Un militant d’extrême-droite piège Jean-Michel Apathie et Mounir Mahjoubi
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Un militant d’extrême-droite piège Jean-Michel Apathie et Mounir Mahjoubi

Se présentant comme un "journaliste de rue" issu des Gilets jaunes, il a filmé de rapides interviews de ces personnalités avec qui il aborde des sujets antisémites

Le secrétaire d'Etat à l'Innovation Mounir Mahjoubi (d) aux côtés du prof. Blumberg, vice-président de la Ben Gurion University of the Neguev, le 7 septembre 2017 (Crédit: Dani Machlis/BGU)
Le secrétaire d'Etat à l'Innovation Mounir Mahjoubi (d) aux côtés du prof. Blumberg, vice-président de la Ben Gurion University of the Neguev, le 7 septembre 2017 (Crédit: Dani Machlis/BGU)

Le 7 janvier, le journaliste Jean-Michel Apathie était interpellé par un homme se revendiquant « journaliste de rue » rapporte L’Express.

Rapidement ce « journaliste » l’accuse : « Dans votre grand appartement du seizième, avec vos millions que vous vous êtes faits dans la presse, vous croyez tout connaître de tout ». Devant les dénégations d’Apathie, qui explique avoir acheté sa voiture d’occasion, l’homme explique avoir lu ces informations « sur Wikipedia ».

« Estimant l’échange impossible, Jean-Michel Aphatie a préféré s’en aller en voiture alors que la conversation abordait Dieudonné et le signe de la quenelle » rajoute l’hebdomadaire.

Cinq jours plus tard, le même vidéaste interpelle le secrétaire d’Etat chargé du numérique Mounir Mahjoubi « Est-ce qu’on peut dire que le bétail goy se rebelle ? Comme il est dit dans le Talmud, que les chiens de goys doivent être écrasés, et là il se rebellent ? »

« Je crois que ce que vous dîtes est insultant et violent » répond Mahjoubi avant de s’éloigner.

On retrouve ce type d’éléments de langage dans les discours antisémites et racistes des partisans d’Alain Soral, de Dieudonné, de Jérôme Bourbon ou encore de Henry de Lesquen.

Les protestations des gilets jaunes ont donné lieu à plusieurs manifestations de racisme, d’homophobie ou d’antisémitisme.

Fin décembre, une vingtaine de « gilets jaunes » avaient entonné devant le Sacré Coeur « la quenelle de Dieudonné » sur le chant des Partisans, allusion au polémiste Dieudonné M’Bala M’Bala, condamné plusieurs fois pour des propos racistes et antisémites. Ils s’étaient ensuite vu sifflés par d’autres gilets jaunes, qui exprimaient ainsi leur désaccord, lors de leur descente de la butte Montmartre.

Déjà le 17 novembre, le militant néo-nazi Hervé Ryssen avait été aperçu arborant un gilet jaune en marge d’une marche. On notait également la présence de Dieudonné, le polémiste jugé coupable à plusieurs reprises d’incitations à la haine et à la violence contre les Juifs.

Ce genre de propos « sont apparus dès le début des manifestations et persistent encore », a expliqué Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), tout en ajoutant également que cela se produisait « en marge » des manifestations.

A noter que la France a connu une augmentation de 69 % des incidents antisémites en 2018 par rapport à l’année précédente.

Lors des manifestations parisiennes du 1er décembre, le quotidien Libération a ainsi repéré « aux abords de la place de l’Etoile Yvan Benedetti, ancien président du groupe ultranationaliste ‘L’œuvre française’, dissout en 2013 après la mort de Clément Méric. Place des Ternes, de nombreux graffitis du GUD (Groupe Union Défense), une organisation étudiante d’extrême droite, ont été réalisés sur les devantures de commerces et sur le mobilier urbain ».

Certains manifestants des gilets jaunes réunis sur la colline de Montmartre, à Paris, devant la basilique du Sacré-Coeur, le 22 décembre 2018 (Crédit : Sameer Al-Doumy / AFP)

L’Oeuvre française n’est pas seulement ultranationaliste, elle regroupe aussi des nostalgiques du maréchal Pétain et des antisémites. Ce groupe, très proche du Front National avant son changement de dénomination (Rassemblement National), se présente comme étant « à la pointe du combat nationaliste, de l’action anti-sioniste et anti-marxiste au sein de la nation française ».

Après la mort de l’activiste anti-fasciste Clément Méric, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé le 24 juillet 2013 la dissolution de l’organisation à l’issue du Conseil des ministres.

Il déclarait que l’Œuvre française est une « association qui propage une idéologie xénophobe et antisémite, des thèses racistes et négationnistes, qui exalte la collaboration et le régime de Vichy, et qui rend des hommages réguliers au Maréchal Pétain, à Brasillach ou à Maurras ».

Marianne signale également la présence d’Axel Lousteau conseiller régional du Rassemblement national (RN), proche de Marine Le Pen et ancien membre du GUD. L’hebdomadaire évoque aussi la présence de plusieurs formations d’extrême-gauche comme les Black Blocs.

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