Trump à Abbas : Pas de paix là où on « récompense » la violence
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'Si Israël et les Palestiniens peuvent faire la paix, cela peut amorcer un processus de paix dans tout le Moyen-Orient'

Trump à Abbas : Pas de paix là où on « récompense » la violence

A Bethléem, le président américain a semblé critiquer les salaires payés par l'AP aux terroristes. Il a déclaré que le leader palestinien et Netanyahu lui ont assuré 'être prêts à travailler en toute bonne foi en faveur de la paix'

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président américain  Donald Trump écoutent les hymnes nationaux lors de la cérémonie de bienvenue organisée au Palais présidentiel de Bethléem, le 23 mai 2017 (Crédit :  THOMAS COEX / AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président américain Donald Trump écoutent les hymnes nationaux lors de la cérémonie de bienvenue organisée au Palais présidentiel de Bethléem, le 23 mai 2017 (Crédit : THOMAS COEX / AFP)

Au cours de sa première visite à l’Autorité palestinienne, le président américain Donald Trump a critiqué de façon implicite le financement des terroristes emprisonnés tout en saluant les efforts livrés par l’AP en termes d’anti-terrorisme et en recommandant vivement la condamnation des attentats terroristes « d’une seule voix ».

Trump s’est exprimé aux côtés du président de l’AP Mahmoud Abbas mardi au complexe présidentiel de ce dernier à Bethléem. Les deux hommes ont commencé leurs déclarations respectives par des condamnations de l’attentat suicide apparent qui a eu lieu la nuit dernière à Manchester.

« La paix ne peut jamais s’enraciner dans un environnement où la violence est tolérée, financée et même récompensée », a déclaré Trump, faisant apparemment référence aux salaires versés par l’AP aux terroristes palestiniens emprisonnés et aux familles des prisonniers palestiniens morts alors qu’ils commettaient des attentats. « Nous devons nous montrer résolus à condamner de telles actions d’une seule voix », a-t-il expliqué.

Trump a également promis l’aide des Américains pour aider à faire revivre les négociations de paix israélo-palestinienne en panne.

« La paix est un choix que nous devons faire chaque jour et les Etats-Unis sont là pour rendre ce rêve possible pour les enfants juifs, chrétiens et musulmans dans toute la région », a-t-il ajouté. « En faisant cela, nous profiterons tous d’un avenir plus sûr et plus brillant et d’un monde plus sûr et plus brillant ».

Il a ajouté qu’une telle paix provoquerait un effet en cascade dans toute la région : »J’ai vraiment l’espoir que l’Amérique puisse aider Israël et les Palestiniens à forger la paix et à apporter un nouvel espoir dans la région et à ses populations. Je crois également fermement que si Israël et les Palestiniens peuvent faire la paix, alors commencera un processus de paix à travers tout le Moyen-Orient et cela sera un accomplissement exceptionnel ».

Les commentaires de Trump répétaient ici les déclarations qu’il a faites lundi au président israélien Reuven Rivlin et au Premier ministre Benjamin Netanyahu, disant que de nombreux états arabes cherchent « une voie bien plus profonde d’amitié avec Israël » et qui ne pourra se concrétiser que lorsque la paix avec les Palestiniens sera réalisée.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le leader palestinien Mahmoud Abbas échangent une poignée de main durant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017 (Crédit MANDEL NGAN/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le leader palestinien Mahmoud Abbas échangent une poignée de main durant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017 (Crédit MANDEL NGAN/AFP)

Alors qu’il a implicitement critiqué la position adoptée par l’Autorité palestinienne sur le terrorisme, il a salué Abbas qui, a-t-il dit, « s’est engagé à prendre des mesures fermes mais nécessaires pour lutter contre le terrorisme et affronter son idéologie haineuse ».

« Je suis engagé à tenter de réaliser un accord de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, et j’ai l’intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à atteindre cet objectif », a ajouté Trump. « Le président Abbas m’assure qu’il est prêt à oeuvrer en toute bonne foi pour atteindre ce but et le Premier ministre Netanyahu a fait la même promesse. Je suis impatient de travailler aux côtés de ces dirigeants pour une paix durable. »

Prenant la parole avant Trump, Abbas a expliqué que les « problèmes fondamentaux [des Palestiniens], ce sont l’occupation et les implantations et l’incapacité d’Israël à reconnaître l’état de la Palestine comme nous le reconnaissons », et ce n’est pas le « judaïsme ».

« Une fois encore, nous vous réaffirmons nos positions », a-t-il continué. « Acceptation de la solution à deux états sur la base des frontières de 1967, d’un état de Palestine avec pour capitale Jérusalem-est aux côtés d’Israël… Et la résolution des problèmes de longue haleine sur la base de la loi et des accords internationaux… conformément à l’initiative de paix arabe ».

Trump est arrivé au palais présidentiel de Bethléem dans la matinée après s’y être rendu en voiture depuis Jérusalem.

Lui et Abbas se sont chaleureusement salués sur le tapis rouge à l’entrée du complexe, puis ont fait une revue de la garde d’honneur des forces de sécurité palestiniennes qui ont été formées aux Etats-Unis dans un effort continu de renforcer la gouvernance et les institutions palestiniennes.

Trump a alors échangé une poignée de main avec quelques chefs religieux et d’autres dignitaires.

Durant la visite de Trump, les familles des prisonniers palestiniens en grève de la faim ont manifesté sur la Manger Square avoisinante, mais ont été contenues par les forces sécuritaires palestiniennes. Ils ont brandi des photos des détenus, dont de nombreux individus condamnés pour des attentats terroristes, qui protestent actuellement contre leurs conditions de détention dans les prisons israéliennes.

Le groupe d’environ 70 manifestants, parmi eux des enfants, ont demandé à ce que Trump intervienne auprès des autorités israéliennes au nom des grévistes de la faim palestiniens.

« Ecoute Trump, écoute Trump, les prisonniers ne se mettront pas à genoux », on-ils scandé.

Abbas a également soulevé cette question dans son allocution aux côtés de Trump. « Je voudrais attirer l’attention vers nos grévistes de la faim palestiniens », a-t-il dit. « A quelques mètres d’ici et dans toute la Palestine, des mères souffrent de ne pas pouvoir rendre visite à leurs enfants. Leurs demandes sont justes et humaines. Je demande au gouvernement israélien de répondre à ces demandes humaines, légitimes ».

Dans la matinée de mardi, un haut-responsable palestinien avait affirmé qu’il attendait de la visite de Trump une reprise des négociations de paix.

Le conseiller d’Abbas Majdi Khaldi avait ainsi déclaré à la station de radio ‘Voix de la Palestine’ qu’à court-terme, une reprise des négociations devrait s’attaquer aux problèmes économiques rencontrés par les Palestiniens qui sont liés au conflit et aux restrictions israéliennes sur le commerce et les déplacements. Il avait ajouté que « cette visite ouvrira la voie au relancement du processus de paix ».

Dov Lieber et l’AP ont contribué à cet article.

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