Valls : on doit « assumer » notre « relation stratégique » avec Ryad
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Valls : on doit « assumer » notre « relation stratégique » avec Ryad

L'attribution de la Légion d'honneur au prince héritier du royaume Mohammed ben Nayef a été vivement critiquée

Manuel Valls à l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier diffusée le 16 janvier 2016 (Crédit : Capture d’écran YouTube)
Manuel Valls à l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier diffusée le 16 janvier 2016 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Le Premier ministre français Manuel Valls a appelé lundi à « arrêter les hypocrisies » et à « assumer » la « relation stratégique » de la France avec l’Arabie saoudite, en réponse aux nombreuses critiques ayant accompagné l’attribution de la Légion d’honneur au prince héritier du royaume Mohammed ben Nayef.

« Il faut arrêter les hypocrisies », a déclaré le Premier ministre sur la radio RMC. « Nous avons une relation stratégique avec l’Arabie saoudite. Il faut l’assumer. Est-ce que pour autant nous partageons la nature du régime, son action ? Non, bien évidemment ».

L’attribution le 4 mars au prince héritier saoudien de la Légion d’honneur, la plus haute distinction française, a plongé l’exécutif français dans l’embarras, la publication de courriels diplomatiques par un magazine donnant l’impression que Paris s’est plié sans hésiter à une demande de Ryad.

« C’est une tradition que d’honorer des dirigeants. Sinon nous ne discutons avec personne, nous n’avons aucune relation », a plaidé mardi Manuel Valls.

« Il y a quelques semaines nous avons accueilli ceux qu’on présente comme les adversaires, les ennemis de l’Arabie saoudite, je veux parler du président iranien. Qu’est-ce qui fait la force de la diplomatie française ? C’est d’être en capacité de parler avec tout le monde, les Iraniens comme les Saoudiens », a poursuivi le Premier ministre.

La France entretient des relations très suivies avec l’Arabie saoudite, qu’elle présente comme un allié important en Syrie dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), et avec laquelle elle a conclu d’importants contrats d’armement, dont certains étaient initialement destinés au Liban.

Officiellement, les responsables français assurent parler de la question des droits de l’Homme avec leurs interlocuteurs saoudiens à chaque occasion.

Le prince héritier est aussi le ministre de l’Intérieur de son pays, où 72 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année et 153 en 2015, selon un comptage de l’AFP reposant sur des chiffres officiels saoudiens. Un niveau inégalé en 20 ans en Arabie saoudite, royaume ultra-conservateur régi par une interprétation rigoriste de la loi islamique.

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