Tous les responsables de la Santé s’attendent à une prolongation du confinement
Rechercher

Tous les responsables de la Santé s’attendent à une prolongation du confinement

La réouverture du pays se fera plus lentement que lors de la première vague, selon le ministre de la Santé qui réaffirme son soutien à une loi limitant les manifestations

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein tient une conférence de presse lors d'une visite à l'hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 15 juillet 2020 (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Santé Yuli Edelstein tient une conférence de presse lors d'une visite à l'hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 15 juillet 2020 (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein a indiqué mardi qu’il s’attendait à ce que le confinement national soit prolongé au-delà de la période initialement prévue – dans une semaine et demie – et que contrairement à ce qu’il s’était produit lors de la première vague, les restrictions seraient lentement allégées.

« Il n’y a aucune chance que le confinement se termine dans une semaine et demie, immédiatement après Simchat Torah — c’est sans équivoque. Il n’y a aucun scénario prévoyant que dans dix jours, nous allons lever toutes les mesures mises en place en disant que ‘tout est terminé, tout va bien’, » a confié Edelstein devant les caméras de la chaîne Kan.

« Nous avons tiré les leçons de la première vague de la maladie et cette fois-ci, la sortie du confinement se fera graduellement, de manière responsable », a continué Edelstein.

Selon la Douzième chaîne, le Premier ministre Benjamin Netanyahu pense que le confinement pourrait durer environ un mois.

Le directeur-général du ministère de la Santé Chezy Levy et son adjoint, Itamar Grotto, ont également tous les deux estimé, ces derniers jours, que l’Etat juif ne pourrait pas prendre le contrôle de la propagation du coronavirus d’ici le 11 octobre et qu’ils s’attendaient à une prolongation du confinement.

Edelstein a aussi réaffirmé son appui à la reprise des discussions à la Knesset sur une loi qui interdirait les manifestations d’ampleur et qui viendrait encore restreindre les prières publiques dans le cadre du confinement, disant que les manifestants devaient trouver d’autres moyens de se faire entendre.

Des Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 26 septembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Cela va se terminer par des milliers de malades de plus et par des formes graves de la maladie plus nombreuses encore dans les hôpitaux. Il doit y avoir un sens de la responsabilité. Rien de tout cela n’aura lieu si les gens trouvent d’autres moyens de manifester. C’est en effet leur droit, mais il leur est possible de le faire sans se rassembler et sans violer toutes les règles », a continué Edelstein.

Des protestataires se sont réunis aux abords du domicile d’Edelstein et d’autres ministres, lundi soir, avant la présentation attendue de la législation à la Knesset, mardi.

Les mouvements de protestation réclamant la démission du Premier ministre pour sa corruption présumée ainsi que pour ses attaques cinglantes contre le système judiciaire sont devenues régulières, ces derniers mois, avec des regroupements qui ont été organisés plusieurs fois par semaine et des rassemblements majeurs tous les samedis.

Des manifestations qui sont toutefois devenues un problème sensible avec l’augmentation du nombre de cas de coronavirus dans le pays. Le Premier ministre et d’autres ont fustigé ces regroupements de masse dans un contexte de craintes portant sur d’éventuelles contaminations.

Le journal Haaretz a indiqué que le parti Kakhol lavan soutiendrait probablement cette législation limitant les mouvements de protestation dans la mesure où le Likud s’engagerait de son côté à retirer certaines dispositions qui ont été incluses dans le texte au dernier moment, vendredi, pour rendre les restrictions plus contraignantes.

La loi empêchera les Israéliens de manifester à plus d’un kilomètre de chez eux.

Les organisations à la tête des rassemblements anti-gouvernementaux prévoient d’envoyer des convois de véhicules défiler à Jérusalem, mardi, en signe de mécontentement contre la loi.

Des Israéliens manifestent en convoi contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la Route 1, le 26 septembre 2020 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Dans un communiqué qui a été diffusé par son bureau, lundi soir, Netanyahu a établi une liste de sujets à débattre. Au sommet des priorités, les préparations du système de santé qui, selon lui, devront prendre en charge environ 1 500 personnes atteintes par une forme grave de la COVID-19 d’ici le 1er octobre.

Mardi, matin, 755 personnes se trouvaient dans un état grave des suites de la maladie au sein de l’Etat juif. La raison des craintes portant sur une éventuelle multiplication par deux du nombre de cas critiques en deux jours reste indéterminée.

Le cabinet dit du coronavirus discutera également des objectifs à atteindre et des indicateurs qui permettront à Israël de sortir, petit à petit, de ce second confinement national. Il abordera aussi la question des progrès dans la recherche d’un vaccin, de l’achat et de l’utilisation de tests de dépistage rapides.

Les ministres évoqueront le respect par les Israéliens des règles mises en place par le gouvernement dans le cadre du bouclage du pays, et ils pourraient envisager l’augmentation des amendes et le durcissement des sanctions à l’encontre des récalcitrants.

Le cabinet débattra aussi de l’usage d’outils numériques pour combattre la pandémie, ainsi que d’une campagne sur le port du masque et l’adhésion aux directives de distanciation sociale.

Des Israéliens font du vélo sur une route désertée de Jérusalem à Yom Kippour, le 28 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Egalement en chantier, des entretiens sur le système éducatif et sur le retour des élèves dans les classes, ainsi que des programmes d’aides en direction des personnes âgées.

Le bilan des décès des suites du coronavirus a dépassé les 1 500 morts lundi soir. Il y a eu plus de 500 personnes qui ont succombé des suites de la COVID-19 en l’espace d’environ trois semaines.

Ce bilan des décès s’élevait à 1 507, mardi matin, alors que le nombre de nouveaux cas et de cas graves est encore en hausse, ainsi que le taux de tests positifs.

Il y a eu un total de 233 554 cas confirmés au sein de l’Etat juif depuis l’apparition de l’épidémie dans le pays, avec 65 025 cas actifs – dont 755 cas graves et 283 dans un état modéré.

Membres de l’équipe hospitalière de l’unité de coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 23 septembre 2020. (Nati Shohat/Flash90)

207 personnes sont actuellement placées sous respirateur.

Le nombre de tests de dépistage effectués a été très faible lundi en raison de Yom Kippour, avec 8 105 tests réalisés – contre 50 000 à 60 000 tests quotidiens au cours de la semaine passée. Mais le pourcentage de tests positifs reste en hausse et s’élevait à 14,8 % lundi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...