Rechercher

Barlev critiqué pour avoir dénoncé la « violence de résidents d’implantations »

Le ministre de la Sécurité intérieure a discuté avec une diplomate américaine de la montée de la violence chez certains résidents d'implantations contre des Palestiniens

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev arrive pour une visite dans la ville de Rahat, dans le sud du pays, le 6 décembre 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev arrive pour une visite dans la ville de Rahat, dans le sud du pays, le 6 décembre 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a déclaré lundi avoir discuté avec une importante diplomate américaine de la montée de la violence chez certains résidents d’implantations de Cisjordanie à l’encontre des Palestiniens, s’attirant les foudres de ministres favorables aux implantations et de législateurs issus de la droite et de l’extrême droite.

Barlev, membre du parti Travailliste de centre-gauche, a rencontré lundi Victoria Nuland, la sous-Secrétaire américaine aux Affaires politiques. Il a indiqué sur Twitter qu’ils avaient discuté de « la violence de la part des résidents d’implantations et de la manière de réduire les tensions dans la région et de renforcer l’Autorité palestinienne ».

Barlev, qui est en charge de la police, a indiqué lui avoir dit que donner plus de permis de travail aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza était « la clé pour faire baisser les tensions, tout comme mettre en œuvre un plan pour une zone industrielle commune à la périphérie de Gaza et plus encore. L’aide américaine pour des projets de ce type pourrait être d’un grand secours. »

Son commentaire est intervenu après que Nuland lui a dit que le département d’État américain suivait de près ces violences, selon le quotidien Haaretz. Barlev a déclaré à Nuland que son ministère et le ministère de la Défense travaillaient ensemble pour résoudre ce problème et qu’il s’efforçait de déployer davantage de policiers en Cisjordanie.

Le mois dernier, le Shin Bet avait enregistré près de 400 attaques de la part de résidents d’implantations contre des Palestiniens en 2021, contre moins de 300 l’année dernière. Les critiques disent que peu d’attaques conduisent à des arrestations ou à des poursuites. Mais selon la police, le nombre d’inculpations d’extrémistes juifs a doublé, passant de 16 à 32 en un an.

Le département d’État se tient généralement à l’écart de ce genre d’affaires, sauf si elles impliquent des citoyens américains, mais le 1er octobre, il a émis une rare réprimande suite à une attaque, – signalant un possible changement de politique.

« Les résidents d’implantations sont le sel de la terre », a pour sa part écrit sur Twitter la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked. « La violence dont il faut être choqué, ce sont les dizaines de cas de jets de pierres et de cocktails Molotov sur des Juifs qui se produisent chaque jour, simplement parce qu’ils sont Juifs, et tout cela avec les encouragements et le soutien de l’Autorité palestinienne ».

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked arrive à une rencontre du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 4 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je vous recommande de parler de cette violence avec Mme Nuland », a ajouté Shaked.

Matan Kahana, également député de Yamina, a appelé Barlev à retirer ses propos sur la violence des résidents d’implantation.

« Il est triste de voir un homme de sécurité avec autant d’expérience accepter un récit aussi faux et déformé », a déclaré Kahana, faisant référence à la carrière militaire de Barlev. « Les Israéliens de Judée et Samarie ne sont pas violents, mais [ce sont] des pionniers », a-t-il ajouté, en utilisant les noms bibliques de la Cisjordanie.

Les implantations et la politique d’Israël en Cisjordanie ont souvent été à l’origine de tensions au sein de la coalition, qui est composée de factions idéologiquement disparates, allant du parti de gauche Meretz à Yamina en passant par le parti islamiste de Raam.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, avec Yuli Edelstein, alors président de la Knesset, lors de la réunion de la faction du parti Likoud à la Knesset, le 30 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Barlev a également été critiqué par le parti du Likud qui l’accuse d’avoir « calomnié » Israël lors de sa rencontre avec Nuland.

« Le gouvernement Bennett continue de dérailler », a déclaré la faction de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a repartagé sur Twitter ces propos.

Yuli Edelstein (Likud) a plaisanté sur le fait que Barlev n’avait pas évoqué « la violence criminelle de l’autre camp » en raison de son enthousiasme au sujet de la réunion. « Ce n’est pas quelque chose de grave, n’est-ce pas ? Juste l’image de l’État d’Israël dans le monde », a-t-il écrit sur Twitter.

Le député Bezalel Smotrich, chef du parti d’extrême droite Sionisme religieux, a déclaré que Barlev était « tout simplement un salaud ».

« Des centaines de milliers de résidents d’implantations héroïques subissent quotidiennement le terrorisme et le paient cher en sang et vous répandez ignoblement leur sang et participez à une campagne mensongère et antisémite qui les calomnie », a tweeté Smotrich.

Des hommes masqués, qui auraient été des habitants d’implantations israéliennes, armés de bâtons pendant une attaque contre des Palestiniens qui récoltaient des olives aux abords de Surif, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)

Mardi, Barlev a répondu en affirmant que ses détracteurs avaient du mal à « regarder dans le miroir » et que la violence de la part de certains résidents d’implantations devenait un problème sur la scène internationale, les gouvernements étrangers s’y intéressant.

« Je recommande à ceux qui ont des difficultés [à comprendre cela] de boire un verre d’eau », a-t-il déclaré.

« Je continuerai à combattre le terrorisme palestinien comme s’il n’y avait pas de violence extrémiste de la part des résidents d’implantations, et la violence extrémiste des résidents d’implantations comme s’il n’y avait pas de terrorisme palestinien », a déclaré Barlev.

La remarque initiale de Barlev et la réaction qui a suivi font suite à une augmentation notable des attaques violentes d’extrémistes israéliens contre des Palestiniens par rapport aux années précédentes. Le mois dernier, le ministre de la Défense Benny Gantz a tenu une réunion de haut niveau avec les principaux représentants des forces de sécurité du pays pour discuter de cette augmentation, appelant l’armée à intervenir avant que quelqu’un ne soit tué.

La question a également été soulevée par l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité sur le conflit israélo-palestinien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...