Une guerre contre le Hamas ou le Hezbollah ne serait pas imminente, selon le chef des renseignements de l’armée
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Une guerre contre le Hamas ou le Hezbollah ne serait pas imminente, selon le chef des renseignements de l’armée

Herzl Halevi aurait dit à la puissante commission de la Défense que les groupes terroristes ne cherchaient probablement pas un nouveau conflit et que la Russie et les Etats-Unis pourraient modérer l’Iran

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le général de division Herzl Halevi, chef des Renseignements militaires, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 1er mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le général de division Herzl Halevi, chef des Renseignements militaires, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 1er mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le responsable des Renseignements militaires a déclaré mercredi à une commission de la Knesset que les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah n’étaient pas enclins à lancer des actions militaires contre l’Etat d’Israël dans un futur proche, rappelant des propos tenus le mois dernier par Gadi Eizenkot, le chef d’Etat-major de l’armée israélienne.

Le général de division Herzl Halevi, chef des renseignements, a cependant prévenu la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense qu’Israël devrait s’inquiéter de la coopération entre le Hamas gazaoui et le Hezbollah libanais.

Ses propos, qui ont été rapportés par Haaretz, ont été prononcés un jour après la publication d’un cinglant rapport du contrôleur de l’Etat qui critiquait, entre autres, les efforts des renseignements militaires pendant la guerre de 2014 dans la bande de Gaza.

Le bureau du contrôleur de l’Etat, Yossef Shapira, a conclu à des failles des renseignements collectés par l’armée sur le réseau de tunnels du Hamas, et que les responsables militaires n’avaient pas été suffisamment francs sur ce qu’ils ne savaient pas pendant la guerre.

Halevi aurait dit à la commission que la Branche des Renseignements de l’armée avait intégré les critiques du rapport, mais que la menace posée par les tunnels du Hamas avait été exagérée.

Le militaire a également déclaré que la coopération entre les Etats-Unis et la Russie, qui a de l’influence sur l’Iran, pourrait avoir un effet modérateur sur la République islamique, selon l’article.

Le Hezbollah défile avec son équipement militaire à Qusayr, en Syrie, en novembre 2016. (Crédit : Twitter)
Le Hezbollah défile avec son équipement militaire à Qusayr, en Syrie, en novembre 2016. (Crédit : Twitter)

Halevi aurait souligné que la Russie ne considérait pas sa relation avec l’Iran et le Hezbollah comme particulièrement étroite, mais plutôt comme un mariage d’intérêts.

Le Hezbollah, aurait dit le général, souffre de problèmes de main-d’œuvre et aurait du mal à remplacer certains de ses membres vieillissants.

Le dirigeant du groupe terroriste, Hassan Nasrallah, a récemment tenu plusieurs déclarations combatives à l’encontre d’Israël, notamment en affirmant que le Hezbollah n’aurait « aucune ligne rouge » dans une prochaine guerre contre l’Etat juif.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, pendant un entretien accordé à la télévision publique iranienne, le 20 février 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, pendant un entretien accordé à la télévision publique iranienne, le 20 février 2017. (Crédit : capture d’écran Twitter)

« Face aux menaces d’Israël de détruire l’infrastructure du Liban, nous ne serons tenus par aucune ligne rouge, notamment en ce qui concerne l’ammoniac de Haïfa et le réacteur nucléaire de Dimona », a-t-il déclaré, selon une traduction anglaise de son discours publiée par le site internet Naharnet.

Halevi a cependant répété la pensée majoritaire, que le groupe terroriste soutenu par l’Iran est actuellement trop occupé à combattre en Syrie pour être intéressé par l’ouverture d’un second front contre Israël.

Il aurait également prévenu que les vagues d’attaques palestiniennes pourraient être de retour, si les habitants de Cisjordanie avaient le sentiment de n’avoir aucun espoir.

L’article de Haaretz est fondé sur des divulgations de personnes présentes pendant la présentation du général, un fait qui a considérablement irrité le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le député du Likud et ancien directeur du Shin Bet Avi Dichter.

« Le président de la commission est furieux des divulgations de ce qui aurait été dit par le directeur des Renseignements militaires », a déclaré Dichter dans un communiqué mercredi soir.

Le président de la commission, le député du Likud Avi Dichter, à gauche, et le général de division Herzl Halevi, chef des Renseignements militaires, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 1er mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de la commission, le député du Likud Avi Dichter, à gauche, et le général de division Herzl Halevi, chef des Renseignements militaires, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 1er mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Tous les députés savaient que c’était une discussion classifiée, et quiconque a pensé qu’il était juste de divulguer [le contenu de] la réunion, que ce soit fidèlement ou tendancieusement, a manqué de respect à la Knesset », a-t-il affirmé.

Dichter a ajouté qu’il étudiait différents moyens d’identifier la source des divulgations.

Le mois dernier, Eizenkot avait dit à la commission que « les opérations [militaires] du Hezbollah en Syrie ont entraîné une crise morale et financière dans ses rangs. »

Le 22 février, il avait également abordé la menace posée par le Hamas à la frontière sud d’Israël, affirmant qu’il ne pensait pas que le groupe terroriste ait une quelconque « volonté » de lancer une offensive contre Israël pour le moment.

« La séparation des directions politique et militaire du Hamas est si floue qu’elle s’efface », avait déclaré Eizenkot. Je ne vois aucune volonté à Gaza de lancer une campagne contre nous. »

Yahya Sinwar (Crédit : capture d'écran)
Yahya Sinwar (Crédit : capture d’écran)

Depuis que Yahya Sinwar a été choisi comme chef du Hamas dans la bande de Gaza pendant des élections internes secrètes le mois dernier, des rumeurs ont circulé sur la possibilité que le groupe terroriste ait une approche moins retenue envers Israël d’un point de vue militaire, puisque, même selon les normes de l’organisation islamiste, il est considéré comme un extrémiste.

Mousa Abu Marzouk, responsable du Hamas, avait cependant déclaré que malgré l’élection de Sinwar, les politiques du Hamas ne subiraient aucun « changement radical ».

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