste après que nous ayons quitté Gaza, s’ils avaient réussi à prétendre, même pour une brève période de temps, que leurs cœurs étaient prêts à la coexistence pacifique, nous nous serions probablement retirés unilatéralement de la plupart de la Cisjordanie également.

A la place, les mots et les actes des Palestiniens ont persuadé la majorité des Israéliens – ceux qui ne veulent pas diriger les Palestiniens, ne veulent pas étendre les implantations dans des zones que nous n’envisageons pas de garder après un accord permanent, ne veulent pas avoir à vivre sous la menace de l’épée pour toujours – qu’aucun partenariat n’était viable pour le moment.

Ils ont même réussi à tuer l’optimisme du chef de l’opposition israélienne, Isaac Herzog, qui a tristement conclu la semaine dernière qu’une solution à deux États est simplement irréaliste : il la « désire », a déclaré Herzog dans un entretien à la radio. Mais ce n’est « pas possible » maintenant.

Une approche populaire

Et donc, comment, alors, sortir de cette horrible nouvelle réalité – plus de générations palestiniennes dont on lave stratégiquement le cerveau à la haine, et d’un Israël en sang incapable de faire avancer son propre intérêt dans une séparation sure pour garantir le maintien de notre démocratie juive ?

Trivialement, il n’y aura pas d’accord avec Mahmoud Abbas. Mais une chose qu’Abbas a dite pendant ses récentes conférences de presse vaut le coup d’être relevée. Les efforts de paix précédents ont créé un mécanisme commun qui a pour objectif de combattre l’incitation à la violence des deux côtés, et Abbas lui-même s’est déclaré prêt à faire revivre ce mécanisme. Israël devrait le prendre au mot immédiatement.

De façon légitime, Netanyahu s’est concentré sur les incitations à la violence comme la cause première de la vague de terrorisme actuelle. Nous avons tous intérêt à utiliser chaque outil, et tous ces outils, qui pourraient simplement aider à atténuer une partie de cette hostilité.

C’était une mauvaise politique pour Herzog d’abandonner publiquement pour l’instant la solution à deux états. Si la paix n’est pas à l’horizon, après tout, pourquoi les Israéliens voteraient pour un dirigeant qui reconnait désormais que toute sa précédente stratégie était fausse ? Mais la conclusion triste et sobre d’Herzog souligne qu’il ne peut pas et qu’il n’y aura pas de solution miracle.

Ce qui est nécessaire, ce qui a toujours été nécessaire, pour résoudre le conflit israélo-palestinien est une approche populaire de fabrication de la paix. Une approche concentrée sur l’éducation. Une approche selon laquelle les ressources internationales et leurs poids sont utilisés pour réécrire les programmes scolaires, pour marginaliser les dirigeants politiques et spirituels extrémistes, pour promouvoir la modération et les interactions pacifiques.

La stratégie Arafat-Abbas-Hamas d’hostilités envers Israël mène à l’exact opposé de ce que les Palestiniens affirment rechercher : la mise en place d’un État indépendant. Elle a même maintenant réussi à persuader l’opposition de centre gauche, le pacifique Parti travailliste, que l’empressement des Israéliens à un compromis est insuffisant.

Peut-être la communauté internationale – menée avec tant d’insistance par le président américain Barack Obama à chercher à persuader les Israéliens qu’ils peuvent s’offrir de prendre le risque de la paix quand les preuves sanglantes tout autour d’eux montrent le contraire – apprendra la leçon d’Herzog.

Peut-être qu’elle changera pour adopter une approche populaire.

Peut-être qu’elle utilisera son immense poids pour graduellement aider à créer un climat dans lequel ce n’est pas la chose la plus naturelle du monde pour un adolescent palestinien de sortir avec un couteau et de tuer une mère israélienne de six enfants et une étudiante en design industriel de 23 ans.

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