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Varsovie accuse Berlin de vouloir bâtir un « IVe Reich allemand »

Bruxelles est engagée dans un long et profond bras de fer avec Varsovie, notamment à propos des réformes judiciaires lancées par le PiS au pouvoir depuis 2015

Jaroslaw Kaczynski, du parti Droit et Justice, lors d'une convention de son parti à Varsovie, Pologne, le 22 octobre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)
Jaroslaw Kaczynski, du parti Droit et Justice, lors d'une convention de son parti à Varsovie, Pologne, le 22 octobre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)

Le chef de file du pouvoir national-populiste polonais, Jaroslaw Kaczynski, a accusé l’Allemagne de tenter de transformer l’Union européenne (UE) en un « IVe Reich allemand » fédéraliste, dans une interview publiée vendredi.

Il est des pays qui « ne sont pas enthousiastes à la perspective de bâtir un IVe Reich allemand sur la base de l’UE », a déclaré le président du parti Droit et Justice (PiS), au quotidien polonais d’extrême-droite GPC.

Selon M. Kaczynski, qui est aussi vice-Premier ministre chargé de la Sécurité nationale, le terme du IVe Reich allemand « n’a rien de négatif, ne s’agissant pas du IIIe Reich (nazi, ndlr) mais du premier », donc du Saint Empire romain germanique.

Lors de la récente visite du nouveau chancelier allemand Olaf Scholz en Pologne, son homologue polonais a qualifié d’ « utopique et donc dangereux », le soutien du gouvernement de coalition allemand à un plus grand fédéralisme de l’Union européenne.

Le chancelier fédéral allemand Olaf Scholz (SPD) s’exprime lors d’une conférence de presse après les consultations sur la pandémie de coronavirus entre le gouvernement fédéral et la Conférence des ministres présidents à la Chancellerie fédérale à Berlin, le mardi 21 décembre 2021. (Crédit : Bernd von Jutrczenka/ Photo de pool via AP)

Mateusz Morawiecki a rappelé à l’occasion le concept d’une « Europe des nations souveraines », défendu par le pouvoir polonais.

Selon M. Kaczynski, considéré généralement comme « le cerveau » de tout changement important en Pologne, « si nous, Polonais, étions d’accord à une telle soumission moderne on serait dégradés de différentes manières ».

Et d’attaquer la Cour de justice de l’UE (CJUE) qui, selon lui, est « l’instrument de base utilisé » pour imposer les idées fédéralisatrices.

La CJUE « peut interpréter le droit européen et en tirer des conclusions carrément usurpatrices. Et elle le fait », a estimé M. Kaczynski.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki lors d’une conférence de presse avec la Chancelière allemande, le 16 février 2018 à la Chancellerie de Berlin. (Crédit : AFP Photo/John MacDougall)

Bruxelles est engagée dans un long et profond bras de fer avec Varsovie, notamment à propos des réformes judiciaires lancées par le PiS au pouvoir depuis 2015.

Ces réformes, accusées de saper l’indépendance des juges, ont valu à la Pologne plusieurs condamnations par la CJUE.

Sous influence des nationalistes-populistes, le Tribunal constitutionnel polonais a déjà contesté en juin l’autorité de la Cour de justice de l’UE, et, en octobre, a remis en question la primauté du droit européen sur le droit polonais.

Mercredi, Bruxelles a lancé une procédure d’infraction contre la Pologne à la suite de ces arrêts du Tribunal constitutionnel, soulignant que ce dernier « ne répondait plus aux exigences d’un tribunal indépendant et impartial établi par la loi, comme l’exige le traité ».

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