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Théophile III dénonce auprès de Biden « les attaques de radicaux israéliens »

Le patriarche grec de Jérusalem a évoqué des initiatives « sans précédent » pour chasser les Chrétiens de la ville sainte

Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Théophile III, préside la messe de minuit de Noël pour les grecs orthodoxes à l’église de la Nativité, dans la ville biblique de Bethléem, en Cisjordanie, le 7 janvier 2018. (Crédit : Musa Al Shaer/AFP)
Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Théophile III, préside la messe de minuit de Noël pour les grecs orthodoxes à l’église de la Nativité, dans la ville biblique de Bethléem, en Cisjordanie, le 7 janvier 2018. (Crédit : Musa Al Shaer/AFP)

Lors de son entretien avec le président américain Joe Biden dans l’église de la Nativité à Bethléem vendredi, le plus haut responsable chrétien de Jérusalem a dénoncé ce qu’il qualifie d’ « attaques sans précédent de la part de radicaux israéliens » pour chasser, selon lui, les Chrétiens de la ville sainte.

Dans un communiqué, le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, le patriarche Théophile III, indique avoir dit au dirigeant américain que ces radicaux agissaient « en toute impunité », en se livrant à des attaques contre des églises et en tentant de s’approprier des propriétés.

Il a attiré l’attention sur « les problèmes auxquels étaient confrontés les Chrétiens et le degré de gravité qui avait été atteint », citant des cas d’attaques contre des églises, d’insultes contre les membres du clergé, de tentatives pour bloquer l’accès aux lieux de culte ou saisir des biens immobiliers appartenant à la communauté chrétienne.

Les dirigeants chrétiens se plaignent de plus en plus du fait que leurs communautés soient prises pour cibles, menacées d’être chassées par des groupes israéliens extrémistes.

En juin, la Cour suprême avait confirmé la décision d’un tribunal de degré inférieur, en ne s’opposant pas au transfert des droits de propriété de trois bâtiments de la Vieille Ville de Jérusalem à Ateret Cohanim, épuisant ainsi tous les recours de l’Église orthodoxe grecque, au terme d’une longue bataille juridique.

Ateret Cohanim est une organisation sioniste religieuse qui a vocation à peupler la Vieille Ville, ainsi que d’autres quartiers de Jérusalem-Est, de résidents juifs, par l’achat de propriétés à des non juifs.

Le président américain Joe Biden arrive à l’église de la Nativité, dans la ville biblique de Bethléem en Cisjordanie, le 15 juillet 2022. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

La décision met un point final aux espoirs du Patriarcat grec orthodoxe, depuis 2004, d’empêcher la vente de baux pour deux hôtels situés près de la porte de Jaffa et une troisième propriété dans le quartier chrétien.

En décembre dernier, le père Francesco Patton, Custode de Terre Sainte de l’Église catholique et gardien des lieux saints chrétiens en Terre Sainte, écrivait dans un éditorial publié par le Daily Telegraph, au Royaume-Uni, que la « présence [de la communauté] était remise en cause et [son] avenir en danger ».

Les patriarches et chefs d’églises de Jérusalem ont publié une déclaration commune mettant également en garde contre le danger que représentent les groupes radicaux qui, selon eux, cherchent à « affaiblir la présence chrétienne ».

Patton a écrit que, ces dernières années, la vie de nombreux chrétiens était devenue « insupportable à cause de groupes radicaux mus par une idéologie extrémiste ».

« Il semble que leur but soit de libérer la Vieille Ville de Jérusalem de toute présence chrétienne, même dans le quartier chrétien », affirme-t-il.

Des lieux saints, et notamment des églises, ont ainsi été profanés et vandalisés, et des infractions commises à l’encontre de prêtres, moines et fidèles, accuse Patton.

« Ces groupes radicaux ne représentent ni le gouvernement ni le peuple d’Israël. Mais comme toute faction extrémiste, cette minorité radicale peut aisément rendre la vie impossible à de nombreuses personnes, surtout si leurs activités sont incontrôlées et leurs crimes, impunis. »

Le Frère Francesco Patton, Custode de Terre Sainte et Gardien des Lieux saints chrétiens en Terre Sainte pour l’Eglise catholique. (Courtoisie)

Patton écrit que si les Chrétiens représentaient autrefois 20 % de la population de Jérusalem, ils sont aujourd’hui moins de 2 %. Il lance un appel à soutien aux quatre coins du monde « afin que nous puissions continuer à préserver la diversité, source de richesse de cette Terre Sainte ».

En Angleterre, l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, dans une tribune commune avec l’archevêque anglican de Jérusalem, Hosam Naoum, publiée par le Sunday Times, sonnait également l’alarme. Dans leur texte, Welby et Naoum évoquent une « tentative concertée pour intimider et chasser » les Chrétiens.

Les archevêques estiment que l’augmentation du nombre d’implantations, associée aux restrictions de mouvement induites par la barrière de sécurité construite par Israël pour déjouer les attaques terroristes en provenance de Cisjordanie, avait « aggravé l’isolement des villages chrétiens ».

En conséquence, concluent les deux hommes de foi, il y a « un mouvement constant de Chrétiens palestiniens qui quittent la Terre Sainte, en quête d’une vie meilleure ailleurs ».

Depuis des années, des militants juifs extrémistes se livrent à des actes de vandalisme à l’encontre de sites chrétiens à Jérusalem et dans d’autres régions d’Israël, que ce soit des graffitis haineux ou même des incendies criminels. Les extrémistes ciblent également les Palestiniens.

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