Une synagogue réformée de Raanana vandalisée
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Une synagogue réformée de Raanana vandalisée

Les dirigeants du mouvement réformé appellent le gouvernement à mettre fin à l’incitation à la violence contre les Juifs non orthodoxes

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Graffitis tagués sur les mur de la synagogue  réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)
Graffitis tagués sur les mur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)

Une synagogue réformée de la ville israélienne de Raanana a été vandalisée dans la nuit de mercredi dans ce qui semble être un crime de haine apparemment commis par des extrémistes juifs. L’incident a eu lieu sur le site d’une attaque similaire en janvier 2014.

Des graffitis menaçants incluant des références à des passages bibliques ont été tagués sur les parois extérieures de la synagogue Kehilat Raanan et des enveloppes contenant des menaces de mort contre des dirigeants du mouvement réformé ont été laissées à l’extérieur du bâtiment avec un couteau marqué d’autres références bibliques.

La police a déclaré avoir ouvert une enquête sur l’incident et est à la recherche des suspects derrière l’attaque.

L’acte de vandalisme semble être lié à la demande du mouvement réformé ainsi que d’autres mouvements à ouvrir au mur occidental une zone de prière mixte.

L’expression « la présence divine ne quittera jamais le mur Occidental » a été pulvérisée sur le devant de la synagogue, tout comme un chapitre biblique et une référence d’un verset, « Ovadia 18 et 21 ».

« Psaumes 139 ; 21-22 » a été écrit sur un mur adjacent.

Les passages d’Ovadia parlent de la destruction des ennemis d’Israël par un Dieu vengeur, tandis que le passage des Psaumes dit : « N’ai-je pas haï vos ennemis, Seigneur ? Avec ceux qui se lèvent contre vous, je me bats. Je les hais avec la plus grande haine. Ils sont devenus mes ennemis ».

Graffitis tagués sur les mur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)
Graffitis tagués sur les mur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Raanana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)

Une phrase griffonnée sur le couteau semble se référer à une obligation juive légale de tuer les traîtres.

Les menaces de mort s’adressaient au rabbin Gilad Kariv, le directeur exécutif du Mouvement israélien pour la réforme et le judaïsme progressif, au Rabbi Rick Jacobs, le président américain de l’Union pour le judaïsme réformé, et Anat Hoffman, le chef du groupe Les Femmes du mur.

Un couteau retrouvé à l'extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Ra'anana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)
Un couteau retrouvé à l’extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Ra’anana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)

Ces trois chefs de file ont mené la campagne pour un espace de prière égalitaire au mur Occidental, une proposition que le gouvernement a acceptée mais n’a pas mise en place.

Plus tôt ce mois-ci, Kariv, Jacobs et Hoffman ont participé à ce qu’ils ont appelé un « acte sans précédent de désobéissance civile » en organisant un service mixte sur la principale place du mur Occidental.

Les menaces de mort et un couteau retrouvés à l'extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Ra'anana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)
Les menaces de mort et un couteau retrouvés à l’extérieur de la synagogue réformée Kehilat Raanan à Ra’anana, le 24 novembre 2016 (Crédit : Yossi Cohen)

Répondant aux menaces de mort contre lui, Kariv a déclaré que cela ne l’empêcherait pas de poursuivre son travail pour faire connaître le judaïsme progressif en Israël. « Cette attaque montre le besoin urgent de présenter un autre type de judaïsme à la population. Nous ne pouvons pas laisser ce judaïsme haineux donner le ton en Israël », a-t-il dénoncé.

« Ces actes ne nous empêcheront pas d’exiger nos droits au Kotel et de continuer notre travail éducatif et spirituel à travers le pays », a-t-il ajouté, en utilisant le terme hébreu pour désigner le Mur occidental.

Kariv a déclaré que l’attaque était une conséquence directe de l’incitation à la violence contre la communauté réformée par des chefs religieux et politiques ultra-orthodoxes, et il a invité les responsables du gouvernement à condamner l’attaque.

« Nous nous attendons à ce que la direction israélienne comprenne que c’est le moment de tracer une ligne rouge sur cette vague d’incitation [à la violence] et que le Premier ministre soit clair qu’il n’est pas prêt à accepter une telle incitation [à la violence] des ministres dans son cabinet. Nous attendons également du ministre de la Diaspora, Naftali Bennett, qui habite à Raanana, de venir à la synagogue et d’envoyer un message clair », a déclaré Kariv.

« Les politiciens israéliens ne prennent pas ces menaces suffisamment au sérieux et nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard et avant que nous ne voyions des actes de sang ».

L’appel de Kariv a été repris par la députée de l’Union sioniste Tzipi Livni, qui a appelé le gouvernement à « mettre fin à cette chasse aux sorcières » contre les Juifs réformés. Le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, a déclaré qu’il s’attendait à ce que les autorités mettent en œuvre tous les efforts nécessaires pour retrouver les auteurs du crime.

Bennett a répondu que l’attaque et les autres actes de cette même veine devraient être condamnés et qu’ils ne devraient pas se reproduire.

« Il y a des divergences d’opinion sur des questions importantes – y compris la vie juive », a déclaré le communiqué de son bureau. « Mais nous ne pouvons pas laisser les différends se détériorer en un discours abusif et à l’incitation [à la violence], ce qui pourrait nuire à l’intégrité physique d’une personne en raison de ses opinions et de ses croyances. »

En janvier 2014, la synagogue de Kehilat Raanan a subi une attaque similaire avec des passages bibliques de même nature tagués au même endroit sur le devant de l’édifice.

L’incident montre également des similitudes frappantes avec un crime de haine qui a eu lieu au mois de janvier commis à Jérusalem contre un éminent expert en éthique et philosophe athée israélien.

Aida Bibliowicz, la présidente de la congrégation de Kehilat Raanan, a déclaré qu’elle était « dégoûtée » par ces attaques répétées et a appelé ceux qui sont en désaccord avec le mouvement réformé à s’engager dans le discours productif plutôt que dans les actes « vicieux et haineux ».

« Si quelqu’un n’est pas d’accord avec nous alors nous les invitons à nous parler, nous allons nous asseoir et nous en parlerons. C’est notre manière », a-t-elle fait valoir.

L’organisation rabbinique Tzohar, un groupe de rabbins religieux sionistes, a également condamné l’attaque, affirmant que les divergences d’opinion ne devraient jamais conduire « à un soupçon de violence – ni verbale ni physique ».

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