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Lapid : la violence de certains résidents des implantations « entache » Israël

Dans une interview accordée avant les tensions au sein de de la coalition sur la question, le ministre des Affaires étrangères avait dénoncé les "hooligans violents"

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s'exprime lors d'une réunion de sa faction à la Knesset, à Jérusalem, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, s'exprime lors d'une réunion de sa faction à la Knesset, à Jérusalem, le 4 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, a déclaré à un périodique américain, au début du mois, que la violence des résidents d’implantations était « une tache sur Israël », alors que l’on constate une nette augmentation des attaques violentes d’extrémistes israéliens contre des Palestiniens.

Lapid a fait ces commentaires lors d’une interview accordée à The Atlantic et qui a été publiée mercredi.

Ces derniers jours, des frictions ont eu lieu au sein de la coalition après que le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev (parti Travailliste), a annoncé avoir discuté de la « violence des résidents des implantations » avec une diplomate américaine en visite en Israël cette semaine.

« Quiconque attaque des personnes innocentes est un hooligan et un criminel et sera traité comme tel », a déclaré Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid. « Il va y avoir une tolérance zéro à l’égard de cette question. J’ai eu une longue conversation avec notre ministre de la Défense [Benny Gantz], qui est en train de créer son propre groupe de travail pour s’assurer que cela cesse. »

(G) Le ministre de la Sécurité Publique Omer Barlev lors d’une réunion à la Knesset, le 13 septembre 2021 et (D) le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une réunion à la Knesset, le 19 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi ; Yonatan Sindel/Flash90)

Le mois dernier, le ministre de la Défense Benny Gantz a en effet tenu une réunion de haut niveau avec les principaux représentants des forces de sécurité du pays pour discuter du problème, appelant l’armée à intervenir avant que quelqu’un ne soit tué.

Selon un reportage publié mercredi, Gantz et Barlev ont aussi convenu d’incorporer des centaines de soldats de l’armée israélienne dans la police, afin que davantage de policiers puissent être redirigés vers la Cisjordanie pour aider à endiguer la violence de certains résidents d’implantations extrémistes.

En 2020, le Shin Bet a enregistré 272 incidents violents en Cisjordanie ; jusqu’à présent en 2021, l’agence de sécurité intérieure en a enregistré 397, et il reste deux semaines avant la fin de l’année.

Les groupes de défense des droits des pro-palestiniens affirment que les agresseurs sont rarement poursuivis, signalant que la grande majorité des affaires sont classées sans déboucher sur une mise en examen.

Des hommes masqués, qui auraient été des habitants d’implantations israéliennes, armés de bâtons pendant une attaque contre des Palestiniens qui récoltaient des olives aux abords de Surif, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)

Lapid a souligné auprès de The Atlantic que la question de la violence des résidents des implantations était une priorité à ses yeux.

« Je refuse d’en parler comme d’une question politique, parce que cela flatte [les auteurs des violences] », a déclaré le centriste. « Il ne s’agit pas d’une prise de position politique. Ce sont des hooligans violents qui essaient de donner une tournure politique au fait qu’ils ne sont que cela. Nous parlons de criminels pour lesquels ‘l’idéologie’ et la ‘politique’ ne sont que des excuses. »

Lapid a déclaré qu’il souhaitait souligner que la violence ne devrait pas non plus être considérée comme une question religieuse, et a cité une interview qu’il a lue de la militante lauréate du prix Nobel Malala Yousafzai, qui a été ciblée pour avoir fait campagne pour l’éducation des filles au Pakistan.

« On l’a interrogée sur les personnes religieuses qui lui ont tiré une balle dans la tête pour des raisons religieuses. Elle a répondu : ‘Ils ne me tiraient pas dessus pour des raisons religieuses. C’étaient des gens qui voulaient tirer sur d’autres personnes et qui utilisaient la religion comme excuse' », a cité Lapid. « C’est la même chose. Ce sont des criminels et ils doivent être traités comme tels. Il devrait y avoir une tolérance zéro envers eux et il y aura une tolérance zéro envers eux de la part du gouvernement israélien. »

Malala Yousafzai (Crédit : WOLE EMMANUEL / AFP)

L’aile droite du gouvernement a accusé cette semaine Barlev de généraliser les actions de quelques extrémistes pour condamner une communauté entière. Certains députés de l’opposition ont également critiqué Barlev pour ses remarques.

Mardi, Barlev a répondu en invitant ses détracteurs à « se regarder dans le miroir » et a affirmé que la violence de la part de certains résidents d’implantations devenait un problème sur la scène internationale, les gouvernements étrangers s’y intéressant.

Mardi, le Premier ministre Naftali Bennett a tacitement rejoint ceux qui critiquent Barlev.

« Les résidents des implantations de Judée et Samarie subissent la violence et le terrorisme, quotidiennement, depuis des décennies », a tweeté Bennett, faisant référence à la Cisjordanie. « Ils sont le rempart défensif pour nous tous, et nous devons les renforcer et les soutenir, en paroles et en actes. »

Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, avec le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev lors d’une cérémonie de la police à Tel Aviv, le 9 novembre 2021. (Yossi Aloni/Flash90)

Nir Orbach (Yamina) a déclaré mercredi qu’il bloquerait, au sein de sa commission, les projets de loi émanant de membres du gouvernement qui s’expriment contre les résidents des implantations de Cisjordanie.

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