Un État membre d’Interpol arrête un fugitif à la demande des Palestiniens
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Un État membre d’Interpol arrête un fugitif à la demande des Palestiniens

Un haut responsable de Ramallah a affirmé que l'AP ne demandait pas l'extradition d'Israéliens par l'intermédiaire de l'organisation internationale de la police

Le siège d'Interpol à Lyon, en France. (Crédit : Massimiliano Mariani/CC BY-SA/Wikipedia)
Le siège d'Interpol à Lyon, en France. (Crédit : Massimiliano Mariani/CC BY-SA/Wikipedia)

Pour la deuxième fois, un Etat membre d’Interpol a arrêté un fugitif à la demande de l’Autorité palestinienne au début du mois, a déclaré un haut fonctionnaire du Bureau du Procureur général de l’AP.

Malgré l’opposition d’Israël, l’Autorité palestinienne a été admise au sein d’Interpol, l’organisation internationale de police, en septembre 2017.

Après qu’Interpol a informé ses Etats membres d’un mandat d’arrêt palestinien contre le fugitif, accusé de vol, les autorités jordaniennes l’ont interpellé et extradé en Cisjordanie, a déclaré Ibrahim Hamouda, chef du dossier Interpol dans les bureaux du Procureur Général de l’AP, dans une récente interview au Times of Israel.

Interpol a informé ses Etats membres du mandat d’arrêt à la suite d’une demande de l’AP, a-t-il dit.

Photo d’illustration de l’encombrée place Manara, l’une des rues principales du centre ville de Ramallah. (Crédit : Michal Fattal/Flash90)

A la mi-août, un autre Etat membre d’Interpol a arrêté un fugitif condamné pour viol sur ordre de l’AP.

Le communiqué du bureau du procureur général de l’Autorité palestinienne à l’époque n’indiquait ni le nom du condamné ni l’État membre d’Interpol qui l’avait arrêté. Toutefois, il a mentionné qu’il avait été arrêté dans un aéroport international.

Hamouda a déclaré que l’AP a demandé à Interpol d’informer ses Etats membres des mandats d’arrêt lancés contre une centaine de fugitifs palestiniens.

Lorsqu’on lui a demandé si la liste comprenait Mohammad Dahlane, l’un des principaux rivaux du président de l’AP Mahmoud Abbas, Hamouda a répondu qu’il ne pouvait pas révéler les noms des personnes concernées.

En septembre 2017, un haut responsable de l’AP avait déclaré à l’Associated Press que les Palestiniens tenteraient d’extrader Dahlane vers la Cisjordanie via Interpol.

Fin 2016, un tribunal de l’AP a condamné Dahlane par contumace à trois ans de prison pour corruption. A l’époque, Sevag Torossian, l’un des avocats de Dahlane, avait déclaré à l’AFP que la décision du tribunal faisait partie du « ‘plan de liquidation’ d’Abbas contre ses opposants ».

Dahlane a fui la Cisjordanie en 2011 après une descente des forces de sécurité de l’AP dans sa maison dans la région de Ramallah.

Lors d’un appel téléphonique mercredi, M. Torossian a déclaré que l’extradition de M. Dahlane constituerait une violation du mandat d’Interpol.

Mohammad Dahlane, lors d’une interview accordée à l’Associated Press dans son bureau de Ramallah, en Cisjordanie, le 3 janvier 2011. (AP Photo/Majdi Mohammed, Dossier)

« Extrader M. Dahlane politiserait le travail d’Interpol et constituerait une violation de l’article 3 de son traité », a-t-il déclaré.

L’article 3 de la Constitution d’Interpol stipule ce qui suit : « Il est strictement interdit à l’Organisation d’entreprendre toute intervention ou activité à caractère politique, militaire, religieux ou racial. »

Hamouda a également déclaré que l’AP n’a pris aucune mesure pour poursuivre l’extradition des Israéliens par Interpol.

« Nous ne poursuivons aucun Israélien, » a-t-il dit. « Nous ne pouvons poursuivre que les personnes que nous pouvons poursuivre devant les tribunaux palestiniens. Selon les accords d’Oslo, les Israéliens ne peuvent être traduits devant un tribunal palestinien. »

Les accords d’Oslo II signés en 1995 stipulent ce qui suit : « La juridiction territoriale et fonctionnelle de l’Autorité palestinienne s’appliquera à toutes les personnes, à l’exception des Israéliens, sauf disposition contraire du présent accord. »

À la fin de l’année dernière, le chef de la police de l’AP, Hazem Atallah, a déclaré aux journalistes que l’AP ne demanderait pas l’extradition d’Israéliens par Interpol.

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