Tsahal: le Hamas a déclenché la guerre après les combats sur le mont du Temple
Rechercher

Tsahal: le Hamas a déclenché la guerre après les combats sur le mont du Temple

Le renseignement militaire dit que le groupe se présente tel le « défenseur de Jérusalem »; Les frappes contre le Hamas, le Jihad islamique les ramènent en arrière, selon l'armée

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Palestinians clash with Israeli security forces at Jerusalem's Al-Aqsa mosque compound on May 10, 2021, ahead of a planned march to commemorate Israel's takeover of Jerusalem in the 1967 Six-Day War. (Photo by Ahmad GHARABLI / AFP)
Vue de l'esplanade du mont du Temple au milieu d'affrontements entre Palestiniens et l'armée israélienne, le 10 mai 2021 (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)

Le groupe terroriste du Hamas a décidé d’initier la vague de violence actuelle, au risque d’une guerre totale, lorsque ses dirigeants ont vu des photographies et des vidéos des affrontements de lundi entre les forces de sécurité israéliennes et des émeutiers musulmans sur le mont du Temple, selon un rapport du renseignement militaire israélien.

Poussé à la fois par la ferveur religieuse et l’ambition politique, le groupe terroriste espérait s’imposer dans l’esprit des Palestiniens et des musulmans du monde entier comme le « défenseur de Jérusalem ». Il a exigé qu’Israël retire ses troupes du lieu saint, tirant une salve de roquettes sur Jérusalem lorsque cette demande est restée lettre morte, risquant par là même une réponse par des frappes punitives israéliennes sur son infrastructure de tunnels, ses capacités de production de roquettes et ses hauts dirigeants, selon le renseignement militaire.

Ce message du Hamas est visible sur une photo publiée vendredi par le groupe sur ses pages officielles sur les réseaux sociaux, montrant le profil du commandant de la branche armée du groupe, Muhammad Deif, avec la légende : « Il promet, il a tenu ses promesses », se référant à cet ultimatum sur Jérusalem.

Le Hamas a également réussi à s’immiscer dans les actuels conflits internes israéliens qui ont vu des foules arabes et juives descendre dans les rues ces derniers jours, attaquant de manière délibérée et brutale des membres de l’autre groupe ethnique.

Les tirs de roquettes du Hamas vers Jérusalem lundi soir ont été largement perçus comme un échec des services de renseignement de l’armée israélienne. En effet, les responsables militaires israéliens ont soutenu pendant les semaines précédant l’attaque que le Hamas n’était pas intéressé à l’idée d’une guerre. Le renseignement militaire de Tsahal rejette cependant cette allégation, affirmant qu’il avait averti l’échelon politique de la menace d’une attaque du Hamas près d’un mois auparavant, à la mi-avril. Il affirme l’avoir fait alors que des affrontements d’envergure éclataient de façon régulière entre les résidents de Jérusalem-Est et les forces israéliennes, en parallèle de la décision de l’Autorité palestinienne de reporter indéfiniment les élections palestiniennes qui étaient prévues pour mai.

À la suite de cet avertissement, le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a annulé un voyage de haute importance prévu de longue date à Washington, voyage durant lequel il était censé partager renseignements et évaluations israéliens concernant le programme nucléaire iranien et ses offensives dans la région, avec l’administration Biden.

Selon le renseignement militaire, lundi, après avoir jaugé les intentions du Hamas, Tsahal a explicitement averti les dirigeants politiques du pays que le groupe terroriste prévoyait en effet de tirer des roquettes sur Jérusalem, ce qu’il a fait plus tard. Une salve de roquettes a sifflé vers Jérusalem et les collines environnantes juste après 18 heures lundi, prenant une grande partie de la capitale au dépourvu. L’armée n’a pas émis d’avertissements publics malgré ces préoccupations car elle estimait qu’elle disposait de capacités défensives suffisantes pour répondre à une telle attaque. En effet, les roquettes n’ont causé que peu de dégâts dans les villes à la périphérie de la capitale, et n’ont fait aucun blessé.

Tsahal considère que le fait que le Hamas se targue d’être le protecteur de Jérusalem représente un succès substantiel pour le groupe terroriste dans ce chapitre des hostilités. Ceci est perceptible bien que l’armée affirme que ses frappes contre le Hamas et les cibles du Jihad islamique palestinien dans la bande de Gaza ont durement atteint les capacités du groupe terroriste à mener de futures attaques contre l’Etat juif pendant les mois et les années à venir, ce succès dépassant de loin les annonces publiques ou les victoires politiques que le Hamas peut revendiquer.

Bien que 10 personnes en Israël ont été tuées durant les combats jeudi, dont un garçon de 5 ans, le Hamas et le Jihad islamique palestinien ne sont jusqu’à présent pas parvenus à mener des « attaques surprises » en Israël. Les groupes terroristes n’ont pas non plus réussi à mener des raids transfrontaliers ou à attaquer des cibles israéliennes avec des « drones suicides », bien qu’ils ont essayé à plusieurs reprises.

« Nous avons perturbé les plans opérationnels de l’ennemi : nous avons neutralisé la menace d’incursions, intercepté des attaques à l’aide de drones et de véhicules aériens sans pilote et nous avons porté un coup sérieux aux capacités souterraines du Hamas », a déclaré vendredi un officier supérieur de Tsahal aux journalistes, sous couvert d’anonymat.

D’après les évaluations de l’armée, les attaques chirurgicales d’Israël contre le vaste réseau de tunnels de plus de 1 000 kilomètres du Hamas sous la bande de Gaza au cours des quatre derniers jours et demi de combats – en particulier ses frappes aériennes synchronisées tuant un certain nombre de dirigeants du Hamas situés dans cinq bunkers souterrains différents dans les zones opposées de l’enclave en l’espace de 18 minutes mercredi – ont fait craindre au groupe terroriste que cet actif stratégique principal ne devienne un facteur de risque. Peu après minuit jeudi, l’armée israélienne a lancé l’un de ses plus gros bombardements jamais effectués dans la bande de Gaza, visant un vaste réseau souterrain de tunnels baptisé le « métro » par les Israéliens, sous la ville de Beit Lahiya, avec 160 avions tirant simultanément sur quelque 150 cibles.

« Nous avons tué des dizaines de membres de haut rang du Hamas et du Jihad islamique, ce qui a donné à leurs dirigeants la sensation d’être pourchassés. C’est donc très difficile pour eux d’opérer et de continuer à superviser la bataille », a déclaré l’officier supérieur de Tsahal.

Plusieurs hauts dirigeants terroristes ont également été visés lors des frappes de Tsahal, dans certains cas à de multiples reprises, mais en sont sortis indemnes.

Alors que le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont tiré une quantité massive de roquettes vers le sud et le centre d’Israël – environ 2 000 vendredi matin – et qu’ils en ont, mises ensembles, plusieurs milliers d’autres qu’ils sont encore en mesure de tirer, selon les estimations des services de renseignement israéliens, les groupes terroristes ne pourront pas remplacer les projectiles qu’ils tirent car l’armée israélienne a détruit la part du lion de leurs capacités nationales de production. Tsahal a en effet bombardé des dizaines d’installations de fabrication de roquettes et tué 10 des principaux ingénieurs en matière d’armes de la bande de Gaza.

Pourtant, l’armée israélienne estime que les groupes terroristes ont suffisamment de roquettes dans leurs arsenaux pour continuer à se battre pendant au moins encore 60 jours.

L’officier israélien supérieur a déclaré que l’armée israélienne était également préparée à des combats de longue haleine avec la bande de Gaza.

« Nous sommes préparés, avec suffisamment de cibles de haute qualité pour une longue période, pour une longue campagne. Nous continuerons de faire payer un lourd tribut au Hamas », a déclaré l’officier.

En tout, les services de renseignement israéliens estiment avoir tué des centaines de membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien lors de leurs frappes, un nombre bien plus important que ce qui a été rapporté par le ministère de la Santé dirigé par le Hamas dans la bande de Gaza. En effet, de nombreux terroristes touchés dans les attaques israéliennes se trouvaient dans des tunnels et des bunkers, et leurs corps n’en ont pas encore été sortis. Jusqu’à présent, Tsahal a identifié nommément 85 terroristes tués, au moins 20 d’entre eux occupant des postes clés de direction ou des postes techniques, y compris le commandant de la brigade du Hamas à Gaza, Bassem Issa.

Le ministère de la Santé de Gaza a déclaré vendredi qu’au moins 115 Palestiniens avaient été tués dans la bande de Gaza depuis le début des combats, dont 27 mineurs. Les responsables israéliens soutiennent que plusieurs des enfants tués la semaine dernière ont été touchés, non par des frappes de Tsahal, mais par des roquettes tirées depuis Gaza qui n’ont pas réussi à franchir la frontière et ont atterri dans le même territoire.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...