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Orbach bloquera les lois des députés qui « salissent » les résidents d’implantations

Suite à la déclaration d'Omer Barlev sur la violence israélienne, le président de la commission de la Chambre avertit qu'il pourrait bloquer les propositions de certains élus

Le député Nir Orbach assiste à une réunion du comité des arrangements à la Knesset, à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Nir Orbach assiste à une réunion du comité des arrangements à la Knesset, à Jérusalem, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Nir Orbach, législateur de la coalition affilié à un parti nationaliste de droite, a déclaré mercredi qu’il bloquerait, au sein de sa commission, les projets de loi émanant de membres du gouvernement qui s’expriment contre les résidents des implantations de Cisjordanie.

Cette déclaration est la dernière retombée après que le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a annoncé avoir discuté de la « violence des résidents des implantations » avec un diplomate américain en visite en début de semaine. Cet incident a provoqué des dissensions au sein de la coalition gouvernementale, dont l’aile droite s’est empressée de défendre le mouvement des implantations.

Orbach est membre du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett et président de la commission de la Chambre de la Knesset, chargée de la législation relative au Parlement lui-même.

« Je suis avec inquiétude les messages provocateurs des membres de la coalition visant à salir et à blesser les résidents d’implantations au moment même où le terrorisme se répand en Judée et en Samarie », a écrit Orbach dans une lettre adressée à Idit Silman, présidente de la coalition, en référence à la Cisjordanie.

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev arrive pour une visite dans la ville de Rahat, dans le sud du pays, le 6 décembre 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Il a ajouté que certaines déclarations avaient été relayées par des organismes étrangers et des Palestiniens pour diffamer Israël.

En tant que président de la commission de la Chambre, Orbach a déclaré que « toute proposition de loi émanant de ces membres de la Knesset ne sera pas avancée par la commission. Tant que les membres de la coalition me feront du tort, à moi et au public que je représente, je n’ai pas l’intention de soutenir une initiative ou une loi de leur part. »

Il n’a pas été précisé à quels membres de la coalition Orbach faisait référence, outre Barlev.

Orbach a hésité avant de rejoindre la coalition avant la formation du gouvernement au début de l’année, alors que lui et d’autres législateurs de droite subissaient de fortes pressions pour faire couler le gouvernement émergent.

Des hommes masqués, qui auraient été des habitants d’implantations israéliennes, armés de bâtons pendant une attaque contre des Palestiniens qui récoltaient des olives aux abords de Surif, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)

L’aile droite du gouvernement a accusé Barlev – membre du parti Travailliste de centre-gauche – de généraliser les actions de quelques extrémistes pour condamner une communauté entière.

Mardi, le Premier ministre Naftali Bennett a tacitement rejoint ceux qui critiquent Barlev.

« Les résidents des implantations de Judée et Samarie subissent la violence et le terrorisme, quotidiennement, depuis des décennies », a tweeté Bennett, faisant référence à la Cisjordanie. « Ils sont le rempart défensif pour nous tous, et nous devons les renforcer et les soutenir, en paroles et en actes. »

D’autres membres de la coalition de droite, ainsi que des législateurs de l’opposition, ont critiqué Barlev pour ces remarques.

Le Premier ministre Naftali Bennett tient une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 5 décembre 2021. (GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Mardi, Barlev a répondu en invitant ses détracteurs à « se regarder dans le miroir » et a affirmé que la violence de la part de certains résidents d’implantations devenait un problème sur la scène internationale, les gouvernements étrangers s’y intéressant.

Mercredi, l’Autorité palestinienne a fait l’éloge de Barlev, déclarant : « Cette reconnaissance est un premier pas dans la bonne direction, mais ce n’est pas suffisant ».

La remarque initiale de Barlev et les réactions ultérieures font suite à une augmentation notoire des attaques violentes d’extrémistes israéliens contre des Palestiniens par rapport aux années précédentes.

Bien qu’aucun chiffre officiel n’ait été publié, le Shin Bet a signalé une augmentation de 50 % des attaques extrémistes juives contre des Palestiniens en Cisjordanie au cours de l’année dernière.

Illustration : Des affrontements entre l’armée israélienne et des Palestiniens dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie, le 12 mai 2021. (Wissam Hashlamoun/Flash90)

Les groupes de défense des droits des Palestiniens affirment que les agresseurs sont rarement poursuivis, et que la grande majorité des affaires sont classées sans mise en examen.

Selon un reportage publié mercredi, le ministre de la Défense, Benny Gantz, et Barlev ont convenu mercredi d’incorporer des centaines de soldats de l’armée israélienne dans la police, afin que davantage de policiers puissent être redirigés vers la Cisjordanie pour aider à combattre la violence de certains résidents d’implantations extrémistes.

Les soldats israéliens effectueront les tâches quotidiennes de la police tandis que les officiers de police travailleront en Cisjordanie contre les extrémistes et sur d’autres problèmes, a rapporté la Treizième chaîne, sans donner plus de détails.

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