Nasrallah : il n’y aura “pas de ligne rouge” dans la prochaine guerre contre Israël
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Nasrallah : il n’y aura “pas de ligne rouge” dans la prochaine guerre contre Israël

Le chef du Hezbollah conseille à l’Etat juif de “compter jusqu’à un million” avant d’initier un conflit au Liban

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, pendant un entretien accordé à la télévision publique iranienne, le 20 février 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, pendant un entretien accordé à la télévision publique iranienne, le 20 février 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter)

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a doublé la mise lundi au sujet de ses récentes intimidations contre Israël, et prévenu que son groupe terroriste ne s’empêcherait pas d’attaquer des cibles israéliennes sensibles si l’Etat juif faisait la guerre au Liban.

Pendant un entretien diffusé par l’agence de presse iranienne officielle, le chef terroriste a réitéré ses menaces déjà proférées de tirer des roquettes sur le réacteur nucléaire israélien de Dimona, et sur un important réservoir d’ammoniac situé à Haïfa.

Hezbollah n’aura pas de « ligne rouge » pendant une prochaine guerre contre Israël, a affirmé Nasrallah.

« Face aux menaces d’Israël de détruire les infrastructures libanaises, nous ne nous obligerons à aucune ligne rouge, particulièrement en ce qui concerne l’ammoniac de Haïfa et le réacteur nucléaire de Dimona. Le Hezbollah a suffisamment de courage pour cela », a-t-il déclaré, selon une traduction anglaise de ses propos publiée par le site internet Naharnet.

Il a également suggéré à Israël de « compter jusqu’à un million » avant de faire la guerre au Liban.

« Nous ne défendons pas la guerre. Nous sommes dans une position défensive », a déclaré Nasrallah.

Vue partielle de la centrale nucléaire de Dimona, dans le Néguev, au sud d'Israël, le 8 septembre 2002. (Crédit : Thomas Coex/AFP)
Vue partielle de la centrale nucléaire de Dimona, dans le Néguev, au sud d’Israël, le 8 septembre 2002. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Israël et le Hezbollah se sont menés une guerre en 2006, mais maintiennent depuis un calme tendu surveillé par les forces de maintien de la paix des Nations unies à la frontière. Ce calme a cependant été ponctué d’incidents transfrontaliers mortels.

Les responsables israéliens se sont alarmés ces dernières années que le Hezbollah puisse renforcer ses positions dans le sud du Liban et sur le plateau du Golan syrien, et un tribunal a récemment ordonné que le réservoir d’ammoniac de Haïfa soit fermé, dans un contexte de craintes qu’un missile qui frapperait l’installation ne fasse des milliers de morts.

Michel Aoun, le président libanais soutenu par le Hezbollah, a récemment appelé le groupe terroriste à rester armé pour « résister à Israël », malgré une résolution des Nations unies interdisant les milices au Liban.

Nasrallah a également voulu rassurer les Palestiniens, affirmant qu’ils n’avaient pas été oubliés. Mardi, une conférence internationale de deux jours sur les Palestiniens a commencé en Iran, avec la participation de quelque 80 délégations.

« Le résultat et le message le plus importants de cette action pour la nation palestinienne est que vous n’êtes pas seuls et qu’un pays puissant et important de la région vous soutient », a déclaré Nasrallah.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le chef du Hezbollah a réagi aux déclarations du président américain Donald Trump de la semaine dernière, pendant sa conférence de presse conjointe avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Trump avait déclaré que Washington ne chercherait pas nécessairement une solution à deux états au conflit israélo-palestinien, et qu’il accepterait tout projet sur lequel les deux parties seraient d’accord.

Nasrallah a déclaré que ce retrait apparent de Trump de décennies de politique américaine soutenant la solution à deux états était un développement positif, car il montrait les vraies intentions d’Israël à l’égard des Palestiniens.

Jeudi dernier, Nasrallah avait affirmé que ses roquettes pourraient atteindre le réacteur nucléaire d’Israël situé dans la ville de Dimona, au sud du pays, et a déclaré qu’il dirigerait l’arsenal nucléaire d’Israël contre lui.

Nasrallah, qui avait déjà menacé de viser le réservoir d’ammoniac de Haïfa, avait revendiqué la responsabilité d’une décision d’un tribunal israélien pour fermer l’installation la semaine dernière, et affirmé qu’il ferait de même avec le réacteur nucléaire.

Une évaluation commandée par l’entreprise possédait le réservoir de Haïfa avait montré qu’une frappe sur le réservoir, qui peut contenir jusqu’à 12 000 tonnes d’ammoniac, pourrait entraîner des dizaines de milliers de blessés ou de morts dans la région.

La zone industrielle de Haïfa. Le réservoir d'ammoniac est visible sur la jetée, à droite. (Crédit : Shay Levy/Flash90)
La zone industrielle de Haïfa. Le réservoir d’ammoniac est visible sur la jetée, à droite. (Crédit : Shay Levy/Flash90)

En réponse à la déclaration de Nasrallah, Yisrael Katz, ministre des renseignements, avait menacé de cibler « tout le Liban », y compris ses infrastructures, en représailles de toute attaque contre la population israélienne ou ses infrastructures.

Il avait également demandé des « sanctions handicapantes » contre l’Iran pour son soutien à Nasrallah, son « intermédiaire et larbin ».

Dimanche, les médias arabes avaient annoncé que les menaces de Nasrallah de la semaine dernière avaient été causées par un message transmis par Israël au Hezbollah, le prévenant d’une réponse énergique à toute attaque venue du Liban ou de la Syrie, où le groupe terroriste combat aux côtés du président syrien Bashar el-Assad contre les groupes rebelles.

Le message a été transmis au groupe terroriste libanais par un émissaire arabe anonyme, selon un article publié par le quotidien arabophone londonien Al-Hayat. Il n’a pas été précisé quand ni pourquoi Israël avait transmis ce message.

Les agences internationales pensent qu’Israël possède plus de 100 armes nucléaires. Israël n’a jamais confirmé ni démenti l’existence de son arsenal nucléaire, maintenant ainsi sa politique d’ « ambigüité nucléaire ».

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