Israël en guerre - Jour 232

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Tsahal demande à 100 000 Palestiniens d’évacuer l’est de Rafah avant l’incursion

L'armée envoie des tracts, des SMS, des appels pour demander aux Gazaouis de quitter des zones spécifiques ; Gallant aux États-Unis : Israël n'a pas d'autre choix que de lancer une opération dans la ville la plus au sud de Gaza

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : Des camions transportant de l'aide humanitaire entrant à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza après avoir traversé la frontière depuis l'Egypte, le 17 janvier 2024. (Crédit : AFP)
Illustration : Des camions transportant de l'aide humanitaire entrant à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza après avoir traversé la frontière depuis l'Egypte, le 17 janvier 2024. (Crédit : AFP)

L’armée israélienne a commencé lundi matin à appeler les Palestiniens à évacuer les quartiers est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, proches de la frontière israélienne, en prévision d’une incursion terrestre dans la région.

Les civils ont été appelés à se rendre dans une zone humanitaire élargie dans les secteurs d’al-Mawasi et de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

À 8 heures, les soldats ont commencé à distribuer des tracts dans l’est de Rafah, à envoyer des SMS et à passer des appels téléphoniques aux Palestiniens pour leur donner des instructions sur les zones à évacuer et les itinéraires à emprunter pour se rendre dans une zone humanitaire désignée.

L’ordre d’évacuation ne s’applique qu’à certains quartiers de l’est de Rafah, et non à l’ensemble de la ville du sud de Gaza pour l’instant, bien qu’Israël se soit engagé à opérer dans toute la zone, considérée comme le dernier bastion du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Des responsables israéliens ont déclaré que le groupe terroriste disposait encore de six bataillons dans la bande de Gaza, dont quatre à Rafah : Yabna, au sud, Shaboura, au nord, Tel Sultan, à l’ouest et Rafah Est. Deux autres bataillons du Hamas restent dans le centre de la bande de Gaza, dans les camps de Nuseirat et de Deir al-Balah.

Un haut responsable du groupe terroriste palestinien a déclaré que l’ordre d’évacuation constituait une « escalade dangereuse qui aura des conséquences ».

Une vue de tentes dans un camp abritant des Palestiniens déplacés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 avril 2024. (Crédit : AFP)

« L’administration américaine, tout comme l’occupation, porte la responsabilité de ce terrorisme », a déclaré à Reuters le responsable, Sami Abu Zuhri.

Plus d’un million de civils palestiniens sont réfugiés à Rafah. On estime qu’environ 100 000 d’entre eux se trouvent dans la zone où Tsahal a appelé à l’évacuation.

Une carte de l’armée israélienne de l’évacuation des civils de Rafah avant l’incursion prévue, publiée le 6 mai 2024 (Crédit : Armée israélienne)

Une carte publiée par Tsahal montre que les zones à évacuer comprennent le point de passage de Rafah à la frontière égyptienne. Trois des bataillons du Hamas à Rafah – Yabna, Shaboura et Rafah Est – sont également situés dans la zone à évacuer.

L’armée a déclaré dans un communiqué que « conformément à l’approbation de l’échelon politique, Tsahal demande à la population, qui est sous le contrôle du Hamas, d’évacuer temporairement les quartiers est de Rafah vers la zone humanitaire élargie ».

« Cette question évoluera progressivement, en fonction d’une évaluation continue de la situation », précise le communiqué.

La zone humanitaire élargie dans les régions d’al-Mawasi et de Khan Younès comprend des hôpitaux de campagne et des camps de tentes pour les Palestiniens déplacés, Tsahal ayant déclaré que « l’aide humanitaire entrant à Gaza a augmenté récemment ».

Le point de passage de Kerem Shalom avec le sud de la bande de Gaza est resté fermé lundi à la suite d’une attaque meurtrière à la roquette contre les troupes israéliennes dans la zone dimanche, mais des sources militaires ont déclaré qu’il pourrait être ouvert à la suite d’une nouvelle évaluation de la situation.

L’armée a déclaré qu’elle essaierait de maintenir l’approvisionnement en aide humanitaire au même niveau malgré la fermeture du poste-frontière. Les autres points de passage resteront ouverts et les travaux de construction de l’embarcadère flottant des Américains dans le centre de Gaza se poursuivent.

« Tsahal continuera à poursuivre le Hamas partout dans la bande de Gaza jusqu’à ce que tous les otages qu’il retient en captivité soient rentrés chez eux », a ajouté le communiqué.

Dans des tracts que Tsahal a largué dans la bande de Gaza lundi matin, l’armée a mis en garde les Palestiniens contre l’approche des frontières avec Israël ou l’Égypte.

L’un des tracts, adressé à tous les habitants de la bande de Gaza, annonçait l’extension de la zone humanitaire désignée dans la région d’al-Mawasi.

« Dans cette zone, l’aide humanitaire élargie se poursuivra. Tsahal continuera à combattre les organisations terroristes qui vous utilisent comme boucliers humains. Par conséquent : Gaza City est une zone de combat dangereuse ; évitez de traverser au nord de Wadi Gaza », peut-on lire.

« Il est interdit de s’approcher des clôtures de sécurité orientale et méridionale », ajoute le tract de Tsahal.

Le second tract, adressé aux résidents et aux personnes réfugiées dans les quartiers Est de Rafah, avertissait que « Tsahal s’apprête à opérer avec force contre les groupes terroristes dans la zone où vous résidez actuellement, comme Tsahal l’a fait jusqu’à présent ».

« Toute personne se trouvant dans cette zone se met en danger, ainsi que les membres de sa famille », pouvait-on lire.

Ce tract déconseillait également de s’approcher des frontières israélienne et égyptienne.

Lors d’un appel téléphonique passé dans la nuit, le ministre de la Défense Yoav Gallant a déclaré à son homologue américain, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, qu’Israël n’avait d’autre choix que de lancer son incursion dans le sud de la bande de Gaza, à Rafah.

Gallant a informé Austin du barrage de roquettes meurtrier lancé depuis Rafah sur une position de Tsahal à la frontière un jour plus tôt, a indiqué son bureau.

Le ministre a détaillé « les nombreux efforts que l’État d’Israël déploie pour parvenir à un [accord] pour la libération des otages et un cessez-le-feu temporaire, et a déclaré qu’à ce stade, le Hamas refuse toute proposition qui le permettrait ».

Il a déclaré à Austin qu’il n’y avait plus d’autre choix et que cela signifiait le début de l’opération israélienne à Rafah.

« Gallant a remercié le secrétaire à la Défense pour son étroite coopération et a souligné que les États-Unis avaient un rôle important à jouer pour faire avancer le dialogue en vue de la libération des otages détenus par le Hamas », a ajouté le ministère.

Des soldats israéliens conduisant un char d’assaut sur un terrain de rassemblement près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d’Israël, le 5 mai 2024. (Crédit : Tsafrir Abayov/AP)

Des avions de chasse ont frappé plusieurs positions du Hamas à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, au cours de la nuit, dans la zone à partir de laquelle l’attaque à la roquette meurtrière a été menée dimanche, a déclaré l’armée. Tsahal a indiqué avoir touché des positions de tireurs d’élite, des bâtiments utilisés par des groupes terroristes et d’autres infrastructures.

Selon les responsables de la Santé du Hamas, une frappe aérienne a touché une maison à Rafah, tuant sept personnes.

Une autre frappe, juste avant minuit, aurait tué neuf Palestiniens, dont un bébé, dans une autre maison d’un autre quartier de Rafah.

Les frappes à Rafah ont eu lieu alors que les troupes terrestres continuaient à opérer dans le corridor de Netzarim, au centre de la bande de Gaza. Tsahal a déclaré que des réservistes de la Brigade Yiftah ont repéré une cellule de terroristes armés près d’eux et ont appelé à une attaque aérienne.

Dans d’autres frappes à travers Gaza, l’armée a déclaré que les avions de combat ont frappé des bâtiments piégés et des positions de lancement de roquettes. Un hélicoptère a également frappé un bâtiment utilisé par des hommes armés pour tirer sur les troupes.

Tsahal dit avoir éliminé 13 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus d’un millier de terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

Plus de 34 600 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

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