Tsahal établirait un corps unifié de lutte contre les cyber-attaques
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Tsahal établirait un corps unifié de lutte contre les cyber-attaques

La décision de l'armée vise à rationaliser les efforts et les points offensifs et défensifs face à la menace croissante

Mitch Ginsburg est le correspondant des questions militaires du Times of Israel

Des soldats de l'unité de cyber-sécurité - 10 juin 2013 (Crédit : IDF Spokesperson's Unit)
Des soldats de l'unité de cyber-sécurité - 10 juin 2013 (Crédit : IDF Spokesperson's Unit)

Dans un geste historique qui met en évidence les dangers et la puissance du média numérique utilisé comme une arme, le commandant de l’armée israélienne a décidé lundi de créer un nouveau corps de Tsahal qui sera responsable de la cyber-activité.

Le lieutenant-général Gadi Eisenkot a appelé à la mise en place d’un nouveau corps, qui serait dirigé par un général à deux étoiles et qui serait au même niveau que la Marine et la Force aérienne. C’est une question d’une importance suprême qui est en train de devenir « plus significative chaque jour qui passe ».

La cyber-sécurité est aujourd’hui dispersée dans toute l’armée. La direction des Renseignements militaires gère les capacités offensives tandis que la branche C4I traite de la protection.

Le nouveau corps, qui ne sera mis en place que sous réserve de l’approbation du ministre de la Défense et qui devrait être opérationnel dans deux ans, apporterait le savoir-faire cybernétique de l’armée sous un même toit.

À l’échelle nationale, le service de sécurité du Shin Bet, le Mossad, l’armée et le Cyber Bureau National dans le bureau du Premier ministre fonctionnent sans un cadre unifié et hiérarchisé.

Cette incohérence, couplée avec les investissements de l’Iran dans le domaine des cyber-menaces et le fait que la menace peut être lancée par n’importe qui, de partout, sans aucun stockage évident d’armes à l’avance, a conduit certains à exprimer leur préoccupation.

« Les cyber-attaques massives, comme l’attaque égyptienne à Yom Kippour », sont réalisables, avait déclaré le commandant de l’unité de cyber-defense de Tsahal au Times of Israel plus tôt cette année.

Gadi Eizenkot à la cérémonie de Yom HaZikaron, le 21 avril 2015 (Crédit : Flash 90)
Gadi Eizenkot à la cérémonie de Yom HaZikaron, le 21 avril 2015 (Crédit : Flash 90)

« Nous ne devons pas être naïfs », a poursuivi le commandant de l’unité.

« C’est simple » – l’axe de la résistance islamiste sonde constamment pour trouver des failles dans l’armure de l’armée israélienne ; d’où l’augmentation de la menace des roquettes et des missiles. Comme cette menace a été partiellement contrecarrée, a-t-il continué, la menace du tunnel, une caractéristique dominante de la guerre de Gaza, a été ramenée à l’avant-plan.

« Dans les guerres à venir, a-t-il ajouté, en particulier celles dans le nord, je pense que la cyber-capacité sera beaucoup plus importante que dans les guerres passées ».

Le colonel (à la retraite) Gadi Siboni, le directeur du Programme en cyber-sécurité à l’Institut d’études de la réflexion sur la sécurité nationale à Tel-Aviv, a écrit peu de temps après la guerre de l’été dernier à Gaza que le progrès de l’Iran dans le développement des armes cybernétiques, comme on le voit par les offensives sans précédent lancées pendant la guerre des 50 jours « est la preuve du début d’un processus dans lequel la guerre cybernétique remplace la terreur classique comme un outil central dans la doctrine de l’Iran sur la guerre asymétrique ».

Les cyberattaques permettraient aux ennemis d’Israël de frapper le front du commandement de la Défense passive et sont souvent facilement moins niables – deux éléments qui sont au cœur de l’approche iranienne de guerre asymétrique contre Israël, a écrit Siboni.

L’Iran, a-t-il ajouté, est rapidement et adroitement en train de « combler le fossé » en cyber-technologie entre elle et Israël.

Le brigadier général Herzi Halevi lors d'un discours jeudi (Crédit : Mitch Ginsburg / Times of Israël)
Le brigadier général Herzi Halevi lors d’un discours jeudi (Crédit : Mitch Ginsburg / Times of Israël)

Immédiatement après avoir pris les commandes de l’armée en février, Eisenkot a nommé le major général Herzi Halevy, le commandant des renseignements militaires, à la tête d’une équipe qui a été chargée d’examiner les moyens pour « améliorer l’efficacité opérationnelle » des équipes spécialisées dans les cyber-menaces de l’armée.

Réagissant en amont aux luttes intestines qui s’ensuivront probablement à cette annonce, à la fois sur le prestige et les fonds d’un cyber-corps, la déclaration du porte-parole de Tsahal a précisé que le commandement de cette unité serait mis en place dans un premier temps « en parallèle » à la fois avec la direction des renseignements militaires et le Corps C4I avant qu’une décision finale ne soit prise à propos de l’endroit où les nouveaux corps devraient être mis en place.

Le chef adjoint de l’état-major de Tsahal, Yair Golan, et le major général, Nimrod Shefer seront à la tête du comité de planification et de la mise en œuvre.

« La mise en place du corps permettra à Tsahal de fonctionner d’une meilleure façon », a déclaré Eisenkot, « et donnera l’avantage au capital technologique et humain qui existe déjà aujourd’hui dans l’Etat d’Israël », a-t-il conclu.

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