Un bénévole décrit comment il a sauvé un garçon à Meron
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Un bénévole décrit comment il a sauvé un garçon à Meron

Yoel Schlezinger, qui participe aux services d'accueil lors de la fête annuelle de Lag B'Omer, dit avoir versé de l'eau sur la foule afin d'arrêter le mouvement mortel

Capture d'écran de la vidéo de Yoel Schlezinger décrivant les événements au mont Meron, le 2 mai 2021. (Twitter)
Capture d'écran de la vidéo de Yoel Schlezinger décrivant les événements au mont Meron, le 2 mai 2021. (Twitter)

Un homme ultra-orthodoxe a été salué comme un héros lundi, alors que des détails sont apparus sur la façon dont il a tiré un jeune garçon pour le mettre en sécurité lors du mouvement de foule survenu lors de la fête religieuse de la semaine dernière, qui a fait 45 morts et plus de 150 blessés.

Yoel Shlezinger, de Beitar Illit, se porte volontaire depuis des années au mont Meron pour aider aux services d’accueil, notamment en distribuant de la nourriture et des boissons aux pèlerins lors de la fête annuelle de Lag BaOmer.

Mais cette année, il s’est retrouvé à assister à la catastrophe qui se déroulait sous ses yeux et, prenant l’initiative, il a fait de son mieux pour aider.

La tragédie s’est produite tôt dans la nuit de jeudi à vendredi, alors que des milliers de personnes s’engouffraient dans une étroite passerelle recouverte d’un plancher métallique humide, provoquant la chute de certaines personnes vers la sortie. Certaines personnes sont apparemment tombées sur la passerelle et ont dévalé une volée d’escaliers à son extrémité, tombant sur ceux qui se trouvaient en dessous et précipitant un effet domino mortel.

Les forces de secours et la police se trouvent sur les escaliers où un grand nombre de personnes ont été écrasées et blessées lors des célébrations de la fête de Lag BaOmer sur le mont Meron, dans le nord d’Israël, le 30 avril 2021. (David Cohen/Flash90)

Dans une vidéo partagée sur les médias sociaux, M. Schlezinger a décrit comment, vendredi dernier, il était comme d’habitude en train d’aider à accueillir les participants au festival. Dans les minutes qui ont précédé la catastrophe, il a pris quelques minutes pour prier seul, a-t-il dit.

Puis il a entendu les cris – « quelque chose que je n’ai pas l’habitude d’entendre, quelque chose que personne au monde n’a l’habitude d’entendre », se souvient-il.

Shlezinger a immédiatement couru vers une ouverture dans le mur métallique de la passerelle où, en se penchant à l’intérieur, il pouvait apercevoir les gens en dessous de lui.

À droite, des centaines de personnes descendaient la pente, a-t-il dit, et à gauche, c’était le chaos – « quelque chose d’hors du commun ».

De son poste, il a vu un homme tomber et, même avec l’aide d’autres personnes, lutter pour reprendre pied. Les médecins qui sont arrivés pour s’occuper de l’homme n’ont pas pu l’atteindre à cause de la foule, a-t-il dit.

Shlezinger a commencé à crier à ceux qui se trouvaient plus haut sur la pente pour qu’ils s’arrêtent, mais le bruit de la foule et de la musique l’empêchait d’être entendu. Il a également essayé d’appeler la police pour qu’elle ouvre un espace supplémentaire.

En dessous de lui, il a entendu des gens réclamer de l’eau et a donc couru pour apporter une caisse de bouteilles d’eau, qu’il a ensuite jetées depuis le hublot aux personnes coincées sur la passerelle.

Il a alors vu un homme avec son fils juché sur ses épaules. Lui criant qu’il fallait sauver le garçon, il a essayé d’atteindre l’enfant.

« J’ai bloqué mon genou dans le cadre de la fenêtre et j’ai tendu le bras vers lui. Je n’ai pas réussi à attraper son aisselle, j’ai attrapé sa main et je me suis projeté en arrière en direction du cadre de la fenêtre », a-t-il déclaré.

Après avoir mis le garçon en sécurité, Shlezinger dit l’avoir serré dans ses bras pendant dix secondes.

« Il pleurait. C’était bien, ça voulait dire qu’il allait bien », a-t-il dit.

Puis il est revenu pour reprendre ses tentatives de sauvetage des personnes encore coincées à l’intérieur. Lorsqu’il a atteint la fenêtre, il pouvait déjà voir les personnes situées en bas de la passerelle tomber, mais celles situées plus haut n’entendaient pas ses cris leur demandant d’arrêter de descendre.

Réalisant qu’il devait attirer leur attention, Shlezinger a dit qu’il a ouvert une bouteille d’eau et a commencé à l’asperger sur les gens en bas, ce qui les a poussés à lever les yeux vers lui.

Je leur ai fait signe : « Dégagez l’espace, vous êtes en train de tuer des gens », a-t-il dit.

Suite à cela, la foule a commencé à remonter la passerelle, a-t-il dit, tout en soulignant que ses efforts n’étaient pas les seuls, mais aussi ceux des bénévoles de la fête qui se sont mobilisés, ainsi que ceux d’un policier qui a réussi à ouvrir la porte d’une pièce latérale, permettant aux gens d’entrer et de relâcher la pression.

« Cela semble être la pire des tragédies mais cela aurait pu être bien pire », a-t-il déclaré. « Il aurait pu y avoir deux ou trois cents [morts] », a-t-il ajouté, saluant l’action rapide de ceux qui sont intervenus face au déroulement de la tragédie.

Les efforts de Shlezinger pour sauver des vies ont d’abord été soulignés par le journaliste ultra-orthodoxe Ariel Elharar, qui a publié dimanche une image de l’intérieur de la passerelle montrant Shlezinger, assis à califourchon sur un cadre de fenêtre, au-dessus de la foule.

À la suite de la catastrophe, l’image qui se dégage est celle d’une infrastructure prise dans un bras de fer de plusieurs années entre diverses autorités, communautés religieuses et groupes d’intérêt, qui l’a privée d’une surveillance adéquate et unifiée de la part de l’État, alors même que des signaux d’alarme étaient constamment tirés quant à son potentiel de catastrophe.

Le contrôleur de l’État a annoncé lundi qu’il y aurait une enquête spéciale sur l’incident, la pire catastrophe civile en Israël.

La police israélienne a également ouvert une enquête.

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