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Un enseignant juif américain accusé de 25 crimes sexuels

William Zev Steen, professeur à Baltimore, à été arrêté pour des crimes remontant à 2008, dans le cadre d’une enquête sur un réseau de partage de fichiers pédopornographiques

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

William Zev Steen. (Capture d’écran/YouTube, utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)
William Zev Steen. (Capture d’écran/YouTube, utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)

Un professeur d’une école juive de Baltimore, dans le Maryland, est accusé de plusieurs crimes sexuels, et notamment de viol, d’agression et de possession et diffusion de pédopornographie.

Suite à son arrestation, William Zev Steen a été licencié de son poste de professeur de sciences au lycée Bnos Yisroel de Baltimore, où un de ses enfants avait été scolarisé.

Âgé de 44 ans, Steen a également été démis de ses fonctions de directeur d’une entreprise spécialisée dans l’installation de logiciels de filtrage pour téléphones de Juifs pratiquants.

Les forces de l’ordre ont interpelé Steen dans le cadre d’une enquête sur un réseau de partage de fichiers pédopornographiques, en juillet dernier. Ils ont ainsi identifié une adresse IP impliquée dans le réseau, qui leur a permis de remonter jusqu’à l’adresse personnelle et au compte de messagerie de Steen.

Selon les documents d’accusation, la police a effectué une perquisition au domicile de Steen le 3 novembre dernier et l’a interrogé.

Il a admis utiliser un réseau de partage de fichiers et reconnu qu’un Macbook connecté à des fichiers illégaux lui appartenait.

Les agents ont trouvé d’autres éléments de preuve au cours de la fouille, dont une carte mémoire micro SD contenant de la pornographie juvénile, qui se trouvait dans un sac, à côté de sa pièce d’identité professionnelle.

Les fichiers avaient été supprimés de la carte SD, mais les enquêteurs ont pu les récupérer.

On ignore à ce stade si Steen utilisait la carte au travail : il n’existe aucun lien avéré à ce stade avec l’école ou son travail.

Steen fait face à 15 chefs d’accusation liés à de la pédopornographie, qui lui ont été notifiés le 5 novembre dernier. Il a été libéré sous caution.

La semaine passée, 10 autres chefs d’accusation sont venus s’ajouter, comme le viol, l’abus sexuel sur mineur, l’agression et la maltraitance d’enfants, en raison de preuves supplémentaires trouvées lors de la perquisition.

Selon les documents de l’accusation, les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu en 2008.

Steen, actuellement en détention, devrait comparaître pour la première fois le mois prochain.

Bnos Yisroel, une école pour filles, a informé de l’affaire les parents d’élèves et ses personnels dans deux courriels après en avoir été informée par la police de Baltimore.

L’école a déclaré avoir « immédiatement mis fin » au contrat de Steen et contacté des professionnels du droit et de la santé mentale pour obtenir des conseils et travailler avec la police.

Un travailleur social s’est entretenu avec les élèves et l’école a prévu une rencontre avec les parents pour évoquer la question.

Steen a également été directeur du Technology Awareness Group (TAG) Baltimore, ONG à but non lucratif qui aide les familles religieuses à se doter de téléphones « casher », dont l’accès à Internet est restreint, par exemple par des logiciels de filtrage.

TAG Baltimore a annoncé que Steen n’était « plus associé » à l’entreprise, sans fournir plus d’explication.

Steen déclarait, dans une vidéo de juin 2020 destinée à collecter des fonds pour TAG Baltimore, que l’association avait satisfait plus de 600 demandes depuis le début de la pandémie, quelques mois plus tôt.

« TAG Baltimore n’a jamais autant travaillé pour assurer la sécurité du plus grand nombre », assurait-il.

L’association de Baltimore fait partie du réseau international de TAG, qui compte des représentants aux États-Unis, en Israël ainsi que dans d’autres pays.

TAG Baltimore n’a pas répondu à une demande de commentaire et la police de Baltimore a indiqué ne pas être autorisée à évoquer une affaire en cours.

Mark Ostrowski, responsable de l’ingénierie chez Check Point, une société de cybersécurité, explique que Steen a pu avoir un accès complet aux appareils de ses clients, en leur installant le fameux logiciel et peut-être même un logiciel de contrôle d’accès à distance lui donnant un accès continu.

Ostrowski souligne qu’il ne connaît pas les détails de l’affaire Steen et qu’il ne peut en conséquence pas tirer de conclusions définitives sur la question.

« Une fois que vous donnez à quelqu’un accès à votre appareil, tout lui devient accessible. C’est comme s’il était chez vous et qu’il fouillait dans vos placards, votre cuisine, vos armoires », précise-t-il.

« On fait confiance à des associations qui nous aident à résoudre les problèmes liés aux appareils électroniques, au cas particulier en installant un logiciel de filtrage. Si cette association trahit votre confiance, c’est un gros problème parce que vous lui avez confié les clés de chez vous », ajoute-t-il.

Les appareils Android sont les plus sensibles aux logiciels malveillants, suivis des iPhones. Les téléphones à clapet, quant à eux, ne sont généralement pas assez sophistiqués pour les logiciels malveillants, explique Ostrowski.

Il recommande à toute personne ayant des inquiétudes au sujet de ses appareils de réinitialiser son téléphone avec les paramètres d’usine, ou au moins d’inventorier toutes les applications installées.

Zaakah, groupe de défense new-yorkais des victimes d’agression sexuelle au sein de la communauté juive orthodoxe, a été le premier à publier des informations sur l’affaire Steen.

Selon le profil LinkedIn de Steen, il travaillait chez Bnos Yisroel depuis cinq ans et chez TAG depuis quatre ans. Il dirigeait également une entreprise de cybersécurité appelée MirageID. Il dit avoir fondé plusieurs start-ups technologiques avant d’occuper ces postes.

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