Un haut-responsable du ministère du Logement accusé de corruption
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Un haut-responsable du ministère du Logement accusé de corruption

Gadi Reibuch aurait encaissé des dizaines de millions de shekels de la part d'entrepreneurs et aurait blanchi ses gains illicites grâce à des proches

Illustrations de billets israéliens Crédit: Sophie Gordon/Flash 90)
Illustrations de billets israéliens Crédit: Sophie Gordon/Flash 90)

Un haut-responsable du ministère de la Construction et du Logement a été inculpé mardi, pour avoir reçu des dizaines de millions de shekels de pots-de-vin de la part d’entrepreneurs en échange d’ententes sur des appels d’offres.

Gadi Reibuch, chef du département technique au bureau du district central du ministère, est soupçonné d’avoir utilisé des proches pour blanchir et dissimuler des fonds perçus illégalement.

La police a découvert des centaines de milliers de shekels en liquide à son domicile et un montant similaire en devises étrangères — dollars, livres sterling, euros et zlotys — dont l’autorité fiscale n’avait pas connaissance, a fait savoir l’acte d’inculpation.

Reibuch, impliqué dans l’octroi d’appels d’offres ministériels massifs, avait été arrêté une première fois au moins de juin par une équipe conjointe d’enquêteurs issus de l’unité de la police nationale israélienne chargée de combattre les délits économiques et de l’Autorité fiscale. Après sa libération, il avait reçu pour instruction de ne plus s’approcher de son bureau.

Il a été une nouvelle fois appréhendé au mois de décembre après l’arrestation de plusieurs autres suspects.

Entre les deux arrestations, il aurait ordonné à deux des personnes ayant déposé de l’argent pour lui de mentir à la police si elles venaient à être interrogées, et de dire que les liquidités concernaient des investissements commerciaux ou des sommes liées à des frais de mariage. Les deux individus avaient accédé à cette requête et auraient fait des déclarations mensongères aux enquêteurs.

Jeudi, les procureurs du district central ont présenté une liste de charges incluant des faits de corruption de grande ampleur pendant plusieurs années, avec notamment des octrois d’appels d’offres en échange de pots-de-vin, du blanchiment d’argent et la dissimulation des montants perçus dans les rapports à destination des Autorités fiscales, comme la loi l’exige.

A une autre occasion, Reibuch aurait reçu des dizaines de milliers de dollars d’une entreprise de génie civil et, en retour, lui aurait octroyé un appel d’offres concernant des travaux sur un projet qui devait prendre place dans la ville de Rosh Haayin pour un montant de 1,2 millions de shekels.

Dans un autre cas, après qu’un employé du département comptable lui a montré les factures d’un entrepreneur qui semblaient bien trop élevées, Reibuch aurait recommandé à son subordonné d’approuver les paiements, ce qui avait coûté au ministère la somme de 100 000 shekels supplémentaires par rapport à la somme due. Il avait ensuite placé des enveloppes remplies d’argent dans le tiroir de son employé, lui disant de ne pas poser de questions.

Reibuch est soupçonné d’avoir placé les fonds reçus sur divers comptes pour les dissimuler et pour éviter de les déclarer à l’Autorité fiscale.

Reibuch aurait ainsi blanchi plus de 5,5 millions de shekels par le biais d’amis et de sa famille. Il aurait donné à l’un de ses proches la somme d’environ 870 000 dollars en shekels et en dollars, que ce proche aurait changé à un bureau de change de devises.

Les procureurs ont demandé la confiscation de 16 millions de shekels sur les avoirs de Reibuch en biens et liquidités sous diverses dénominations, ainsi que deux voitures.

Les avocats de la défense de Reibuch ont déclaré que le dossier avait été gonflé et qu’il se basait sur des preuves subjectives soumises par des personnes désireuses de nuire à son client.

L’un des avocats, Ofer Rahmani, a déclaré que les affirmations originales portant sur des dizaines de millions de shekels étaient liées à quatre accusations d’infractions pour un montant de 200 000 à 300 000 shekels, ajoutant que Reibuch a de bonnes explications à fournir dans chacune de ces affaires.

Rahmani a précisé que le dossier est « un exemple de la manière dont les agences chargées de l’application de la loi peuvent faire tomber et laminer une personne sans base aucune ».

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