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Une étude israélienne invite à « repenser » la nature de la COVID

Des généticiens suggèrent que la maladie cible principalement le système immunitaire et non les poumons, et considèrent la possibilité d'un nouveau traitement à base d'antioxidants

Image d'illustration : un patient atteint du coronavirus au Providence Holy Cross Medical Center de Los Angeles, vendredi 17 décembre 2021. (AP Photo/Jae C. Hong)
Image d'illustration : un patient atteint du coronavirus au Providence Holy Cross Medical Center de Los Angeles, vendredi 17 décembre 2021. (AP Photo/Jae C. Hong)

Il est temps de « repenser » l’idée que la COVID est avant tout une maladie respiratoire, car de nouvelles recherches menées par des scientifiques israéliens suggèrent qu’il s’agit en fait d’une pathologie « immunitaire et respiratoire ».

L’équipe à l’origine de cette nouvelle recherche, évaluée par des pairs, affirme que cette idée pourrait contribuer à expliquer la nature inhabituelle du COVID-19, et pourrait même ouvrir la voie à des antioxydants en vente libre pour aider à traiter la maladie.

Les généticiens de l’université Ben Gurion ont étudié les mitochondries. Souvent appelées « centrales électriques » des cellules, elles génèrent la majeure partie de l’énergie chimique nécessaire aux réactions biochimiques de la cellule.

« Nous nous attendions à voir un changement des mitochondries dans les poumons mais pas dans le sang, car après tout, la COVID-19 est censée être une maladie pulmonaire », a déclaré au Times of Israel le professeur Dan Mishmar, chercheur principal et président de la Genetic Society of Israel. « Mais à notre grande surprise, nous avons constaté que c’était le contraire.

« Nous n’avons constaté aucun changement au niveau des mitochondries dans le poumon, mais nous avons constaté un changement significatif dans le sang, avec une réduction de l’expression génétique des mitochondries. »

Diagramme vectoriel des mitochondries (Vitalii Dumma via iStock by Getty Images)

L’élément respiratoire du virus est considéré comme si fort qu’il est connu officiellement sous le nom de syndrome respiratoire aigu sévère coronavirus 2 (SARS-CoV-2). Mais Mishmar a déclaré que le sang étant un indicateur fort de l’état du système immunitaire, son étude suggère que la perturbation immunitaire précède tout problème respiratoire.

Son hypothèse est que le fonctionnement anormal des mitochondries entraîne certains des effets les plus préoccupants du COVID-19, notamment la tempête de cytokines, qui est souvent caractérisée comme une réaction immunitaire excessive pouvant entraîner une mort rapide. Et Mishmar a déclaré que s’il a raison, l’état des patients pourrait être amélioré avec les antioxydants existants.

« Jusqu’à présent, la mitochondrie en tant que système était presque négligée, et maintenant nous l’identifions comme un acteur central de la maladie, et nous commençons à explorer comment aider et améliorer la fonction des mitochondries et potentiellement conduire à une amélioration des symptômes », a-t-il déclaré.

« Il existe des médicaments en vente libre, ou à proprement parler des suppléments, qui pourraient aider à faire exactement cela – ce sont des antioxydants. Ils réduisent les signaux générés par les mitochondries, et étant donné que la tempête de cytokines est essentiellement une tempête de signalisation, pourraient être très utiles pour empêcher que cela ne se produise. »

Professeur Dan Mishmar (Dani Machlis)

Discutant de la recherche, Mishmar a déclaré : « Nous avons pris des données qui étaient déjà disponibles à partir de transcriptions d’ARN collectées à la fois dans des échantillons de sang et dans les voies respiratoires de patients atteints de coronavirus et de témoins. Ces données provenaient à la fois de tissus et de cellules uniques.

« Nous nous sommes demandé pourquoi nous observions des changements dans les mitochondries du sang, mais pas dans celles des poumons. Cela nous a conduit à analyser en profondeur les données provenant des cellules uniques que nous avions des patients. Cette analyse a confirmé ce que nous avions trouvé dans le sang, à savoir l’hypothèse selon laquelle le résultat dans le sang provient probablement du système immunitaire. Il est probable que le dysfonctionnement du système immunitaire entraîne à la fois la tempête de cytokines si caractéristique du COVID et la maladie pulmonaire. »

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