Syrie : Pompeo atterrit en Israël pour rencontrer Netanyahu
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Syrie : Pompeo atterrit en Israël pour rencontrer Netanyahu

Peu après la négociation d'une trêve avec Erdogan, le secrétaire d'Etat US est arrivé pour rassurer Jérusalem sur le départ des forces américaines du Kurdistan syrien

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo,  à droite, atterrit à l'aéroport Ben-Gurion, le 18 octobre 2019 (Crédit : Ziv Sokolov/US Embassy Jerusalem)
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, à droite, atterrit à l'aéroport Ben-Gurion, le 18 octobre 2019 (Crédit : Ziv Sokolov/US Embassy Jerusalem)

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a atterri en Israël dans la nuit de jeudi à vendredi pour évoquer la Syrie suite au retrait des Américains et au lancement par la Turquie d’une offensive militaire contre les combattants kurdes.

Pompeo est arrivé dans le pays après une visite en Turquie, accompagné par le vice-président Mike Pence, où les deux politiciens se sont entretenus avec le président Recep Tayyip Erdogan – des discussions qui ont résulté en un cessez-le-feu entre les forces turques et kurdes.

« C’est bon d’être en #Israel aujourd’hui et je suis impatient de rencontrer et de débattre d’un grand nombre de sujets importants et notamment des développements et menaces régionales, ainsi que de la sécurité du partenaire et allié le plus proche des Américains », a écrit Pompeo sur Twitter.

C’est l’ambassadeur américain David Friedman qui a accueilli Pompeo à l’aéroport international Ben Gourion.

Pompeo rencontrera le Premier ministre Benjamin Netanyahu vendredi matin « pour évoquer les développements en Syrie et la nécessité continue de contrer le comportement déstabilisant du régime dans la région », a fait savoir le département d’Etat dans un communiqué.

Vendredi, Pompeo rencontrera également le secrétaire-général de l’OTAN Jens Stoltenberg à Bruxelles, indiquait le communiqué.

Les responsables israéliens, parmi eux Netanyahu, ont condamné l’opération militaire menée par la Turquie et ont exprimé leur soutien en faveur des Kurdes, mais ils se sont abstenus de critiquer la décision prise par le président américain Donald Trump de retirer les troupes américaines.

Les Etats-Unis, la Turquie et les forces kurdes ont convenu jeudi d’un cessez-le-feu de cinq jours dans les attaques menées par les Turcs contre les combattants kurdes du nord de la Syrie afin de permettre aux Kurdes de se retirer à une trentaine de kilomètres environ de la frontière de la Turquie. Cet arrangement semble être une approbation du positionnement d’Ankara de ce conflit qui dure depuis une semaine.

Après plus de quatre heures de négociations avec Erdogan, Pence a expliqué que l’objectif de sa mission de haut-niveau avait été de mettre un terme aux effusions de sang provoquées par l’invasion de la Syrie par la Turquie, et il a gardé le silence lorsqu’il lui a été demandé si l’accord conclu s’apparentait à un autre abandon par les Etats-Unis de leurs anciens alliés kurdes dans la guerre contre l’Etat islamique.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (centre à gauche) et le vice-président américain Mike Pence (centre droit) rejoints par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo (4ème à droite), le vice-président turc Fuat Oktay (4e à droite), le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu (3e gauche et autres hauts-responsables au palais présidentiel d’Ankara, en Turquie, le 17 octobre 2019. (Crédit : Shaun TANDON / POOL / AFP)

Les soldats turcs et les combattants syriens appuyés par les Turcs ont lancé leur offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie il y a une semaine, deux jours après que Trump a soudainement annoncé qu’il retirait les forces américaines de la zone.

Pence et Pompeo ont salué l’accord de jeudi en disant qu’il était une réussite significative et Trump a écrit sur Twitter que c’était « un grand jour pour la civilisation ». Mais l’accord donne essentiellement aux Turcs le résultat qu’ils cherchaient à accomplir avec leur opération militaire. Après le départ des Kurdes de la zone, la Turquie s’est engagée à un cessez-le-feu permanent mais elle n’est pas dans l’obligation de retirer ses soldats.

De plus, l’accord offre à la Turquie un allègement des sanctions imposées par les Etats-Unis ou qu’ils avaient menacé de mettre en place depuis le début de l’invasion, ce qui signifie qu’il n’y aura aucune pénalité pour l’opération.

Le retrait par Trump des troupes américaines a été largement condamné, notamment par les responsables républicains qui ne sont pas directement associés à son administration. Les républicains et les démocrates de la Chambre, qui sont amèrement divisés sur la question de l’enquête portant sur l’impeachment de Trump, se sont tous rassemblés mercredi dans une dénonciation écrasante – 340 contre 60 – du retrait des soldats américains.

Trump a nié que son action ait donné le « feu vert » permettant à la Turquie de passer à l’action contre les partenaires de longue date des Etats-Unis ou qu’il avait ouvert la voie à un retour du groupe de l’Etat islamique, faisant naître l’inquiétude, dans le monde entier, sur la fidélité affichée par les Américains envers leurs alliés.

Le retrait américain a fait naître l’inquiétude sur la résurgence du groupe jihadiste de l’Etat islamique, que les combattants kurdes, soutenus par les Américains, ont combattu, lui reprenant ses territoires, ainsi que sur l’expansion de l’influence de la Russie et de l’Iran, des appuis du régime, en Syrie.

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