Un responsable iranien : Abbas n’est pas le bienvenu à Téhéran
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Un responsable iranien : Abbas n’est pas le bienvenu à Téhéran

La République islamique cherche à réchauffer les liens avec le Hamas, dit le conseiller, ajoutant : « Nous rejetons l'existence de tout Israélien sur cette Terre »

Elhanan Miller est notre journaliste spécialiste des affaires arabes

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d'une réunion avec le Conseil révolutionnaire de son parti, le Fatah, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 16 juin 2015 (Crédit : Abbas Momani / AFP )
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d'une réunion avec le Conseil révolutionnaire de son parti, le Fatah, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 16 juin 2015 (Crédit : Abbas Momani / AFP )

Niant des rapports faisant état d’un rapprochement entre l’Iran et l’Autorité palestinienne, un assistant du président du parlement iranien a déclaré mercredi que son pays a rejeté de nombreuses demandes du président Mahmoud Abbas visant à se rendre dans la République islamique.

« Ils ont demandé à se rendre en Iran plus d’une fois et nous avons refusé et n’avons jamais accepté », dit Hussein SheikhoIeslam, conseiller du président du parlement, Ali Larijani, sur les affaires internationales, selon le quotidien du Hamas Al-Resalah.

« L’Iran soutient avec diligence la résistance et ses combattants », ajoute-t-il, en référence à des groupes palestiniens plus intransigeants.

Le responsable de l’OLP Ahmad Majdalani a déclaré à l’agence de nouvelles chinoise Xinhua la semaine dernière qu’il discutait des détails de la visite d’Abbas à Téhéran prévue dans les deux prochains mois.

L’Autorité palestinienne tente de renforcer ses liens avec l’Iran, suite à un refroidissement des relations entre son principal rival politique, le Hamas, et la République islamique.

Selon SheikhoIeslam, l’Iran a réussi à surmonter ses différends avec le Hamas sur la question syrienne (le Hamas a quitté son QG à Damas au début 2012 pour protester contre Bashar al-Assad), qualifiant l’alliance de l’Iran avec le Hamas de « stratégique ».

Raz Zimmt, expert sur la politique iranienne de l’université de Tel Aviv, a déclaré au Times of Israel que les commentaires de SheikhoIeslamn, ancien ambassadeur à Damas, doivent être pris au sérieux.

« Cela pourrait très bien être une tentative de calmer le Hamas suite au coup financier qu’il a reçu de l’Iran », a confié Zimmt au Times of Israel.

Raz Zimmt (Facebook)
Raz Zimmt (Facebook)

En effet, le responsable iranien a reconnu que Téhéran avait réduit son soutien financier au Hamas en raison de sa crise économique, mais a insisté sur le fait qu’il « fera tout pour renouveler ce soutien à l’avenir ».

Selon SheikhoIeslam, l’Iran a résisté à la pression exercée par le P5 + 1 pendant les négociations nucléaires visant à mettre fin à son intervention politique dans la bande de Gaza, en Syrie et au Yémen.

« Ces puissances ont admis que la raison de leur pression exercée sur nous est notre position sur Israël », dit-il. « Nous leur avons dit que nous rejetons l’existence de tout Israélien sur cette terre. »

Zimmt note toutefois que les déclarations de Hussein SheikhoIeslam concernant la dissociation de l’Iran avec l’AP et Abbas ne devraient pas être prises pour argent comptant.

Récemment, un député iranien et membre du comité des relations étrangères, Ahmad Bakhshayesh Ardestani, a admis dans une interview à la presse que son pays monte le Fatah contre le Hamas pour éloigner le Hamas de l’axe sunnite, représenté par l’Arabie saoudite.

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