Un zoo ambulant devrait s’installer sur un ancien camp de la Shoah en Ukraine
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Un zoo ambulant devrait s’installer sur un ancien camp de la Shoah en Ukraine

Le leader de la communauté juive a dénoncé le fait que le zoo s'installe sur le site de la fosse commune où près de 6 000 Juifs sont enterrés

La place centrale à Kovel en Ukraine, 2002. (Crédit : CC BY-SA 3.0 Wikipedia/Iramal)
La place centrale à Kovel en Ukraine, 2002. (Crédit : CC BY-SA 3.0 Wikipedia/Iramal)

Une ville du nord-ouest de l’Ukraine a autorisé un zoo ambulant à s’installer sur un camp où il y a eu des milliers de victimes juives de l’Holocauste, a dénoncé un leader de la communauté juive du pays.

Eduard Dolinsky, le directeur du Comité juif ukrainien, a posté lundi un message sur Facebook au sujet du zoo ambulant qui s’est installé cet été dans la ville de Kovel, à quelques centaines de kilomètres de Kiev, la capitale.

« Cela a eu lieu avec la permission des autorités locales », a écrit Dolinsky à propos de la construction du zoo.

« Cet endroit se situe sur l’ancien cimetière juif. En août 1942, les derniers travailleurs du ghetto juif ont été tués là-bas. Quelques milliers de personnes, de 2 500 à 6 000 selon diverses sources », a-t-il poursuivi.

Dolinsky a ajouté qu’il ne savait pas si le cas du zoo de Kovel, qui a été évoqué la semaine dernière dans le journal local Volinska Gazeta, était un cas d’ « [idiotie], de criminalité, de cynisme, d’apathie – ou peut-être tout ce qui précède ». Il a qualifié cela comme étant un « acte flagrant de vandalisme et d’abus horribles », ajoutant que la communauté juive locale a depuis des années, et sans succès, fait pression pour que le site de meurtre de masse soit commémoré par un monument.

L’architecte assistant de Kovel, Sergey Panasyuk, a déclaré au Volinska Gazeta que la demande d’un monument est en cours d’examen et d’approbation.

Cet article survient en plein débat en Ukraine qui a eu lieu après que des rues de Kiev ont été nommées, en juillet, Stepan Bandera et Roman Shukhevych – les chefs des milices ukrainiennes et des collaborateurs avec les nazis, dont les troupes sont soupçonnées d’être responsables de la violence meurtrière contre les Juifs et les Polonais pendant l’Holocauste.

En Ukraine, où les sentiments anti-russes ont explosé suite à une révolution sanglante et à l’annexion en 2014 de territoires ukrainiens par la Russie, beaucoup croient que ces miliciens et d’autres personnes étaient des héros patriotiques du fait de leur opposition à l’Union soviétique.

« Les gens qui permettent cela doivent être punis », a écrit Dolinsky au sujet du zoo, « parce qu’ils savent ce qu’ils font. Bien que, très probablement, rien ne sera fait contre eux ».

Dolinsky a également exprimé son inquiétude au sujet des meurtres de Kovel. Il s’est surtout inquiété du fait qu’ils ne reçoivent pas l’attention générale en raison des préparatifs du 75e anniversaire de la tuerie de Babi Yar – un ravin à Kiev où les nazis ont tué 30 000 Juifs.

Les préparations à Babi Yar, a-t-il écrit, sont là « parce que des invités étrangers vont y arriver. Mais dans la ville de Kovel, personne ne vient », donc les habitants peuvent ignorer les événements de la période de l’Holocauste.

Le mois dernier, il a été signalé qu’un camp de concentration en Lituanie était devenu un lieu populaire pour le camping, des chasses au trésor, des événements et des fêtes costumées. Le septième Fort, où 5 000 personnes sont enterrées dans des fosses communes, a été privatisé en 2009.

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