Un ministre danois veut interdire l’abattage rituel casher
Rechercher

Un ministre danois veut interdire l’abattage rituel casher

Une nouvelle réglementation doit interdire l'abattage sans étourdissement. Mais d'autres méthodes resteraient autorisées

Des Juifs ultra-orthodoxes examinent les lames utilisées pour abattre des poulets (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Des Juifs ultra-orthodoxes examinent les lames utilisées pour abattre des poulets (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le président de la communauté juive du Danemark a critiqué les affirmations d’un ministre du gouvernement affirmant que de nouvelles réglementations allaient proscrire l’abattage rituel casher dans le pays.

« Il s’agit pour nous d’une déclaration étrange », a confié jeudi au JTA Finn Schwarz, le président de la communauté juive, au sujet de déclarations faites en début de semaine à l’agence de presse Ritzau par le ministre de l’Agriculture Dan Jorgensen.

Jorgensen évoquait l’abattage sans étourdissement préalable – une pratique obligatoire pour l’obtention d’un certificat de viande cacher chez les Juifs orthodoxes et d’un certificat de viande halal pour les Musulmans pratiquants.

« Il y a parfois eu des demandes de ce type de pratique et je veux m’assurer que cela n’aura pas lieu au Danemark », a déclaré Jorgensen, en référence à une réglementation contre l’abattage sans étourdissement préalable, qui doit prendre effet le 17 février.

Cependant, les Juifs danois ont accepté en 1998 l’usage de pistolets à percussion pour étourdir le bétail. Cette pratique garantit la casheroute du bétail abattu, affirme Schwarz, qui précise que cette décision a été prise avec l’aval du bureau du Grand Rabbin britannique.

Selon Schwarz, la nouvelle réglementation n’interdira pas l’abattage d’animaux étourdis à l’aide de pistolets à percussion.

La loi juive orthodoxe et la loi islamique exigent que les animaux soient conscients au moment de l’abattage. Les pistolets à percussion ont été autorisés, car ils ne blessent pas l’animal, qui est abattu immédiatement après avoir été frappé à la tête.

Les Juifs danois s’en sont toutefois pris aux déclarations du ministre, car ce dernier a évoqué la nécessité de respecter le bien-être animal, sous-entendant que l’abattage casher, ou shehita, était une pratique cruelle. Il a également invoqué la rareté de la shehita au Danemark pour justifier son interdiction.

« Le ministre n’a pas interdit d’autre coutumes rares. Les minorités font-elles l’objet d’une fixation ? », s’interroge Schwarz.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...