Toulouse : hausse de l’antisémitisme et alyah interne
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Toulouse : hausse de l’antisémitisme et alyah interne

Depuis plus d'un an, les actes antisémites augmenteraient dans la ville rose; au moins 10 personnes auraient été agressées

La façade de la mairie de Toulouse (Crédit : Felipeh/CC.BY.SA/Wikimedia commons)
La façade de la mairie de Toulouse (Crédit : Felipeh/CC.BY.SA/Wikimedia commons)

Crachats, insultes, violence latente, la situation semble critique pour les Juifs toulousains, durablement marqués par les attentats de mars 2012 qui ont touché des militaires, un professeur et de jeunes enfants juifs de l’école Ozar Hatorah.

Depuis 2012, environ 300 familles juives auraient quitté la ville.

Le quotidien régional La Dépêche qui consacre plusieurs articles au sujet, revient sur l’ampleur du problème : « Face à cette situation [de hausse des actes antisémites], une cellule juridique pour poursuivre tous les actes antisémites, faire des signalements au parquet et engager des poursuites a été mise en place il y a trois mois ».

Le journal rapporte qu’au moins 10 locataires ont été agressés chez eux et que « la sécurisation de certains bâtiments a été renforcée, tout comme la formation des personnels ».

« Quand les gens nous appellent, ils sont dans une détresse totale. Certains ne sortent plus de chez eux », confie Yves Bounan, président du Consistoire de Haute-Garonne au quotidien local.

« Ça me coûte de le dire, mais je conseille aujourd’hui aux Juifs d’être particulièrement prudents et discrets pour éviter de subir des actes de violence », affirme de son côté Franck Touboul, le président du Crif local.

Le Crif aide d’ailleurs ces « locataires toulousains [qui] subissent des insultes ou se font agresser [à se] reloger dans des quartiers ‘moins sensibles' », renforçant ce que l’expression consacrée appelle « l’alyah interne » des Juifs de France.

Aujourd’hui, de nombreuses voix en France dénoncent une haine antisémite à l’extrême-droite, un antisémitisme des quartiers populaires sous l’effet d’un islam identitaire, ainsi qu’un anti-sionisme ambigu à l’extrême-gauche, sur fond d’ « importation » du conflit israélo-palestinien depuis le début des années 2000.

Niveau chiffres, en 2017, la tendance était « orientée à la baisse », avait indiqué en janvier à l’AFP Frédéric Potier.

Mais si le nombre d’actes antisémites a globalement baissé en 2017, les actes violents parmi eux ont augmenté.

« Je pense qu’il faut sortir de l’aspect purement quantitatif : on sait que l’affaire Sarah Halimi (du nom de la femme juive assassinée par défenestration en avril dernier à Paris par un voisin musulman, NDLR) a traumatisé des familles entières, alors que dans les chiffres, ça ne fait qu’un acte », soulignait alors Frédéric Potier.

Depuis, le meurtre de Mireille Knoll le 23 mars dernier par un de ses voisins soupçonné d’antisémitisme, a traumatisé de nombreux esprits et débouché sur une marche blanche contre l’antisémitisme, une première depuis la profanation du cimetière de Carpentras en 1990.

De nombreux actes, comme le récent tag antisémite d’une porte rue Ordener à Paris, sont proches de ce qui a été théorisé comme « le nouvel antisémitisme quotidien ». Il alimente ce sentiment qui inquiète aujourd’hui.

A LIRE : L’alyah interne des juifs franciliens

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