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« Testament : L’histoire de Moïse », une des meilleures séries Netflix ?

Sortie pour Pâques et Pessah, la série parle des clergés juif, chrétien et musulman, et vient enrichir l'offre de la plateforme sur la question

Avi Azulay dans le rôle de Moïse, avec les Dix Commandements, dans la série Netflix « Testament : L'histoire de Moïse ». (Avec l'aimable autorisation de Netflix)
Avi Azulay dans le rôle de Moïse, avec les Dix Commandements, dans la série Netflix « Testament : L'histoire de Moïse ». (Avec l'aimable autorisation de Netflix)

JTA — Depuis 1973, chaque année, au moment de Pâques et de Pessah, les Américains regardent sur ABC « Les Dix Commandements », le fameux film sorti en 1956 de Cecil B. DeMille.

Cette année, Netflix a choisi ce moment pour sortir en avant-première
« Testament : L’histoire de Moïse », docudrame qui raconte l’histoire de l’Exode, assortie de commentaires de spécialistes et de chefs religieux de confessions juive, chrétienne et musulmane. Cette série – la toute première de Netflix sur le marché florissant des films à thème religieux – vient d’être mise en ligne sur la plate-forme de streaming et elle se positionne d’ores et déjà en tête du palmarès.

Quel avantage « Moïse » a-t-il sur la série qu’il a délogée de la première place, à savoir la série dramatique de science-fiction à gros budget « Three Body Problem » ? Pas les bonnes critiques, c’est sûr : la plupart de celles qui concernent « Testament » sont plutôt négatives, évoquant des effets spéciaux « médiocres », des inexactitudes bibliques et l’erreur d’avoir voulu interpréter l’histoire de Moïse en dehors de son contexte pour en faire une histoire de justice sociale.

Mais le rabbin Maurice Harris, l’un des commentateurs juifs qui apparait à l’écran, lui-même auteur de « Moïse : un étranger parmi nous », dit comprendre l’intention.

« C’est l’une des meilleures représentations cinématographiques de l’histoire biblique », explique Harris à la Jewish Telegraphic Agency. « La série fourmille d’informations surprenantes qui vont intéresser les téléspectateurs de tous horizons et les tenir en haleine. »

Rabbin reconstructionniste des environs de Philadelphie, Harris se rappelle avoir été contacté à propos de ce projet dès 2020, mais ne pas avoir eu de nouvelles des producteurs avant 2022, date à laquelle il a tenu à s’assurer que la société de production turco-américaine ait une perspective religieuse plurielle et un casting local bien défini.

Harris a fini par rejoindre les trois autres rabbins – Menachem Posner, Rachel Adelman et Shlomo Einhorn – retenus pour commenter la vie de Moïse, interprété à l’écran par l’acteur israélien Avi Azulay. Il estime que c’est la pluralité des commentateurs, en même temps que la centralité de Moïse au sein des trois courants religieux abrahamiques, qui explique le grand succès de la série.

Le rabbin Maurice Harris est l’un des rabbins qui témoigne dans la série « Testament : l’histoire de Moïse ». (Crédit : Netflix)

« À la 15ème minute, vous avez entendu des musulmans, des juifs, des chrétiens, des femmes et des hommes », explique Harris. Si vous-même êtes un religieux très conservateur, attaché à l’interprétation littérale de la Bible, vous entendrez aussi bien l’avis de conservateurs que de libéraux des trois confessions. Je crois que cela contribue à attirer un très large public.

Parmi les précédentes adaptations cinématographiques et télévisées de l’histoire de Moïse, citons « Les Dix Commandements » de De Mille, avec Charlton Heston dans le rôle de Moïse et Yul Brynner dans celui de Pharaon, « Moïse le législateur », de 1975, avec Burt Lancaster et Anthony Quayle dans les rôles de Moïse et Aaron, l’interprétation de Moïse par Mel Brooks en 1981 dans plusieurs sketches comiques dans « History of the World : Part I » et enfin « Moïse », la mini-série de 1995 avec Ben Kingsley dans le rôle titre. La comédie musicale animée de DreamWorks de 1998
« Le Prince d’Égypte », avec ses chansons interprétées par l’sraélienne Ofra Haza, est, elle, devenue culte.

L’épopée de 2014 de Ridley Scott, « Exodus : Gods and Kings », brillait par son casting de stars, avec Christian Bale dans le rôle de Moïse, Joel Edgerton dans celui de Pharaon et enfin Ben Kingsley dans celui de Nun, l’un des aides de Moïse et le père de Joshua l’espion, campé par Aaron Paul. (Malgré son casting, son réalisateur et l’intense battage médiatique dont il a fait l’objet, « Exodus : Gods and Kings » a obtenu de mauvaises critiques.)

Charlton Heston dans le rôle de Moïse dans l’épopée de Cecil B. DeMille de 1956, « Les Dix Commandements ». (Crédit : Paramount Pictures)

La nouvelle série de Netflix utilise un format très apprécié de nos jours, le documentaire hybride, mélange de scènes jouées, de témoignages de spécialistes et, lorsque l’histoire de la Bible corresponde ou reflète l’histoire, des preuves historiques. En trois épisodes, la série évoque l’ascension de Moïse à la tête des Israélites en Égypte, sa confrontation avec Pharaon et, enfin, la séparation de la mer Rouge lorsque Moïse sort son peuple de l’esclavage pour l’amener vers la liberté.

Harris se dit satisfait de la manière dont la série utilise les textes juifs extra-bibliques moins connus, connus sous le nom de Midrash, qui permettent à ceux qui, comme lui, ont déjà une bonne connaissance de l’histoire de Moïse, d’apprendre des choses.

Le personnage secondaire de Serach bat Asher, par exemple, apparait dans le premier épisode. Dans la Torah, Serach, fille d’Asher et petite-fille de Jacob, ne fait l’objet d’aucun récit, à peine est-elle mentionnée à deux reprises, dans le livre de la Genèse et le livre des Nombres, à des centaines d’années d’intervalle.

« Pour les anciens rabbins fidèles à la croyance que la Torah a entièrement été dictée par Dieu et ne comporte aucune erreur, il fallait donner du sens à ce personnage qui semble avoir eu une extrême longévité – ce qu’ils parvenaient à faire », précise Harris. « Ils l’expliquent en disant qu’elle est une figure quasi-immortelle, qui a transcendé de très longues périodes de l’histoire juive. »

Dans « Testament », Serach est aussi la gardienne du vrai nom de Dieu. Pour prouver que Moïse a vraiment été visité par Dieu, il en confie le nom à Serach, qui permet par la suite au peuple hébreu de reconnaitre Moïse comme son chef.

« Je suis surpris qu’ils aient trouvé le moyen de faire un léger clin d’œil à ce personnage qui, sauf à être un fin connaisseur du Midrash, est totalement méconnu », explique Harris.

Il ajoute : « Je ne sais pas si cela vient de l’une des autres religions ou si c’est une pure licence créative, mais je respecte le choix qui a été fait. »

Au-delà du panel de voix multiconfessionnelles et d’histoires peu connues, Harris apprécie particulièrement les commentaires d’Andy Lewter, historien et évêque de la cathédrale baptiste du Plein Évangile d’Hollywood, qui parle des similitudes entre l’esclavage dans la Bible et celui qui a existé aux États-Unis.

« Dans « Testament », on voit que le travail des esclaves en Égypte était essentiel à l’économie », dit Lewter, qui est lui-même afro-américain.
« Quand on entend : ‘Laissez partir mon peuple’, la question naturelle que se pose Pharaon au nom de l’économie égyptienne est : ‘D’accord, mais alors qui va faire le travail ? Qui va travailler ?’ Tout comme en 1863, la Proclamation d’émancipation a soulevé la question suivante : ‘Si on libère tous les esclaves, qui va ramasser le coton ?’ »

Les Israélites se préparent à traverser la mer Rouge dans « Testament : l’histoire de Moïse ». (Crédit : Netflix)

Le premier épisode, d’une durée de 81 minutes, parle également des sages-femmes israélites et de leurs tentatives pour dissimuler la naissance de Moïse, au moment où les Égyptiens tuaient les premiers-nés des Hébreux. Dans la série, la nourrice de Moïse, dans le palais égyptien, s’avère être sa mère biologique, Yocheved – autre récit que l’on trouve dans le Midrash.

« J’aime que cette histoire commence avec cette femme qui allaite son
bébé », confie Celene Ibrahim, chercheuse en études islamiques qui a enseigné les études religieuses à l’Université hébraïque et qui apparait dans « Testament ». « Quelle est la probabilité qu’une révolution commence avec une mère qui allaite ? »

Jusqu’à présent, Netflix avait assez peu de films consacrés à la foi ou à la spiritualité, mais lorsqu’on effectue une recherche avec ces mots clefs, le catalogue est plus étoffé qu’il n’y parait. La majorité de ces programmes sont plutôt chrétiens, à l’exception de quelques titres juifs. Mais des programmes comme « Seinfeld », la série dramatique comique de Showtime « Shameless » ou encore la série comique pour adolescents de Nickelodeon « Victorious » apparaissent dans les résultats de la recherche « foi et spiritualité ».

On ne connaît pas vraiment les intentions de Netflix sur ce segment, mais il est peu probable que la plate-forme produise des contenus spécifiquement juifs. « Testament : L’histoire de Moïse » a été diffusé 13,5 millions de fois ces cinq derniers jours, soit depuis sa sortie, soit autant de spectateurs que de Juifs dans le monde.

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