Suspension des taxes et extension des allocations chômage pour sauver l’économie
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Suspension des taxes et extension des allocations chômage pour sauver l’économie

Le gouvernement a notamment annulé les taxes sur les téléphones mobiles, l'électronique, les vêtements, les produits ménagers et pour bébés, alors que le déficit se creuse

Le centre commercial Mamilla à Jérusalem, le 4 mai 2020. (Crédit  : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le centre commercial Mamilla à Jérusalem, le 4 mai 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Israel Katz ont annoncé, dimanche, que les taxes à l’achat sur un certain nombre de produits – notamment sur les produits électroniques et les vêtements – seraient suspendues pour aider les Israéliens à traverser la pandémie, alors que les allocations chômage ont été encore prolongées d’un mois pour les personnes ayant récemment perdu leur emploi.

Le plan, annoncé dans un communiqué conjoint, prévoit la levée des taxes et autres droits sur les produits suivants : téléphones mobiles, appareils électroniques, vêtements, appareils ménagers et d’éclairage, jouets, produits cosmétiques, produits pour bébé et lunettes.

Le coût de cette initiative, pour les caisses de l’État, est estimé à 1,45 milliard de shekels, avec des taxes qui s’élèvent entre 12 % et 15 % sur la majorité des produits et qui peuvent aller jusqu’à 30 % pour certains équipements de loisirs.

Ce plan a été réfléchi après un plongeon des dépenses des consommateurs lors de la propagation de la Covid-19 en Israël.

Le communiqué a établi que cette réduction des taxes serait permanente. Israel Katz et Netanyahu ont ainsi pris connaissance « d’une évaluation efficace qui a montré que l’annulation temporaire des taxes à l’achat et autres droits mène à une baisse significative des prix au fil du temps, et c’est également le cas si l’on se fie aux tendances observées dans les autres pays », a noté le communiqué.

De plus, les deux responsables ont convenu de prolonger l’éligibilité aux allocations-chômage des Israéliens qui se trouvent actuellement en congé sans solde de 35 jours supplémentaires, pour tenir compte de la durée du confinement national imposé par le gouvernement pendant une période à peu près équivalente.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Affaires étrangères Yisrael Katz. (Flash90)

« L’objectif ici est de donner un coup d’accélérateur à l’économie, de faire tourner les roues, de vous faciliter les choses à vous, citoyens d’Israël », a commenté Netanyahu dans une déclaration.

Le ministre des Finances a indiqué que « le plus important » était de « prolonger l’éligibilité aux allocations chômage des jeunes, de leur donner un mois supplémentaire, ce qui équivaut à la période de fermeture de l’économie. Nous allons donc ajouter ce mois de telle manière qu’à la fin de ce chômage, ils puissent toucher encore un mois. Ce qui est une bonne nouvelle pour des centaines de milliers d’Israéliens », a-t-il affirmé.

Ce sont des centaines de milliers de personnes qui restent aujourd’hui sans emploi à cause de la pandémie, la plupart ayant été placée au chômage technique et vivant d’allocations versées par l’État. Selon les services chargés de l’emploi, près de 300 000 personnes sont retournées au travail à la mi-avril, lorsque les entreprises ont commencé à reprendre leurs activités, mais plus de 100 000 autres ont perdu leur gagne-pain.

Les services ont cessé de diffuser publiquement les chiffres actualisés du chômage depuis la fin du mois d’avril, faisant seulement part du nombre d’Israéliens revenus au travail. Le site d’information Ynet a estimé samedi le nombre de personnes actuellement au chômage à 950 000, contre
1,2 million au mois d’avril.

Selon des informations transmises dimanche, le déficit budgétaire, au sein de l’État juif, s’est élevé à 6 % du PIB au mois de mai. Il était à 4 % du PIB au mois d’avril.

L’économie israélienne a reculé de 7,1 % lors du premier trimestre 2020 à cause de la pandémie de coronavirus – la baisse la plus importante en 20 ans – selon des données partielles qui ont été rendues publiques à la fin du mois de mai par le Bureau central des statistiques. Ce dernier a noté que ce repli de l’économie était plus grave qu’au lendemain des attentats du 11 septembre et que lors du crash financier mondial de 2008.

Le secteur de l’économie ayant le plus souffert a été celui de la consommation privée – selon les chiffres, les seuls domaines où les dépenses ont augmenté ont été l’alimentation, la boisson, et le tabac, qui ont connu une hausse de 5,8 % par rapport au premier trimestre de l’année précédente. Toutes les autres catégories – vêtements, articles ménagers, voitures, petits appareils électriques, meubles et joaillerie – ont connu une baisse.

Selon une enquête réalisée par le gouvernement à la fin du mois de mai, presque la moitié des Israéliens disent connaître des difficultés particulières au niveau financier depuis la crise du coronavirus, et un Israélien sur sept clame avoir peur de perdre son habitation ou de devoir réduire sa consommation alimentaire.

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