Tsahal effectue des raids en Cisjordanie malgré les tensions avec l’AP
Rechercher

Tsahal effectue des raids en Cisjordanie malgré les tensions avec l’AP

Aucun heurt n'a été signalé entre les troupes israéliennes et les forces de sécurité palestiniennes pendant les arrestations, ce qui suggère la poursuite d'une coordination tacite

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration. Les forces de sécurité israéliennes arrêtent des membres présumés du FPLP dans le cadre d'une vaste opération de répression du groupe terroriste en Cisjordanie, sur une photographie non datée publiée le 17 décembre 2019. (Armée israélienne)
Illustration. Les forces de sécurité israéliennes arrêtent des membres présumés du FPLP dans le cadre d'une vaste opération de répression du groupe terroriste en Cisjordanie, sur une photographie non datée publiée le 17 décembre 2019. (Armée israélienne)

Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté sept suspects palestiniens en Cisjordanie lors de raids effectués avant l’aube mercredi matin, les premières opérations de ce genre depuis que l’Autorité palestinienne (AP) a déclaré avoir gelé le mécanisme vital de coordination sécuritaire.

L’opération nocturne a été menée après une accalmie de cinq jours qui a partiellement coïncidé avec la fête de l’Aïd el-Fitr.

L’AP avait annoncé la semaine dernière qu’elle rompait tous les liens sécuritaires avec Israël suite à a volonté affichée du gouvernement d’annexer la vallée du Jourdain et les implantations israéliennes, dans une démarche qui devrait accroître les tensions et éventuellement conduire à des conflits potentiellement dangereux entre les forces israéliennes et palestiniennes.

Malgré les affirmations de l’AP selon lesquelles elle ne respectait plus ses accords avec Israël, aucun affrontement n’a été signalé entre les forces de sécurité palestiniennes et les troupes israéliennes, ce qui indique qu’un certain degré de coordination entre les deux parties se maintient.

Selon les médias palestiniens, les soldats israéliens ont arrêté sept suspects, dont cinq de la région de Ramallah et deux de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie.

L’armée israélienne n’a pas immédiatement confirmé le nombre de personnes arrêtées.

Dans certains cas, des habitants de la région ont jeté des pierres et d’autres objets sur les véhicules des forces israéliennes.

Il s’agissait des premières arrestations avant l’aube menés par Tsahal depuis vendredi, où deux personnes ont été interpellées dans la ville de Yabed, près de Jénine.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, dirige une réunion de dirigeants à son siège de Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mai 2020. (Alaa Badarneh/Pool via AP)

Ce ralentissement des arrestations, qui se produisent habituellement presque tous les soirs, a suivi l’annonce par le président de l’AP, Mahmoud Abbas, de la fin de la coordination sécuritaire avec Israël – une menace qu’il a déjà faite à maintes reprises dans le passé, mais qu’il semble avoir mise à exécution dans une certaine mesure. Il a expliqué que cette décision était une réponse aux plans israéliens d’annexer des parties de la Cisjordanie à partir de cet été.

Bien que peu discutée publiquement, la coopération d’Israël avec les forces de sécurité palestiniennes a permis de déjouer de très nombreux attentats terroristes majeurs et a été un facteur important du calme relatif en Cisjordanie ces dernières années.

Lundi, le Premier ministre de l’AP, Mohammad Shtayyeh, a déclaré que l’AP empêcherait le chaos et le désordre public en Cisjordanie malgré la rupture des liens. Les services de sécurité israéliens craignent toutefois que le groupe terroriste du Hamas à Gaza n’exploite l’escalade des tensions pour intensifier ses activités en Cisjordanie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a juré d’étendre la souveraineté israélienne sur des zones de Cisjordanie, et aurait informé lundi ses députés du Likud qu’il n’avait pas l’intention de modifier la date prévue du 1er juillet pour entamer le processus, malgré les craintes de violence et les condamnations internationales.

Mardi, la radio de l’armée a rapporté que le COGAT, l’organe du ministère de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les Territoires palestiniens, a averti le chef d’état-major de Tsahal et le ministre de la Défense d’une vague potentielle de violence en cas de poursuite des projets du gouvernement.

Le major-général Kamil Abu Rukun, coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, COGAT. (Autorisation)

Selon la station, le major-général Kamil Abu Rukun – officiellement connu comme le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) – a indiqué au chef de Tsahal Aviv Kohavi et au ministre de la Défense Benny Gantz que l’annexion « risquait d’entraîner une vague d’attaques terroristes et une rupture de la coopération en matière de sécurité [avec l’Autorité palestinienne] ».

L’armée israélienne et le ministère de la Défense ont refusé de commenter cette information, déclarant qu’ils ne discuteraient pas du contenu des conversations confidentielles.

Les propos de Kamil Abu Rukun sont les derniers d’une série d’avertissements des responsables de la Défense concernant une éventuelle explosion de violence palestinienne en réponse à l’annexion des implantations israéliennes et de la vallée du Jourdain, comme le gouvernement a proposé de le faire.

Le vœu de Netanyahu de procéder à l’annexion a suscité des condamnations de la part d’une liste croissante de pays, y compris des États arabes comme la Jordanie et des nations européennes comme la France et l’Allemagne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 10 septembre 2019. (AP Photo/Oded Balilty)

L’initiative sera coordonnée avec Washington et conformément au plan sur le Moyen-Orient qui a été rendu public par le président américain Donald Trump au mois de janvier et qui approuvait l’application de la souveraineté de l’État juif sur environ 30 % de la Cisjordanie.

Mais ces derniers jours, même des responsables de l’administration Trump ont semblé chercher à freiner les attentes de ce que Washington puisse donner rapidement le feu vert à cette initiative, sans progrès préalable réalisé dans les négociations entre Israël et les Palestiniens.

Le principal porte-parole du département d’État a expliqué, au début du mois, que toute action devait entrer dans le cadre de discussions sur le plan de paix de l’administration entre les deux parties.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...