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Syrie : la malnutrition infantile en hausse de 150 % dans le nord-est

La guerre civile a provoqué l'effondrement de l'économie, avec un nombre record de 9,3 millions d'enfants syriens ayant besoin d'assistance humanitaire

Une fillette syrienne s'accroupit à côté d'un bidon d'eau au camp pour personnes déplacées de Sahlah al-Banat dans la campagne de Raqa, dans le nord de la Syrie, le 19 septembre 2022. (Crédit : Delil SOULEIMAN / AFP)
Une fillette syrienne s'accroupit à côté d'un bidon d'eau au camp pour personnes déplacées de Sahlah al-Banat dans la campagne de Raqa, dans le nord de la Syrie, le 19 septembre 2022. (Crédit : Delil SOULEIMAN / AFP)

Le nombre d’enfants mal nourris dans le nord-est de la Syrie, ravagée par un conflit sanglant depuis 2011, a augmenté de 150%, a averti jeudi l’ONG Save the Children qui lance un appel pressant aux donateurs.

« Chaque jour, nous avons affaire à plus d’enfants mal nourris que la veille », a affirmé l’ONG dans un communiqué. Elle indique avoir recensé plus de 10 000 enfants mal nourris supplémentaires en moins d’un an, portant le total à 16 895 enfants souffrant de malnutrition.

La guerre civile a morcelé la Syrie et provoqué l’effondrement de son économie, avec 90 % de la population sous le seuil de pauvreté et un nombre record de 9,3 millions d’enfants syriens ayant besoin d’assistance humanitaire, selon l’ONU.

La situation semble être encore plus précaire dans les zones qui échappent au contrôle de Damas.

Le point d’accès d’Al-Yarubiyah à la frontière avec l’Irak, par lequel passait l’aide onusienne dans le nord-est, a été fermé en 2020, sous la pression de Moscou, allié du régime de Bachar al-Assad, limitant l’accès à l’aide de la population.

Depuis, l’acheminement de cette aide vers ces zones contrôlées par l’administration semi-autonome kurde nécessite l’approbation de Damas.

« Alors que le salaire moyen par famille n’a pas augmenté, les prix de la nourriture se sont envolés de 800 % entre 2019 et 2021 et continuent d’augmenter en 2022 », précise l’ONG.

L’ONG rapporte le témoignage de Maha, 30 ans et mère de cinq enfants. « Parfois, nous sautons des repas pour avoir de quoi se nourrir le lendemain », a-t-elle confié.

Save The Children en appelle aux donateurs, leur demandant de « redoubler d’efforts pour lutter contre la crise alimentaire et atténuer ses effets dévastateurs sur les enfants ».

Comme elle appelle les dirigeants réunis en Egypte pour la COP27 à reconnaître que les changements climatiques, « comme la sécheresse dans le nord de la Syrie », affectent « les enfants du monde entier ».

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 5,5 millions de personnes supplémentaires auront besoin d’assistance directe pour se nourrir en 2022-2023, dont la moitié dans le nord-est de la Syrie.

« Au moins 60% de la population souffre d’insécurité alimentaire, et la situation empire de jour en jour », déclare le directeur par intérim de Save the Children en Syrie, Beat Rohr.

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