Une candidate juive du Labour bombardée de menaces de mort antisémites
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Une candidate juive du Labour bombardée de menaces de mort antisémites

Ruth Smeeth a déclaré avoir peur de quitter son domicile à cause des menaces constantes qu'elle reçoit

Ruth Smeeth, une députée travailliste britannique.  (Parlement britannique)
Ruth Smeeth, une députée travailliste britannique. (Parlement britannique)

Une candidate juive du parti Travailliste de Grande-Bretagne a été bombardée de menaces de mort, dont la moitié avait un caractère antisémite, a-t-elle déclaré.

Ruth Smeeth a déclaré à l’agence de presse locale StokeonTrentLive qu’elle avait peur de quitter son domicile à cause des menaces constantes qu’elle subit. Quand elle quitte sa maison, elle porte un dispositif d’alerte au cas où elle serait attaquée, selon l’article.

Elle ne va nulle part seule et n’a pas emprunté les transports publics depuis 18 mois, a-t-elle dit.

Smeeth a expliqué que les menaces viennent aussi bien de l’extrême gauche que de l’extrême droite. La semaine dernière, après des mois de menaces par emails et sur les réseaux sociaux, une lettre de menaces décrivant comment l’auteur voudrait l’assassiner a été déposée à sa permanence locale. La lettre l’a poussée à révéler au public les menaces qu’elle subissait.

« Je ne demande pas de compassion, j’ai simplement le sentiment que je dois mettre une limite pour dire que ce n’est pas normal et que ce n’est pas acceptable, a-t-elle dit. Je ne serai intimidée par personne. Nous devons trouver un moyen d’être en désaccord respectueux les uns avec les autres, et pas de menacer de nous faire du mal ».

Elle a reçu des menaces de mort antisémites lors de la campagne électorale de 2015 et d’autres menaces de mort en 2016. Elle a été placée sous protection policière et a fait installer des caméras de surveillance devant son domicile.

Elle représente la circonscription de Stoke-on Trent North dans le Staffordshire au centre de l’Angleterre depuis 2015. La prochaine élection législative est prévue pour le 12 décembre.

Cette semaine, Jeremy Corbyn, le chef du parti Travailliste, a déclenché une polémique en refusant, à six reprises, de s’excuser pour sa gestion de l’antisémitisme au sein du parti, lors d’un entretien accordé à la BBC.

Jeremy Corbyn, le chef du parti Travailliste britannique prononce un discours à Londres, en Angleterre, le mercredi 27 novembre 2019, à l’approche des élections législatives du 12 décembre. (AP Photo / Frank Augstein)

Le journaliste de la BBC Andrew Neil a demandé à six reprises à Corbyn de s’excuser auprès de la communauté juive, après la déclaration du Grand rabbin britannique Ephraim Mirvis que les Juifs du Royaume Uni étaient « saisis d’anxiété » quant à l’avenir de la communauté dans le pays, alors que le parti Travailliste pourrait remporter les élections du 12 décembre.

Après avoir été fustigé pour l’entretien, Corbyn a tenté de faire taire la polémique mercredi en déclarant que le parti s’était déjà excusé pour l’antisémitisme au sein de ses rangs.

Les sondages suggèrent que seulement 6 % des Juifs britanniques s’apprêtent à voter pour le parti Travailliste. Près de la moitié a déclaré qu’ils « envisageraient sérieusement » de quitter le pays si Corbyn – un homme dont 87% des personnes interrogées pensent qu’il est antisémite – arrivait au pouvoir.

Des groupes juifs ont accusé Corbyn, un politicien d’extrême gauche, d’avoir laissé s’installer l’antisémitisme au sein des rangs du parti qui était autrefois considéré comme le foyer naturel des Juifs britanniques. Des milliers d’affaires et de propos antisémites ont été recensés au sein du parti Travailliste depuis 2015, quand Corbyn a été élu à la tête du parti.

C’est dans ce contexte que le président Reuven Rivlin a rencontré le Grand rabbin britannique Ephraim Mirvis à Londres, un jour après que le rabbin a publiquement dénoncé le chef du parti Travailliste Jeremy Corbyn pour avoir permis au « poison » de l’antisémitisme de prendre racine dans le parti d’opposition.

« La tolérance zéro pour l’antisémitisme signifie qu’il faut garantir la sécurité des communautés juives, et contrer l’extrémisme religieux », a affirmé Rivlin lors de la rencontre.

« Cela signifie qu’il n’y a aucune place pour l’antisémitisme dans les allées du pouvoir, et aucune place pour l’incitation à la haine sur les réseaux sociaux, a ajouté le président israélien. Cela demande des lois et une éducation efficaces sur la Shoah ».

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