Un nouveau fonds pour les firmes high-tech ultra-orthodoxes
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Un nouveau fonds pour les firmes high-tech ultra-orthodoxes

L'initiative démontre « la volonté des leaders de l'industrie de la haute technologie d'Israël à aider la haute technologie haredie », a affirmé le président de KamaTech

Les membres de l'accélérateur Kama Tech lors de l'événement de présentation à New York en décembre dernier (Crédit : Autorisation)
Les membres de l'accélérateur Kama Tech lors de l'événement de présentation à New York en décembre dernier (Crédit : Autorisation)

KamaTech, un accélérateur de start-ups pour les entrepreneurs ultra-orthodoxes, est devenu très populaire non seulement auprès des personnes dans la communauté Haredi cherchant à créer leur start-up mais également parmi les gens qui investissent dans ces start-ups.

Il est devenu si populaire, en fait, qu’une douzaine des plus grands noms de l’investissement technologique israélien mettent en place un club d’investisseurs pour lancer un fonds qui investira uniquement dans des entreprises KamaTech.

Cela est sans précédent, a déclaré le PDG de KamaTech, Moshe Friedman, « qu’un tel groupe d’investisseurs prestigieux se réunisse pour ce genre d’investissement. C’est révélateur de l’importance de la bonne volonté des leaders de l’industrie de la haute technologie d’Israël à aider le phénomène de la haute technologie Haredi, et de la confiance importante qu’ils ont envers les start-ups Haredi émergentes ».

Selon Izhar Shay, un entrepreneur en haute technologie qui est également le directeur général associé à Canaan Partners Israel et un membre de ce club, « les activités motivantes de KamaTech sont tout simplement une révolution et ont déjà aidé des milliers d’ultra-orthodoxes israéliens à intégrer l’industrie de la haute technologie
locale ».

Les membres du club font partie des principaux investisseurs dans la technologie israélienne – parmi eux, on retrouve Shay, Gigi Levy (un « serial-entrepreneur » dans le domaine de la technologie avec plus de 67 investissements à son actif), Dov Moran (le fondateur et le PDG de M-Systems, l’inventeur du disque dans une clé), Adi Sofer Teeni (le PDG de Facebook Israël), Zika Abzuk (le vice-président de Cisco Israël), Avishai Avrahami (le co-fondateur et le PDG de Wix), Irit Israeli Kahana (l’associée principale d’Afterdox), Michal Tsur (le co-fondateur Cyota & Kaltura), Chemi Peres (Pitango), Rami Kalish (Pitango), Rami Lipman (un « serial-entrepreneur » dans le domaine de la technologie), Avi Shalel (le PDG de Plarium) et Ehud Levy (associé à Canaan, le premier investisseur de Waze).

KamaTech, qui a été fondé en 2013, est le dernier projet en date dans ce qui devient un champ rempli de projets visant spécifiquement les membres de la communauté ultra-orthodoxe, ou Haredi.

Après avoir travaillé avec d’autres organisations – notamment Microsoft et son accélérateur Ventures Accelerator – pour recruter des membres de la communauté qui avaient de bonnes idées mais peu de compétences techniques ou commerciales, KamaTech est devenu sa propre entité en 2015.

Parmi les avantages pour les participants, il y a la présence de mentors personnels qui sont des membres éminents de l’industrie de la haute technologie israélienne, une aide gratuite des firmes spécialisées en droit et en comptabilité pour répondre aux questions sur la propriété intellectuelle, le financement, et autres, une équipe mise à disposition gratuitement pour développer le projet (dont les membres font partie des 500 femmes Haredi qui étudient l’informatique sur le campus de Lustig, une branche du Centre Universitaire Lev), une aide à l’embauche, le financement, des présentations, ainsi qu’une aide dans d’autres domaines, une journée de démonstration en Israël, et un voyage gratuit à Londres et à New York, où les start-ups présenteront leur projet aux grands investisseurs.

Lors de l’événement de New York, en décembre dernier, a expliqué Friedman, « il y avait une salle remplie au Microsoft Technology Center à Times Square. Les invités étaient tous étonnés par la qualité des technologies présentées par les membres de KamaTech qui ont assisté à l’événement ».

Les investisseurs ont prouvé leur enthousiasme pour le programme de la meilleure façon qu’ils connaissent. « Les entreprises du programme ont déjà recueilli plus de 3,5 millions de dollars de divers investisseurs, du Bureau scientifique principal en Israël, des investisseurs providentiels et des fonds de capital-risque », a déclaré Friedman.

« En outre, les huit entreprises de l’accélérateur ont embauché près de 50 employés, ce qui démontre qu’elles sont en train de construire de grandes start-ups avec un énorme potentiel. Au-delà de l’élaboration de technologies fantastiques, chacun de ces entrepreneurs est un excellent exemple [sur la manière] de combler le fossé entre les Haredim et les autres parties de la société israélienne ».

Alors qu’elle paraissait inimaginable, l’idée d’un accélérateur en technologie officiellement autorisé et soutenu par les dirigeants de la communauté ultra-orthodoxe est devenue beaucoup plus acceptable au cours des dernières années.

La communauté se rend compte qu’elle a besoin d’avoir des chefs d’entreprise afin de maintenir son style de vie. « Il y a certainement beaucoup plus de soutien pour cela qu’il n’y en avait dans le passé », a déclaré le directeur des opérations de KamaTech, Ariel Finkelstein.

« Les principaux soutiens financiers [des familles] qui doivent nourrir leurs enfants se sont rendu compte que la technologie était un excellent moyen de gagner sa vie et la demande a augmenté ».

Les membres orthodoxes de KamaTech eux-mêmes disent qu’ils n’ont eu aucun problème à être accepté dans le monde laïc. « Parfois, les gens me jettent un deuxième coup d’œil, comme s’ils étaient surpris de me voir dans un environnement commercial en train de porter des vêtements modestes et avec les cheveux couverts », a déclaré l’une des femmes entrepreneuses présente à l’événement d’inauguration de KamaTech à Tel Aviv en mai dernier. « Mais dès qu’ils entendent ce que nous proposons » – dans le cas de son entreprise, une plate-forme pour les communications d’entreprise – « nous allons droit au but et il n’y a plus de questions quant à mon style de vie. Personne n’en a cure ».

Ce dont les investisseurs se soucient c’est la qualité du travail effectué par les sociétés KamaTech. Les start-ups issues du premier tour incluent Cognilyze, qui utilise les mégadonnées pour faire des suggestions de produits sur les sites de vente au détail, Pojo.me, qui fournit des thèmes à glisser dans les blogs sous WordPress, WorkCapital, qui produit un moteur pour l’octroi de crédit, Prog, qui propose des formations en haute technologie pour les hommes et les femmes ultra-orthodoxes, et EnglishOn, qui aide les non-anglophones à apprendre la langue.

KamaTech a été fondé par Friedman, lui-même un entrepreneur, en collaboration avec Zika Abzuk de Cisco, avec les conseils et le soutien de Yossi Vardi en sa qualité de président du conseil consultatif.

KamaTech exploite un certain nombre de programmes pour la formation et le placement des œuvres technologiques Haredi en collaboration avec une coalition d’entreprises technologiques, qui comprend Cisco, Google, Microsoft et d’autres. Présidant l’accélérateur, on trouve le professeur Amnon Shasua, le fondateur et le président de Mobileye.

KamaTech ne facture aucun frais et n’exige pas de financements en fonds propres ni toute autre contribution de la part des start-ups, a expliqué Friedman. « KamaTech continue d’être un programme à but non lucratif dans lequel nous aidons les entrepreneurs gratuitement, comme nous l’avons fait au cours des dernières années. Le nouveau club offre aux investisseurs une autre couche afin d’aider les entrepreneurs. Le club suivra le programme et permettra à tout entrepreneur intégrant le programme de recevoir des investissements de démarrage afin de lancer son entreprise ».

« Des centaines de start-ups Haredi ont déposé une candidature auprès de l’accélérateur KamaTech au cours des deux dernières années, et, en particulier, celles qui ont été admises dans le programme sont la preuve que la population Haredi peut contribuer de manière significative à l’écosystème de l’esprit d’entreprise de la haute technologie israélienne et aussi que l’innovation est partagée par tous les secteurs de notre société », a ajouté Shay.

« Je suis fier d’avoir eu le privilège de faire partie de KamaTech et je suis également convaincu que les membres du nouveau club d’investissement vont non seulement encourager l’activité entrepreneuriale au sein de la communauté Haredi mais qu’ils vont également recevoir de très bons retours sur leurs investissements ».

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