Une chef de communauté juive allemande se dit menacée après sa critique de l’AfD
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Une chef de communauté juive allemande se dit menacée après sa critique de l’AfD

Charlotte Knobloch, qui dirige la communauté juive de Munich, avait affirmé mercredi que l'Alternative pour l'Allemagne constituait un danger pour la démocratie

Charlotte Knobloch, présidente de la communauté juive de Munich, prononce un discours durant la cérémonie d'inauguration d'un site de commémoration dans l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018  (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
Charlotte Knobloch, présidente de la communauté juive de Munich, prononce un discours durant la cérémonie d'inauguration d'un site de commémoration dans l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)

Une figure de premier plan de la communauté juive d’Allemagne, Charlotte Knobloch, a dénoncé jeudi les menaces dont elle dit faire l’objet depuis qu’elle a critiqué dans un virulent discours au parlement de Bavière le parti d’extrême droite AfD.

« Je reçois quasiment chaque minute des insultes brutes, des menaces et des injures depuis » un discours mercredi devant les élus régionaux bavarois, a indiqué l’ancienne dirigeante du Conseil central des Juifs d’Allemagne au quotidien Augsburger Allgemeine.

Charlotte Knobloch, 86 ans et qui dirige la communauté juive de Munich, avait affirmé mercredi que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui depuis les élections bavaroises d’octobre compte aussi des élus dans cette région prospère, constituait un danger pour la démocratie.

« Cette soi-disant alternative pour l’Allemagne fonde sa politique sur la haine et le rejet », avait-elle assuré lors de ce discours prononcé à l’occasion des commémorations de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz.

« Aujourd’hui il y a ici un parti qui relativise les crimes des nazis et entretient des relations étroites avec le milieu d’extrême droite », avait-elle ajouté.

Une grande partie du groupe parlementaire AfD avait quitté la salle en signe de protestation.

« Le danger que représente ce parti et ses sympathisants pour notre démocratie libérale est si limpide et ne fait que montrer encore plus que les démocrates de notre pays doivent se montrer unis face à lui », a jugé Mme Knobloch dans le Augsburger Allgemeine.

En 2017, l’un des principaux cadres de l’AfD, Björn Höcke, avait suscité une très vive polémique en Allemagne en affirmant que le mémorial de l’Holocauste, situé à deux pas de la Porte de Brandebourg à Berlin, était un « mémorial de la honte ». Il avait exigé un « changement à 180° » de la culture de la repentance.

Depuis, l’AfD, désormais représentée dans tous les parlements régionaux, a fait son entrée à la chambre des députés, le Bundestag.

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