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Tensions Bakou-Téhéran : L’Azerbaïdjan expulse 4 Iraniens

Ces expulsions, une forme de protestation diplomatique vigoureuse, arrivent après des mois d'échanges acrimonieux entre l'Azerbaïdjan et l'Iran

Bakou en Azerbaïdjan, avec le Trump international Hotel, le plus grand building du pays, le 19 février 2019. (Crédit : AP Photo/Aida Sultanova, File)
Bakou en Azerbaïdjan, avec le Trump international Hotel, le plus grand building du pays, le 19 février 2019. (Crédit : AP Photo/Aida Sultanova, File)

L’Azerbaïdjan a annoncé jeudi l’expulsion de quatre membres de l’ambassade d’Iran dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, Bakou accusant notamment Téhéran d’avoir fomenté une tentative de coup d’État.

Ces expulsions, une forme de protestation diplomatique vigoureuse, arrivent après des mois d’échanges acrimonieux entre l’Azerbaïdjan et l’Iran, deux puissances gazières rivales qui s’accusent mutuellement d’ingérence.

En janvier, Bakou avait ainsi annoncé la suspension des activités de son ambassade en Iran après que celle-ci a été visée par une attaque à l’arme automatique qui a fait un mort et deux blessés.

Lors d’une convocation jeudi au ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, l’ambassadeur d’Iran s’est vu notifier que quatre membres de la représentation iranienne à Bakou étaient « déclarés persona non grata« .

Ces quatre personnes, qui ont 48 heures pour quitter le territoire, sont expulsées « en raison de leurs activités incompatibles avec leur statut diplomatique », a indiqué la diplomatie azerbaïdjanaise dans un communiqué.

Lors de la convocation, Bakou « a exprimé à l’ambassadeur iranien sa forte insatisfaction du fait des récentes provocations de son pays à l’égard de l’Azerbaïdjan », a ajouté la même source.

Bakou n’a pas expliqué dans l’immédiat ce qui était reproché aux membres de l’ambassade expulsés, mais, quelques heures plus tôt, les autorités azerbaïdjanaises avaient annoncé l’arrestation de six personnes accusées d’avoir ourdi un coup d’État sur ordre des services secrets iraniens.

Illustration : Un policier garde une zone devant l’ambassade d’Iran à Bakou, en Azerbaïdjan, le vendredi 27 janvier 2023. (Crédit : AP Photo/Aziz Karimov)

« Déstabiliser »

Les six suspects, des Azerbaïdjanais, « ont été recrutés par les services secrets iraniens pour déstabiliser la situation dans le pays », ont affirmé le ministère azerbaïdjanais de l’Intérieur et le bureau du procureur général dans un communiqué.

Leur mission était de « former un ‘groupe de résistance’ chargé d’établir un État gouverné par la charia (la loi islamique) en Azerbaïdjan par une déstabilisation armée et un renversement violent de l’ordre constitutionnel », ont-ils ajouté.

Les six hommes « faisaient de la propagande pour un extrémisme religieux favorable à l’Iran, exécutant des ordres venant de l’étranger visant à saper la tradition de tolérance en Azerbaïdjan », selon la même source.

S’il n’était pas possible de vérifier le bien-fondé de ces accusations de manière indépendante, celles-ci s’ajoutent en tout cas aux tensions qui n’ont cessé de se renforcer entre l’Iran et l’Azerbaïdjan ces derniers mois.

Des impacts de balles sur la porte de l’ambassade d’Azerbaïdjan à Téhéran, le 27 janvier 2023, à la suite d’une attaque. (Crédit : AFP)

Après les tirs contre l’ambassade d’Azerbaïdjan à Téhéran en janvier, imputés par les autorités à un Iranien marié à une Azerbaïdjanaise ayant agi pour des motifs « personnels », le président azerbaïdjanais Ilham Aliev avait dénoncé une « attaque terroriste ».

La diplomatie azerbaïdjanaise avait néanmoins écarté toute « rupture des relations diplomatiques » malgré l’arrêt « temporaire » des opérations de son ambassade à Téhéran.

Les relations entre Bakou et Téhéran sont traditionnellement délicates, l’Azerbaïdjan turcophone étant un proche allié de la Turquie, une rivale historique de l’Iran. 

Bakou achète par ailleurs des armes à Israël, autre grand adversaire des autorités iraniennes.

L’Azerbaïdjan accuse en outre l’Iran de soutenir l’Arménie dans le conflit territorial qui oppose Bakou à Erevan depuis trois décennies.

De son côté, l’Iran, où résident des millions d’Azéris, un groupe ethnique vivant principalement en Azerbaïdjan, en Iran et en Russie, a longtemps accusé son voisin d’attiser un sentiment séparatiste sur son territoire.

Cette crise diplomatique entre Téhéran et Bakou intervient également au moment où l’Iran s’efforce de normaliser ses relations avec l’Arabie saoudite, son grand rival au Moyen-Orient.

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