Israël en guerre - Jour 145

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Un sculpteur israélien transforme « les épées du Hamas en roses » à la frontière avec Gaza

Après avoir survécu au massacre dans son moshav, Yaron Bob, forgeron, a relancé son célèbre projet "Des roquettes transformées en roses" au sein des communautés américaines

  • Le sculpteur israélien Yaron Bob. (Autorisation)
    Le sculpteur israélien Yaron Bob. (Autorisation)
  • Le sculpteur israélien Yaron Bob. (Autorisation)
    Le sculpteur israélien Yaron Bob. (Autorisation)
  • L'une des structures les plus élaborées de Yaron Bob. (Autorisation)
    L'une des structures les plus élaborées de Yaron Bob. (Autorisation)

MERRICK, New York — Le forgeron israélien connu pour transformer les roquettes du Hamas en roses ne voyage pas léger.

Lorsque Yaron Bob monte sur la scène du centre Juif Merrick de Long Island, dans l’État de New York, il ne vient pas seul : une roquette palestinienne rouillée métamorphosée en rose l’accompagne. Dans le hall adjacent, des exemples de ses sculptures les plus vendues sont posés sur plusieurs tables. Une menorah réalisée à l’aide de plusieurs de ces projectiles a été présentée, par le passé, à la Maison Blanche.

Juste avant le massacre perpétré par le Hamas, le 7 octobre, des dizaines de membres de la congrégation étaient venus dans son studio, près de la frontière de Gaza. À la mi-novembre, certains d’entre eux figurent parmi les 300 personnes qui se sont déplacées pour entendre le témoignage de Bob sur les atrocités commises au sud de l’État juif, dont il est l’un des survivants. Il se trouvait dans son moshav de Yated en cette funeste matinée de Shabbat.

« C’est vraiment difficile d’exprimer avec des mots ce qui nous est arrivé le 7 octobre », dit Bob. « La marque de ces événements restera gravée en nous pour des générations. Ce sera un tournant dans la manière dont nous organiserons notre vie quotidienne alors qu’Israël s’efforce de reconstruire la zone », dit-il aux fidèles venus pour l’écouter.

« J’ai beaucoup d’amis qui ont été tués », ajoute-t-il. Lui-même a eu la vie sauve après s’être caché dans sa pièce blindée pendant 33 heures, sans électricité et sans moyen de communiquer avec l’extérieur.

Pendant l’assaut-surprise sans précédent lancé par les terroristes du Hamas dans les communautés adjacentes de Gaza, 1 200 Israéliens ont été tués et 240 personnes ont été prises en otage.

L’artiste israélien Yaron Bob et l’une de ses sculptures réalisées à l’aide de roquettes palestiniennes au Centre juif Merrick, à New York, le 20 novembre 2023. (Crédit : Matt Lebovic/The Times of Israel)

« Je suis un réfugié aujourd’hui », ajoute Bob, qui déclare espérer retourner à Yated au mois de février.

Précisant que son moshav est situé à proximité de Reim – le site où a eu lieu une rave-party, le festival de musique électronique Supernova, où au moins 364 fêtards ont été massacrés – Bob note que les résidents du kibboutz ne rentreront probablement pas chez eux avant un an.

« Ils vont tous rester vivre à Eilat avant de pouvoir revenir », explique Bob qui a, lui aussi, été hébergé à Eilat avant de venir aux États-Unis à l’occasion d’une brève tournée des synagogues et des centres communautaires juifs de Long Island.

Il y a deux semaines, Bob a fait une courte visite à Yated, chez lui, pour rassembler ce qui était nécessaire à son voyage aux États-Unis. Le moshav n’est que l’ombre de lui-même, indique-t-il, avec des maisons dont il ne reste que des fondations et des murs incendiés et où tout raconte les horreurs vécues par les habitants, le 7 octobre.

Lorsqu’il était dans le moshav, des roquettes se sont abattues sur ce dernier et elles ont entraîné des dégâts significatifs, déclare-t-il.

L’une des structures les plus élaborées de Yaron Bob. (Autorisation)

« J’ai des photos des feux qui se sont déclenchés là-bas », ajoute-t-il. « Le Dôme de Fer a quitté la région pour assurer la protection du nord du pays. »

Yated est un moshav situé à équidistance des frontières avec Gaza et avec l’Égypte – elles sont à moins de deux kilomètres, précise Bob. Il note qu’il s’est installé dans cette région pour élever ses enfants dans un secteur « calme » du pays.

« Nous profitons de ce qu’il y a de meilleur dans ces deux mondes : les infiltrations depuis l’Égypte et les roquettes en provenance de Gaza », raconte Bob qui était « un gars de la technologie informatique » avant de se lancer dans le projet « Des roquettes transformées en roses ».

Le sculpteur israélien Yaron Bob. (Autorisation)

Pendant des années, Bob a prélevé le métal des roquettes qui s’abattaient à Sdérot ou à ses environs – c’est la plus grande ville située à proximité de Gaza. À Sdérot, se trouve un petit musée présentant les projectiles du Hamas aux journalistes et aux visiteurs – environ 34 000 ont explosé sur le sol israélien depuis 2001.

Au Centre juif Merrick, les personnes qui attendent de pouvoir découvrir son travail, après la discussion, sont déçues d’apprendre que les œuvres exposées sur les tables, dans la salle, ne sont pas à vendre.

‘Elle se moquait de moi’

« On a sept secondes pour trouver refuge dans un abri antiaérien là où je vis », dit Bob qui a survécu à deux attaques à la roquette près de Yated.

Lors de l’une de ces attaques, Bob s’est caché avec son fils sous un arrêt de bus fortifié, explique-t-il. Il a ensuite connu ce que les médecins appellent un trouble du stress post-traumatique (TSPT). Il n’était qu’à trois mètres d’un projectile lorsque ce dernier a explosé.

Quelques jours après avoir survécu à cette attaque, Bob a cherché à trouver un exutoire à sa fébrilité.

« Dans mon entrepôt, j’avais une roquette tirée depuis Gaza », explique-t-il. « Elle se moquait de moi. J’ai voulu lui enlever son pouvoir. J’ai commencé à la découper. »

Bob, quand il sculpte une roquette, la découpe toujours en « cylindres » – comme s’il découpait une saucisse, précise-t-il. Et à l’intérieur, il trouve souvent un cœur en métal qui, dit-il, ressemble de manière frappante à une rose.

La sculpture signature de Yaron Bob. (Autorisation)

Lorsque les roquettes s’écrasent, elles ont tendance à se plier, ce qui crée comme un « effet d’accordéon », dit Bob, qui a toujours donné les bénéfices issus du projet « Des roquettes transformées en roses » aux groupes qui soutiennent les victimes du terrorisme.

« J’ai voulu changer la guerre en quelque chose qui représente la beauté et la prospérité », s’exclame-t-il.

Dans ses efforts, il s’aide d’un marteau, d’une enclume et d’un four, établi dans son studio, aux abords de Gaza.

Aujourd’hui, Bob fabrique des bougies pour le Shabbat et autres objets juifs, ainsi que des bijoux. Son œuvre signature – qui est aussi celle qui s’est le mieux vendue – est une carte d’Israël, avec une rose qui se dresse fièrement dessus. Elle est mise à prix à 275 dollars dans certaines boutiques sur Internet.

Au prix bien inférieur de 29 dollars, on peut acheter un pendentif en l’honneur de Sdérot – une carte d’Israël avec une petite pierre bleue placée à l’endroit où se trouve Sdérot et, à côté, les mots : « Le peuple d’Israël vivra » écrits en hébreu.

À la fin de sa présentation, Bob explique que les gens lui demandent souvent de fabriquer des étuis de mezuzah à partir des projectiles. Toutefois, Bob ne pense pas que les roquettes des terroristes palestiniens répondent au caractère sacré assignés aux étuis qui protègent les prières qui se trouvent sur les rouleaux de mezuzah, explique-t-il.

Après le déploiement, par Israël, du Dôme de Fer, Bob a néanmoins réalisé qu’il avait une nouvelle source de métal : les missiles intercepteurs vitaux tirés par l’armée israélienne pour abattre les roquettes en provenance de Gaza, dont Bob fait dorénavant des étuis à mezuzah.

Cela fait des années que les personnels militaires et de la police de tout le territoire israélien remettent leurs « trouvailles » à Bob, qui a emmené les journalistes découvrir un trésor de missiles, assortis chacun d’une date et de l’endroit où ils ont explosé : Ashdod, Tel Aviv, Beer Sheva, etc.

Dans un entretien télévisé diffusé après le massacre du 7 octobre, Bob a évoqué la vie à Eilat aux côtés des autres réfugiés des communautés frontalières de Gaza.

« J’ai peur », a confié Bob à cette occasion. « Je pleure quand je vois mes amis. Quand je vois des voisins, aujourd’hui, je ne dis plus ‘Salut’ ou ‘Bonjour’. Je dis que je suis heureux de voir qu’ils sont encore vivants. C’est aussi simple que ça. C’est comme ça qu’on se dit bonjour dorénavant – et c’est quelque chose de très puissant à dire. »

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