Un nouveau moyen de lutter contre les maladies et les attaques cardiaques ?
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Un nouveau moyen de lutter contre les maladies et les attaques cardiaques ?

L'Université Ben-Gourion et le Centre médical Sheba annoncent la création d'un nano-polymère qui pourrait être préférable aux statines

Médecins dans un hôpital. Illustration. (Crédit :  Moshe Shai/Flash90)
Médecins dans un hôpital. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Les chercheurs de l’Université Ben-Gourion du Negev (BGU) et du Centre médical Sheba ont affirmé avoir développé un moyen de traiter l’athérosclérose et d’empêcher l’insuffisance cardiaque grâce à un nouveau polymère biomédical qui réduit la plaque artérielle et l’inflammation du système cardiovasculaire.

La maladie cardiovasculaire athérosclérotique est à l’origine de 56 millions de décès par an dans le monde, selon le rapport mondial qui avait été établi par Lancet en 2015.

Les artères sont bordées par une épaisse couche de cellules appelée l’endothélium qui conserve leur tonicité et leur fluidité et maintiennent les flux sanguins. L’athérosclérose commence avec une détérioration de l’endothélium due à une pression sanguine élevée, au tabac ou à un taux fort de cholestérol. Les dommages qui s’en suivent mènent à la formation de plaque.

Lorsque les cellules endothéliales s’enflamment, elles produisent une molécule qui s’appelle l’e-selectine qui fait venir des globules blancs (monocytes) dans la zone et cause une accumulation de la plaque dans les artères.

« Notre polymère qui cible l’e-selectine réduit la plaque existante et empêche une plus grande progression et une inflammation de cette dernière, parvenant à empêcher la thrombose artérielle, l’ischémie, les infarctus du myocarde et les attaques », a expliqué le professeur Ayelet David du département de Biochimie et de Pharmacologie de l’Université Ben-Gourion dans un communiqué.

Professeur Ayelet David de l'Université Ben-Gourion (Crédit: Dani Machlis/BGU)
Professeur Ayelet David de l’Université Ben-Gourion (Crédit: Dani Machlis/BGU)

Ce nouveau polymère à l’échelle « nano » présente plusieurs avantages, ont affirmé les chercheurs. En premier lieu, il traite les dégâts artériels et améliore le muscle du coeur. Aujourd’hui, il y a quelques traitements disponibles pour soigner l’athérosclérose, mais aucune autre thérapie ne permet d’inverser le processus des dégâts artériels et d’améliorer le muscle cardiaque. De plus, le polymère ne cible que les tissus endommagés et ne nuit pas aux tissus sains et il n’y a donc pas d’effets secondaires – contrairement aux statines, qui sont actuellement la médication privilégiée dans le traitement de l’athérosclérose.

Breveté et en phase pré-clinique, le nouveau polymère a été testé sur des souris avec des résultats positifs. Dans une étude qui a été soumise à la publication, les chercheurs ont soigné l’athérosclérose de souris grâce à quatre injections du polymère médical et ont testé les changements survenus dans les artères après quatre semaines.

« Nous avons été sidérés par les résultats », a commenté le professeur Jonathan Leor, directeur de l’Institut de recherche cardiovasculaire au Centre médical Sheba et professeur de cardiologie à l’Université de Tel Aviv, qui a collaboré avec David sur l’étude de recherche. « La fonction du myocarde de la souris qui a été soignée s’était grandement améliorée, il y avait moins d’inflammation et une baisse significative de l’épaisseur des artères ».

« Nous avons atteint un niveau d’adhérence similaire à celui d’un anticorps, ce qui peut expliquer la force de l’effet bénéfique que nous avons observé », a ajouté David.

David et Leor ont suggéré que cette thérapie basée sur le polymère puisse également venir en aide aux personnes atteintes par le diabète, l’hypertension et autres maladies dues à l’âge, qui impactent l’existence de millions de gens.

« Nous cherchons maintenant une entreprise pharmaceutique pour faire avancer notre thérapie de polymère vers les prochaines phases de développement de pharmacopées et pour une mise sur le marché en fin de processus », a expliqué le docteur Ora Horovitz, vice-présidente du développement commercial à Technologies, l’entreprise de technologie et de commercialisation de l’université Ben-Gourion.

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