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Thomas NLend, un prétendu « infiltré » dans la sphère Dieudonné/Soral

L'homme affirme que sa mission a été "de signaler d’éventuels ‘dingos’, des apprentis terroristes", alors qu’Alain Soral et son acolyte Dieudonné connaissaient un large succès

Thomas NLend sur le plateau de CPolitique, sur France 5, en janvier 2022. (Crédit : capture d’écran France.tv)
Thomas NLend sur le plateau de CPolitique, sur France 5, en janvier 2022. (Crédit : capture d’écran France.tv)

Thomas NLend, scénariste de comédies à succès, publie ce mois-ci Les Bouffons de la haine : Comment j’ai infiltré l’extrême droite antisémite (Grasset), avec une préface de Caroline Fourest. Il raconte dans cet ouvrage sa prétendue « infiltration » au sein du mouvement extrémiste Egalité et Réconciliation d’Alain Soral.

De 2011 à 2014, l’homme, qui a alors pris le pseudonyme « Mathias Cardet », dit ainsi avoir « infiltré » cette galaxie, à la demande d’un indic de la police, « Monsieur Antoine », de son vrai nom Noël Dubus – son récit est néanmoins remis en question.

Il affirme que sa mission a été de surveiller ce mouvement, « de signaler d’éventuels ‘dingos’, des apprentis terroristes », alors qu’Alain Soral et son acolyte Dieudonné connaissaient un large succès auprès des jeunes de banlieue, prônant un rapprochement entre islamisme et nationalisme.

« Mais l’infiltré va aller bien au-delà, jusqu’à gagner la confiance de sa cible, devenir son lieutenant et l’une des figures de la ‘fachosphère’ sous le faux nom de Mathias Cardet », indique la quatrième de couverture du livre.

Devenu proche d’Alain Soral, « Cardet », auteur de nombreux propos anti-Israël et antisémites, lié à la « Gaza Firm », collectif proche du groupe terroriste palestinien du Hamas, est devenu l’un des hommes forts du mouvement. Il n’hésite pas à se mettre en avant et a ainsi lancé la maison de disques « Bras d’honneur » au sein d’E&R afin de mettre en avant des rappeurs au discours « différent ».

Il dit finalement avoir pris peur après le « Jour de colère » en 2014, quand des militants d’extrême droite ont défilé dans les rues de Paris en criant « Mort aux Juifs ! ».

« Il voit tout, entend tout, assiste à tout, jusqu’au fameux ‘Jour de colère’ : 10 000 extrémistes criant des slogans antisémites dans les rues de Paris. Avec l’aide de complices, Thomas NLend va tout tenter et parvenir à torpiller le projet d’un parti politique que Soral et Dieudonné voulaient lancer avec le soutien discret de Jean-Marie Le Pen. Des années plus tard, Alain Soral continue d’accuser ‘l’indic Cardet’ de tous ses malheurs. »

Il a depuis été présenté par E&R comme « mytho, escroc et indic » et dit avoir dû déménager à plusieurs reprises.

Dans une interview à Europe 1, il a expliqué que « l’idée pour eux [Dieudonné et Soral] était de se regrouper sur un antisémitisme de quartier, un antisémitisme islamique et d’essayer d’avoir des Noirs et des Arabes de banlieue ».

« Ils arrivent à toucher les quartiers par l’industrie du divertissement, par Dieudonné qui a ramené énormément de monde, et par Soral qui faisait des vidéos sur YouTube et qui était extrêmement populaire », a-t-il déclaré.

Certains journalistes couvrant l’extrême droite doutent néanmoins du récit « d’infiltré » que Thomas NLend présente, rapporte le site Arrêt sur images. Le site rappelle également que l’homme a au un rôle trouble dans différentes affaires politico-judiciaires – notamment dans l’affaire Georges Tron et l’affaire Ziad Takieddine.

L’homme avait auparavant publié au début des années 2010 Hooliblack : naissance d’un hooligan et L’effroyable imposture du rap. Dans le premier, il se présentait comme un ancien ultra du PSG. Dans l’autre, publié par la maison d’édition d’Alain Soral, il a présenté le rap comme une manipulation politico-commerciale d’origine américaine visant à pousser les Noirs à la consommation.

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