Syrie: HRW demande une enquête sur une gorge terrestre utilisée comme charnier
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Syrie: HRW demande une enquête sur une gorge terrestre utilisée comme charnier

La crevasse se trouve dans une zone désertique de la province de Raqa ; elle fait partie de la vingtaine de fosses communes découvertes dans d'anciens territoires de l'EI en Syrie

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées de combattants arabes et kurdes, sous la bannière du groupe Etat islamique dans la ville d'Al-Karamah, à 26 km de Raqqa, qui vient d'être reprise au groupe terroriste, le 26 mars 2017. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées de combattants arabes et kurdes, sous la bannière du groupe Etat islamique dans la ville d'Al-Karamah, à 26 km de Raqqa, qui vient d'être reprise au groupe terroriste, le 26 mars 2017. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)

Human Rights Watch (HRW) a appelé lundi à une enquête sur une gorge terrestre dans le nord de la Syrie utilisée pendant des années comme charnier, notamment par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui y jetaient les corps de leurs victimes.

La crevasse, d’une profondeur de 50 mètres, se trouve dans une zone désertique de la province de Raqa, contrôlée jusqu’à fin 2017 par l’EI, qui régnait alors sur un « califat » autoproclamé sur de vastes pans, à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Le secteur a été arraché aux jihadistes par des forces kurdes, soutenues par Washington et une coalition internationale, avant de passer sous le contrôle de combattants syriens pro-Ankara au terme d’une offensive lancée fin 2019.

Après la mise en déroute de l’EI, HRW a pu y mener une enquête ayant permis de révéler que le site faisait office de fosse commune durant le règne des jihadistes mais aussi après.

« Le gouffre d’Al-Hota, autrefois un magnifique site naturel, est devenu un lieu d’horreur », a déploré Sara Kayyali, chercheuse sur la Syrie à HRW.

On ignore le nombre de corps largués dans ce charnier, qui fait partie d’une vingtaine de fosses communes découvertes dans les anciens territoires de l’EI en Syrie.

Le site où se trouve cette faille terrestre, dont la profondeur n’est pas totalement visible depuis la surface, était autrefois un lieu d’évasion et de piques-niques pour les habitants de la région.

« Exposer ce qui s’est passé là-bas, et dans les autres charniers en Syrie, est crucial pour déterminer le sort de milliers de personnes exécutées par l’EI, et obliger les assassins à rendre des comptes », a ajouté Mme Kayyali.

L’existence de cette fosse a été révélée quand un combattant de l’EI était autrefois allé faire réparer son ordinateur portable chez un informaticien de la localité de Tal Abyad, située près de la frontière avec la Turquie, selon HRW.

Une photo prise à Akcakale à la frontière turque avec la Syrie le 10 octobre 2019 montre des fumées s’élevant de la ville syrienne de Tal Abyad après qu’un mortier ait atterri dans le jardin d’un immeuble du gouvernement turc à Akcakale. (BULENT KILIC / AFP)

L’informaticien avait alors copié les données de l’ordinateur, y compris une vidéo montrant des jihadistes jetant des corps dans ce charnier.

HRW a eu recours à un drone pour explorer les tréfonds de la faille, y filmant plusieurs corps flottant sur l’eau qui y est accumulée.

En se basant sur « l’état de décomposition » des dépouilles, l’ONG estime que « des corps y ont été jetés longtemps après que l’EI a quitté la région ».

« L’identité de ces victimes et les causes des décès restent inconnues », a précisé HRW.

Une faille similaire connue sous le nom d’Al-Khafsa, dans le nord de l’Irak, renfermerait les dépouilles de nombreuses victimes de l’EI.

Mais ce site n’a toujours pas fait l’objet d’une enquête approfondie, selon HRW.

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