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Un journaliste palestinien blessé par un extrémiste israélien dans une manifestation

Les faits ont eu lieu mercredi devant l'hôpital Shamir, où est soigné un détenu palestinien alors que des militants israéliens manifestaient contre sa libération

Capture d'écran du direct réalisée par la chaine Al Ghad le 5 janvier 2022 et montrant l'agression de Faiz Abu Rmeleh, un photographe de l'agence de presse turque Anadolu par un militant juif d’extrême-droite.
Capture d'écran du direct réalisée par la chaine Al Ghad le 5 janvier 2022 et montrant l'agression de Faiz Abu Rmeleh, un photographe de l'agence de presse turque Anadolu par un militant juif d’extrême-droite.

Une vidéo datée de mercredi dernier et largement diffusée sur les réseaux sociaux montre un militant juif d’extrême droite agresser un journaliste palestinien devant l’hôpital Shamir, où est soigné un détenu palestinien.

Détenu en Israël sans charges depuis octobre 2020, Hisham Abu Hawash avait entamé une grève de la faim il y a 143 jours. Il y a mis fin mardi suite à la conclusion d’un accord entre ses avocats et Israël. Sa détention administrative prendra fin et ne sera pas renouvelée. En raison de son état, il ne devrait sortir de l’hôpital que dans deux mois environ, a précisé la Douzième chaîne israélienne.

La décision israélienne a été vivement critiquée. Selon le Shin Bet, Hisham Abu Hawash est un membre du Jihad islamique impliqué dans des activités terroristes. Il a déjà été emprisonné pour avoir aidé d’autres Palestiniens ayant commis des attaques contre des soldats israéliens.

Mercredi soir, des manifestants d’extrême droite se sont donc rassemblés devant l’hôpital. C’est alors que Faiz Abu Rmeleh, un photographe palestinien travaillant pour l’agence de presse turque Anadolu, a été pris à partie par un militant.

Sur la vidéo relayée sur les réseaux sociaux, on voit le ton monter entre les deux hommes. Face à l’homme israélien qui se rapproche agressivement de lui, le journaliste le repousse. L’agresseur lui assène alors deux coups-de-poing jusqu’à le faire tomber à terre.

Le journal israélien Haaretz a rapporté que le militant avait ensuite pris la fuite. Selon les dernières informations publiées, la police a inspecté les lieux, sans localiser le suspect.

Faiz Abu Rmeleh a été évacué à l’hôpital avec des contusions sur la tête. Il a l’intention de porter plainte dès sa sortie de soins.

Haaretz a rapporté que l’agression avait été précédée d’un affrontement entre Faiz Abu Rmeleh et deux manifestants qui ont tenté de perturber la diffusion de la chaîne d’information émiratie Al Ghad. « Nous étions à l’antenne et ils nous ont entendu parler arabe », a déclaré la journaliste d’Al Ghad, Iman Jabour, à Haaretz. « Ils se sont avancés vers nous avec l’intention de perturber et de proférer des insultes pendant l’émission, et ils ont parlé entre eux de mon photographe, qui est Arabe. »

Voyant la tension monter, Faiz Abu Rmeleh a alors décidé de documenter l’incident.

« L’un d’eux est venu me voir et m’a demandé pour qui je travaillais. Je lui ai dit que je travaillais pour Anadolu, une société de médias étrangère », s’est souvenu Abu Rmeleh, interrogé par Haaretz. « Il m’a dit : ‘Tu es un menteur, et vous êtes tous des menteurs’, et il a commencé à s’avancer vers moi. Je lui ai dit de rester loin de moi à cause de la COVID, et que je n’avais aucun problème avec lui. Il m’a parlé en russe, pensant que j’étais russe. Quand je lui ai dit que je ne comprenais pas ce qu’il disait, il l’a répété en hébreu : ‘Va-t’en, je vais te tuer.’ Après ça, il m’a frappé. »

Selon Abu Rmeleh, ils se sont approchés après avoir vu une écriture arabe sur le micro d’Al Ghad.

Pendant que l’agresseur s’enfuyait, l’autre manifestant qui l’accompagnait est resté à la manifestation et n’a pas été arrêté. « J’ai dit aux policiers que l’un d’eux était resté, mais ils ont dit qu’ils ne voyaient rien. Ils n’ont arrêté aucun d’eux », a déclaré Iman Jabour du média Al Ghad à Haaretz.

Itamar Ben Gvir, chef du parti Otzma Yehudit donne une conférence de presse à Jérusalem, le 26 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Cette manifestation avait notamment été encouragée par le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir du Parti sionisme religieux. « Arrêter la capitulation du gouvernement israélien face au terrorisme. Bennett et Gantz se sont rendus à la demande des partisans du terrorisme à la Knesset et ont ordonné la libération du terroriste en grève de la faim Abu Hawash. Nous viendrons à l’hôpital et exigerons que la disgrâce cesse », a-t-il écrit mercredi dans un communiqué.

Les résidents d’implantations se rendent régulièrement coupables de violences, notamment contre les Palestiniens en Cisjordanie, contre la police israélienne ou contre les journalistes – qu’ils soient Israéliens, Palestiniens ou étrangers.

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