Un général de Tsahal défend l’usage des balles réelles à Gaza
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Un général de Tsahal défend l’usage des balles réelles à Gaza

Herzi Halevi a déclaré à des experts que l'armée enquête sur chaque balle tirée, maie que les armes moins létales sont inefficaces

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens se rassemblent sur une position le long de la frontière avec la bande de Gaza, près du kibboutz de Nahal Oz, au sud d'Israël, le 30 mars 2019, alors que des Palestiniens (en arrière-plan) manifestent pour le premier anniversaire des manifestations de "La Marche du retour". (Jack Guez/AFP)
Des soldats israéliens se rassemblent sur une position le long de la frontière avec la bande de Gaza, près du kibboutz de Nahal Oz, au sud d'Israël, le 30 mars 2019, alors que des Palestiniens (en arrière-plan) manifestent pour le premier anniversaire des manifestations de "La Marche du retour". (Jack Guez/AFP)

Le chef du commandement militaire du Sud a défendu mardi l’usage des tirs à balles réelles en réponse aux émeutes le long de le frontière gazaouie au cours de l’année écoulée, affirmant qu’aucune alternative convenable moins létale n’avait été trouvée.

« Si j’avais un vœu à faire, ce serait celui d’avoir de meilleures armes non létales », a déclaré le général de division Herzi Halevi, durant une discours à une conférence internationale à Herzliya.

Depuis le 30 mars 2018, les Palestiniens de Gaza participent à des émeutes frontalières hebdomadaires, qui ont pris une tournure violente, avec notamment des lancers de pierres et d’explosifs en direction des soldats israéliens stationnés de l’autre côté de la frontière, des tentatives d’infiltration et des dégradations de la clôture de sécurité. Certains tireurs d’élite palestiniens ont également visé des troupes israéliennes à la frontière. En réponse à cela, les soldats israéliens ont eu recours à des gaz lacrymogènes, et dans certains cas, à des tirs à balles réelles. Au moins 200 Palestiniens ont été tués lors des émeutes.

Israël a fait l’objet de critiques de la part de la communauté internationale pour son usage de tirs à balles réelles face à des émeutiers non-armés.

Halevi a déclaré que l’armée israélienne se conforme aux strictes règles d’engagement pour les soldats et ces derniers doivent obtenir l’approbation de leurs supérieurs avant de tirer, et que chaque balle tirée fait l’objet d’une enquête.

Le chef du commandement du sud le général de division Herzi Halevi, durant une conférence à Herzliya le 28 mai 2019. (Crédit : armée israélienne)

« Nous n’avons pas de résultats pour chaque balle, parce que les conditions sont difficiles [à la frontière] », a-t-il dit, en référence aux nuages de fumée, aux foules et à la confusion générale.

« Mais nous n’avons pas – je n’ai pas dit ‘pas encore’, j’ai dit que nous n’avons pas – déterminé une seule fois où un soldat a décidé de tirer dans la foule, même lors de journées difficiles », a déclaré Halevi.

Selon Halevi, l’armée a recours aux armes moins létales dont elle dispose et a contacté des pays étrangers pour acheter des équipements et tenter de développer de nouveaux outils pour réagir aux émeutes.

Il s’agit notamment des balles en caoutchouc, qui n’ont pas une portée suffisante ; d’un gaz à l’odeur nauséabonde, appelée Skunk, qui ne fonctionne pas dans les zones ouvertes à la frontière ; et plus récemment un camion avec un haut-parleur qui peut être utilisé contre les émeutiers, et qui s’est révélé inefficace.

Le gaz lacrymogène, qu’Israël continue à utiliser à la frontière, est souvent inefficace quant le vent provenant de la Méditerranée fait revenir les projections vers Israël.

An Israeli soldier fires a tear gas canister at rioters east of the Gaza city of Rafah in the southern Strip during Nakba Day protests on May 15, 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Il a été question d’importer un système de fabrication américaine appelé Active Denial System, qui utilise la chaleur micro-ondes pour chauffer la peau de ceux qui sont visés et les forcer à reculer, mais les Etats-Unis ont fait savoir que cette arme n’avait pas suffisamment été testée sur des sujets humains.

Selon Halevi, le nombre de blessés palestiniens lors des émeutes a baissé ces derniers mois. Il a explique que cela était dû au fait que le « Hamas a décidé de mettre ses troupes à la frontière. Ils en ont la responsabilité, pas nous. »

En effet, des officiers du Hamas en uniforme ont été repérés durant les récentes manifestations ces dernières semaines, et maintiennent les émeutiers à distance de la frontière.

Halevi s’est exprimé durant la troisième conférence internationale de Tsahal sur le Droit dans le Conflit Armé, qui se déroule cette semaine.

Le général a abordé les défis auxquels fait face l’armée, à la fois lors des émeutes et lors des échanges de tirs entre Israël et les groupes terroristes de Gaza, parce que des agents terroristes sont souvent mêlés dans des groupes de civils, « comme un poisson dans l’eau ».

Halevi a déclaré que de nombreux Palestiniens non-combattants se retrouvent en ligne de mire.

Photo de la scène où une voiture a été frappée par une roquette tirée de la bande de Gaza à proximité de la frontière entre Israël et Gaza le 5 mai 2019. (Noam Rivkin Fenton/Flash90)

Il a donné l’exemple des deux jours de tensions entre Israël et les groupes terroristes au début du mois quand un missile anti-char a frappé une voiture israélienne.

Selon Halevi, le missile qui a frappé la voiture de Moshe Feder et qui l’a tué a été lancé par le Hamas « depuis un appartement situé dans un immeuble de plusieurs étages ».

Il a expliqué que l’armée savait en amont que l’attaque viendrait de cet immeuble résidentiel, et elle aurait été en droit de bombarder la structure, malgré la probabilité de faire des victimes civiles.

Halevi a évoqué la menace que représentent les groupes palestiniens qui lancent des dispositifs aériens incendiaires et explosifs sur le sud d’Israël. Ils ont causé des dégâts considérables aux biens et au territoire israéliens, et fait quelques blessés légers. Il a expliqué qu’Israël ne sait pas comment il doit réagir à ces attaques.

« Quelle est la proportionnalité pour cela ? », a-t-il demandé.

Halevi a proposé que l’armée lance ses propres dispositifs incendiaires sur Gaza, avec ses avions de transport militaire C-130 Hercules, pour répondre aux attaques incendiaires.

« Mais nous avons décidé de ne pas le faire », a-t-il dit. « Nous avons besoin d’entendre la communauté internationale condamner [ces attaques depuis Gaza]. »

Halevi a déclaré que son objectif à cette conférence, à laquelle des représentants de 80 armées, universités et organisations internationales de 20 pays assistaient, était de faire « réfléchir » l’auditoire « aux défis auxquels nous faisons face ».

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