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Un 3e missile tiré d’Iran détruit par l’Otan dans l’espace aérien turc

"On peut expliquer le premier incident, le deuxième peut-être, mais le troisième ? Non. Il ne peut s'agir d'un accident. Cela place Ankara dans une situation très délicate", a affirmé un chercheur

Photo d'illustration : Des traînées sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière de Netanya, sous les tirs incessants de missiles iraniens, le 5 mars 2026. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Photo d'illustration : Des traînées sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière de Netanya, sous les tirs incessants de missiles iraniens, le 5 mars 2026. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Un troisième missile tiré d’Iran a été détruit par l’OTAN dans l’espace aérien turc mais le président Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu’il refusait catégoriquement que la Turquie se laisse entraîner dans la guerre par des « provocations ».

« Un missile balistique tiré d’Iran et entré dans l’espace aérien turc a été neutralisé par les éléments de défense antiaérienne et antimissile de l’Otan déployés en Méditerranée orientale », a affirmé vendredi le ministère turc de la Défense dans un communiqué.

« Des discussions sont en cours avec le pays concerné afin de clarifier tous les aspects de l’incident », a-t-il précisé.

Il s’agit du troisième missile tiré d’Iran en direction de la Turquie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Les deux autres missiles avaient été interceptés par l’Alliance atlantique lundi et la semaine dernière.

« Empêcher que notre pays ne soit entraîné dans ce brasier est notre priorité numéro un », a, dans ce contexte, lancé vendredi M. Erdogan.

« Nous agissons avec une très grande prudence face aux complots, aux pièges et aux provocations qui visent à entraîner notre pays dans la guerre », a affirmé le chef de l’Etat turc, promettant une réponse « appropriée et mesurée ».

Des sirènes ont été entendues dans la nuit à la base aérienne d’Incirlik utilisée par l’Otan, dans la province d’Adana, située dans le sud-est de la Turquie, avait signalé vendredi matin l’agence de presse étatique turque Anadolu.

Des soldats américains sont positionnés dans ces installations militaires, dans le cadre de l’OTAN.

Les habitants d’Adana, qui se trouve à 10 kilomètres de la base, ont été réveillés à 03H25 (00H25 GMT) par des sirènes qui ont retenti pendant environ cinq minutes, selon le site internet d’information économique Ekonomim.

Selon le site d’information en ligne sur la défense SavunmaSanayiST, il pourrait s’agir « des fragments d’un missile balistique » ou de l’intercepteur, qui se seraient consumés à son entrée dans l’atmosphère.

Les médias ont également mentionné le retentissement des sirènes à Batman, 600 kilomètres plus à l’est.

« Situation délicate »

« Aucune munition n’a été tirée d’Iran vers la Turquie », a de son côté assuré l’ambassade de l’Iran en Turquie, précisant que Téhéran est prêt à mettre en place « une équipe technique commune » pour enquêter sur ces incidents.

Mais un tel tir ne peut être accidentel, a répondu Sinan Ulgen, un chercheur travaillant pour Carnegie Europe.

« On peut expliquer le premier incident, le deuxième peut-être, mais le troisième ? Non. Il ne peut s’agir d’un accident. Cela place Ankara dans une situation très délicate », a-t-il dit à l’AFP, précisant que la Turquie devrait trouver une manière de réagir en douceur.

« D’une certaine façon, les pays du Golfe n’ont pas réagi mais la culture politique et militaire de la Turquie est différente. Il s’agit de faire preuve de dissuasion envers l’Iran afin d’éviter une escalade », a-t-il ajouté.

La Turquie a annoncé mardi qu’un système de défense antiaérienne Patriot avait été déployé dans le centre de son territoire, au lendemain de l’interception par l’Otan du deuxième missile tiré d’Iran.

Washington a fermé lundi son consulat général d’Adana et exhorté les citoyens américains à quitter la région.

Plus tard dans la journée, le président iranien Massoud Pezeshkian avait encore nié que le missile ait été tiré de son pays, dans un entretien téléphonique avec M. Erdogan.

Le président turc et chef du Parti de la justice et du développement (AKP), Recep Tayyip Erdogan, prononce un discours lors d’un rassemblement de campagne à Istanbul, en Turquie, le 24 mars 2024, en vue des élections municipales nationales. (Crédit : AP/Francisco Seco)

Elément-clé

Depuis le début de la guerre, la Turquie était relativement épargnée par les missiles et les drones tirés par l’Iran contre plusieurs pays de la région dans le but de toucher des intérêts américains.

La base d’Incirlik est une installation importante de l’Alliance atlantique, utilisée par les militaires américains depuis des décennies, mais qui accueille aussi des soldats espagnols ou polonais, selon son site web officiel.

Des troupes américaines sont également déployées à Kurecik, une autre base turque située pour sa part dans la province centrale de Malatya qui abrite un système radar d’alerte précoce que l’Otan qualifie d’élément-clé » de son bouclier antimissile et qui peut détecter les tirs de missiles iraniens.

Bien qu’Ankara ait catégoriquement nié que les données de ce radar aient jamais été utilisées pour aider Israël, sa présence inquiète Téhéran.

L’OTAN a détruit un premier missile le 4 mars, affirmant en avoir détecté le départ, confirmé la trajectoire et l’avoir intercepté « en moins de 10 minutes ».

Le lendemain, elle a déclaré avoir renforcé son dispositif de défense antimissile balistique « à l’échelle de l’alliance », sans fournir davantage de précisions.

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