Gaza : Tsahal a ciblé un site de distribution d’eau par erreur ; les négociations dans l’impasse
Accusant le Hamas d'entraver les pourparlers, Netanyahu va réunir ses principaux ministres et les hauts responsables de la défense pour élaborer un autre plan de retrait de l'armée pendant la trêve

L’armée israélienne a déclaré dimanche qu’une frappe survenue près d’un point de distribution d’eau à Gaza, et qui aurait tué plusieurs enfants, était un accident, alors que l’aviation israélienne pilonnait des cibles dans toute la bande de Gaza.
Cette frappe, que Tsahal a attribuée à un « dysfonctionnement technique », est survenue alors que les négociations en vue d’un accord de cessez-le-feu et de libération des otages peinent à progresser. Par ailleurs, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, serait sur le point de réunir ses principaux ministres et les hauts responsables de la défense pour trouver une issue à cette impasse.
Les responsables sanitaires de l’hôpital al-Awda de Gaza, contrôlés par le groupe terroriste palestinien du Hamas, ont déclaré que la frappe qui a touché un point de distribution d’eau dans le camp de réfugiés de Nuseirat avait fait dix morts, dont six enfants.
Tsahal a reconnu avoir commis une erreur en visant un membre du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien.
« En raison d’un dysfonctionnement technique, la munition a frappé à plusieurs dizaines de mètres de la cible visée », a expliqué l’armée, ajoutant qu’une enquête avait été ouverte et que « tout était mis en œuvre pour minimiser les dommages causés aux civils non impliqués ».
Ramadan Nassar, un témoin qui vit dans la région, a déclaré à l’Associated Press qu’une vingtaine d’enfants et quatorze adultes faisaient la queue pour obtenir de l’eau. Il a précisé que les Gazaouis doivent marcher environ 2 kilomètres pour aller chercher de l’eau dans cette région.
Ces dernières semaines, la pénurie d’eau à Gaza s’est fortement aggravée, les pénuries de carburant ayant entraîné la fermeture des installations de dessalement et d’assainissement. La population est désormais dépendante des centres de collecte où elle peut remplir ses récipients en plastique.
Plus d’une dizaine de personnes auraient également été tuées dimanche près d’un site de distribution d’aide humanitaire. Des témoins ont déclaré avoir vu des victimes touchées à la tête et au corps. Tsahal a déclaré que ses soldats avaient tiré des coups de semonce, mais que l’enquête menée sur cet incident n’avait révélé aucune preuve que des personnes avaient été blessées par les tirs de ses soldats.
Les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu à Gaza sont dans l’impasse, principalement en raison du désaccord sur la date de fin de la guerre et sur l’étendue du retrait de Tsahal pendant la trêve.
Dimanche, Palestine al-Youm, un organe d’information affilié au Jihad islamique palestinien, a cité un haut responsable du Hamas affirmant que les négociations avaient atteint un stade critique et laissant entendre que le groupe terroriste palestinien pourrait se retirer si l’impasse n’était pas dénouée dans les heures à venir.
La chaîne N12 a rapporté dimanche que Netanyahu convoquerait une réunion des hauts responsables de la défense et de plusieurs ministres du gouvernement dans la nuit afin de sortir de l’impasse, en se concentrant sur une nouvelle proposition de redéploiement des troupes à Gaza et sur l’orientation des négociations.
Les hauts responsables de Tsahal ont déclaré au gouvernement qu’ils étaient sur le point d’atteindre les objectifs de leur dernière opération, et le président américain Donald Trump a appelé à plusieurs reprises à la fin de cette guerre qui dure depuis vingt et un mois. Les sondages montrent que la plupart des Israéliens sont favorables à un accord qui mettrait un terme à la guerre contre le Hamas afin que ce dernier relâche les 50 derniers otages.
Lors de sa récente visite à Washington, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est montré optimiste quant à la conclusion d’un accord. Cependant, dans une vidéo publiée dimanche après-midi sur les réseaux sociaux, il a accusé le Hamas d’entraver les pourparlers, affirmant qu’Israël avait accepté les grandes lignes proposées par l’émissaire en chef de Trump, Steve Witkoff.
« Nous l’avons accepté, le Hamas l’a refusé », a déclaré Netanyahu, ajoutant qu’il « n’acceptera pas » un accord qui permette au groupe terroriste palestinien de rester à Gaza et de se réarmer.
Samedi, Netanyahu a réfuté un article du New York Times suggérant qu’il aurait prolongé la guerre à Gaza et aurait rejeté des accords « acceptables » de libération d’otages pour assurer sa propre survie politique.
Dans un communiqué, il a déclaré que cet article « diffame Israël, son peuple courageux, ses soldats et son Premier ministre ». Le New York Times a répondu que la déclaration de Netanyahu « ne réfute pas les faits ».
L’accord actuellement en cours de négociation à Doha prévoit la libération de dix otages vivants au cours d’une première phase de 60 jours, ainsi que la restitution des corps de dix-huit otages décédés. Les proches de certaines des personnes détenues à Gaza militent pour un accord qui permettrait la libération de tous les otages, au prix de la fin de la guerre contre le Hamas.
Haggaï Angrest, père de l’otage soldat Matan Angrest, qui serait encore en vie, a rencontré Netanyahu lors de sa récente visite à Washington. Il a déclaré à Ynet que le Premier ministre avait pour la première fois évoqué la possibilité d’une fin de la guerre.
Idit Ohel, mère de l’otage Alon Ohel, a envoyé dimanche une lettre au cabinet de Netanyahu dans laquelle elle se dit « acculée, épuisée et bouleversée » à la suite d’un avis médical selon lequel Alon, blessé à l’œil lors de son enlèvement, pourrait bientôt perdre la vue.
Netanyahu a insisté sur le fait que la guerre ne pouvait prendre fin tant que le Hamas était encore en mesure de gouverner la bande de Gaza ou de représenter une menace pour Israël, et s’est engagé à atteindre cet objectif ainsi qu’à obtenir la libération des 50 otages toujours détenus dans l’enclave.
Tsahal attend que le gouvernement prenne une décision concernant la guerre alors que l’armée achève son Opération « Chars de Gédéon », lancée à la mi-mai. Fin juin, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré que l’armée atteindrait bientôt les « lignes » fixées pour cette opération, dans le cadre de laquelle Tsahal visait à prendre le contrôle de 75 % de Gaza.
Tsahal a déclaré dimanche que l’armée de l’air israélienne avait frappé 150 cibles à travers l’enclave la veille, visant des terroristes du Hamas, des bâtiments piégés, des dépôts d’armes, des postes de lancement de missiles antichars et d’autres infrastructures terroristes.
Selon les statistiques publiées par le ministère de la Santé contrôlé par le Hamas, au moins 139 Gazaouis auraient été tués entre samedi et dimanche après-midi, portant le nombre total de morts à plus de 58 000.
Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
La Jordanie a annoncé dimanche matin qu’une organisation caritative locale avait envoyé 50 camions d’aide à Gaza. Cette livraison fait suite à l’annonce faite la semaine dernière par l’Union européenne (UE) d’un accord visant à rouvrir plusieurs couloirs humanitaires, notamment ceux passant par l’Égypte et la Jordanie.
Parallèlement, un groupe d’agences des Nations unies a averti que la pénurie de carburant avait atteint « des niveaux critiques » à Gaza, menaçant les opérations humanitaires, les soins hospitaliers et l’insécurité alimentaire déjà chronique.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 451 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.
Dimanche, lors d’un incident rare, un soldat de Tsahal a été légèrement blessé par une balle perdue tirée par l’armée israélienne alors qu’il circulait sur une route en Israël, non loin de Gaza.







