Une cinquantaine de nouveaux cas de militaires néonazis révélés par Mediapart
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Une cinquantaine de nouveaux cas de militaires néonazis révélés par Mediapart

Des messages sur les réseaux sociaux à la gloire de la Waffen-SS ou du franquisme et des photos devant des drapeaux barrés de la croix gammée ont notamment été repérés

L’un des soldats français à l’idéologie néo-nazie repéré sur les réseaux sociaux par Mediapart. (Crédit : Facebook)
L’un des soldats français à l’idéologie néo-nazie repéré sur les réseaux sociaux par Mediapart. (Crédit : Facebook)

Le site d’information Mediapart a publié ce mardi une enquête révélant « une cinquantaine de nouveaux cas de militaires néonazis », en particulier dans la Légion étrangère, après avoir collecté des informations sur Internet.

Ils ont ainsi découvert des messages sur les réseaux sociaux à la gloire de la Waffen-SS ou du franquisme, des photos devant des drapeaux barrés de la croix gammée, ou encore des vidéos d’enfants incités à accomplir le salut hitlérien.

« Les éléments soulevés par l’enquête de Mediapart sont très graves et ont fait l’objet d’une analyse minutieuse », a réagi le ministère des Armées, en soulignant que « toutes les idéologies néfastes, nauséabondes, révisionnistes, extrémistes, sont proscrites dans les armées » et qu’il n’existe « aucune tolérance » pour ces faits.

« Mais, comme la ministre des Armées (Florence Parly, NDLR) a eu l’occasion de le dire, il faut bien entendu rester humble car aucun dispositif de détection n’est infaillible », a ajouté le ministère, qui veut relativiser les dizaines de cas recensés par Mediapart dans les rangs des armées, qui comptent 210 000 militaires.

Mediapart avait déjà révélé l’été dernier des photos de plusieurs militaires, qu’ils avaient postées sur les réseaux sociaux et dans lesquelles ils affichaient publiquement leur idéologie néo-nazie.

Le ministère affirme que ces cas ont été « lourdement sanctionnés » et qu’il en sera de même pour les « quelques profils révélés (par le journal) et qui sont toujours en activité ». Selon le ministère, une « douzaine » des militaires accusés par Mediapart dans son dernier article « ne sont plus liés aux armées ».

En juin 2019, la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la lutte contre les groupuscules d’extrême-droite en France avait placé au premier rang de ses 32 recommandations le « suivi des membres ou anciens membres des forces armées ou de sécurité intérieure impliqués dans des groupes d’ultra-droite », rappelle Mediapart.

Les mouvements d’extrême droite cherchent en effet à recruter au sein de l’armée et des forces de sécurité. En mai 2020, un ancien militaire de 36 ans et ancien gilet jaune soupçonné d’un projet d’attaque contre la communauté juive avait été arrêté à Limoges par la DGSI.

En 2017, la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la DGSI avaient démantelé une cellule qui projetait des actions terroristes à laquelle appartenait un élève de l’école de formation des sous-officiers de l’armée de l’air.

Si les autorités françaises ne révèlent pas de chiffres à ce sujet, en Allemagne, 592 soldats ont été identifiés comme étant d’extrême droite en 2019, et la Bundeswehr n’hésite pas à faire le tri. La deuxième compagnie des KSK, considérée comme celle dans laquelle les dérapages d’extrême droite ont été les plus importants, a ainsi été dissoute il y a près d’un an.

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