Une défaillance technique empêche une manœuvre de la sonde Bereshit
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Une défaillance technique empêche une manœuvre de la sonde Bereshit

Les ingénieurs étudient les données de la sonde israélienne pour comprendre un redémarrage inopiné, qui a causé un changement de trajectoire

Opher Doron, directeur général de la division spatiacle de l'Israel Aerospace Industries, à côté de SpaceIl, la sonde qui ira sur la lune, près de Tel Aviv, le 10 juillet 2018. (Crédit : AP : Ilan Ben Zion)
Opher Doron, directeur général de la division spatiacle de l'Israel Aerospace Industries, à côté de SpaceIl, la sonde qui ira sur la lune, près de Tel Aviv, le 10 juillet 2018. (Crédit : AP : Ilan Ben Zion)

Une défaillance dans les systèmes informatiques lundi a empêché la sonde lunaire israélienne de suivre sa trajectoire prévue vers la Lune, ont signalé les ingénieurs mardi.

La manœuvre de la sonde Bereshit a été reportée après que l’ordinateur de bord de l’engin a redémarré indépendamment. Par conséquent, la sonde a automatiquement annulé une combustion du moteur destinée à maintenir sa trajectoire pour un alunissage en avril.

« Pour le moment, nous ne sommes pas très inquiets. Bien sûr, ce n’est pas terrible, mais nous sommes optimistes », a déclaré le PDG de SpaceIl, le docteur Ido Anteby.

Des ingénieurs ont affirmé mardi qu’ils étudiaient encore les données pour comprendre ce qui s’était passé. Opher Doron, le manager général de la division de l’Espace au sein de l’Israel Aerospace Industries a déclaré que les ingénieurs n’avaient pas rencontré de tels problèmes durant les exercices.

L’alunissage de la sonde est toujours prévu pour le 11 avril, parce que les ingénieurs avaient prévu quelques jours de retard en cas de défaillances, a déclaré Doron.

Beresheet se rend sur la lune par un chemin circulaire qui permet au petit engin, de la taille d’une voiture, d’économiser du carburant. Ce vaisseau effectuera six ou sept orbites elliptiques de plus en plus larges autour de la Terre avant d’entrer en orbite autour de la lune le 4 avril.

Cette défaillance survient au lendemain de la première manœuvre – réussie – qui a permis à l’engin de se propulser à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de la Terre, au terme de la première orbite.

La seconde manoeuvre, qui devait se dérouler lundi soir, était prévue à l’endroit situé au plus près de la Terre le long de la première orbite, à 600 kilomètres au-dessus de l’hémisphère nord.

Les ingénieurs sont en contact avec la sonde pendant une demie-heure toutes les quatre heures. Anteby a expliqué que les fenêtres de communication fonctionnent comme prévu. « Nous savons que nous allons perdre la communication, et nous attendons et attendons et attendons qu’elle revienne, et elle ne revient pas toujours quand on s’y attend », a-t-il dit. « Et soudain, quand la communication est rétablie, on voit que la manœuvre n’a pas été terminée.

Après le lancement de Bereshit vendredi matin, l’équipe dans la salle de contrôle s’est penchée sur un petit problème dans le système de navigation selon les étoiles. Ce système de navigation permet à la sonde, qui tourne sur elle-même dans l’espace, de trouver son orientation. Cette donnée est cruciale pour de nombreuses opérations, notamment pour s’assurer que les moteurs propulsent la sonde dans la bonne trajectoire et dans la bonne direction. Anteby a déclaré mardi que les ingénieurs tentaient de comprendre si ce redémarrage involontaire était un dommage collatéral des problèmes du système de navigation.

Simulation informatique de la trajectoire de la sonde Bereshit vers la lune. (Crédit : SpaceIL)

Aviv Priel, un ingénieur qui fait partie de l’équipe qui contrôle les manœuvres de la sonde, a déclaré que l’équipe envisageait de suspendre les prochaines manœuvres pour mieux comprendre les problèmes du système de navigation.

Priel a indiqué que l’équipe estime que le rayonnement du soleil sur les capteurs de la sonde rend plus compliqué la capacité de la sonde à s’orienter selon la position des étoiles. Cependant, il a ajouté que ce problème ne survient qu’à certains angles, et l’équipe est, pour le moment, en mesure de manipuler la sonde pour obtenir une lecture complète.

« L’usage du tracker d’étoiles s’accompagne de nombreuses incertitudes avec la première manœuvre », a déclaré Priel, en référence à la réussite de la manœuvre de dimanche. « Nous avons pensé à la reporter, mais nous avons résolu le problème, nous l’avons mise en oeuvre, et c’était beau à voir. Durant la [première] manœuvre, nous avons pu établir une communication, pas immédiatement, avec un délai de deux secondes, mais nous avons pu la voir en temps réel. »

« C’était très excitant de voir le moteur principal tourner et voir que les mesures et le système de navigation fonctionnaient », a-t-il dit. « C’était excitant, à couper le souffle. »

Une roquette SpaceX Falcon 9 décolle avec la sonde lunaire israélienne ainsi qu’un satellite indonésien, à Cape Canaveral, le 21 février 2019. (Crédit : AP Photo/Terry Renna)

Bereshit, qui signifie « Genèse » en hébreu, a décollé de Cap Canaveral, en Floride, dans la matinée de vendredi, à bord d’une roquette de type Falcon 9 de la compagnie privée SpaceX, basée aux Etats-Unis et propriété de l’entrepreneur Elon Musk.

Si son voyage réussit, Bereshit écrira une double page de l’histoire, en réalisant le premier alunissage lancé par le secteur privé et en tant que première sonde israélienne à se poser sur la lune.

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